Architecte, Paul Dalhmann est nommé pour une mission au cambodge. Quelque temps après son arrivée, il découvre par hasard un fragment de bas-relief et décide d'en déterminer la provenance. Mais ce qui débute comme une simple enquête archéologique se trouble progressivement : l'énigme de la pierre sculptée semble renvoyer Dalhmann aux cendres d'un secret qu'il espérait scellé. Retrouvera-t-il, au-delà des ruines d'Angkor, dans une forêt jonchée de cadavres et de stèles ensanglantées, le temple qu'il recherche, sur la montagne sacrée où a été fondé l'empire khmer ... Renouant avec la tradition du réalisme magique, La Montagne rituelle est un roman d'aventures à l'écriture envoûtée, mais aussi un voyage initiatique où passé et présent se confondent, dans l'émergence d'une vérité dévastée.
Nombre de pages
324
Date de parution
29/01/1999
Poids
330g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080675248
Titre
La montagne rituelle
Auteur
Di Manno Yves
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
330
Date de parution
19990129
Nombre de pages
324,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Admettons que l'on donne à la nuit le temps d'imaginer la nuit - que la poésie cesse de réfléchir à l'aune des anciens "critères - et reflète une terre plus essentielle dont précipitée la langue serait le don sacrificiel - admettons qu'il s'agisse à la croisée d'un ciel et du poème d'un monde sans lettres et dès lors moins de rhétorique que d'un plus inconcret - possible? énoncé confondant le mur, l'azur, l'encre, la neige: admettons qu'il soit ici question d'écrire et de vivre autrement"
C'est sans doute vers un seul paysage - immuable, tangible - que l'on s'avance en écrivant et que le poème sans fin recommencé tente de circonscrire - en vue d'une lumière, ou d'un apaisement. Un Pré, donc - où aurait eu lieu une scène que l'on hésite à transcrire mais dont l'ombre ne cesse de planer, dans la nuit arrêtée, comme un long cri muet. Et dont l'image se répète, au fil dans ans: on se dirige obstinément vers elle, sans l'atteindre jamais. Trouée dans le décor - et dans la prose ordinaire - le poème reproduit cette marche immobile, inventant pour la décrire un nouveau tracé prosodique, dont on percevra peut-être ici l'avancée: car si ce sont les corps qui tombent, à la croisée des pages, le périple menant au Pré fut bien d'abord ce chemin vers qui nous y reconduit sans cesse - avant la traversée
Du temps passe, un livre persiste - dont on espère qu'il aura su préserver dans sa lumière et ses ombres d'alors l'urgence qui l'avait dicté. A l'orée de son périple, et au fil d'une dizaine d'années, l'auteur imaginait un livre-de-poèmes qui aurait relevé d'une narration morcelée, traversant les strates de la conscience et explorant les espaces - intérieurs ou extérieurs - que l'écriture lui révélait. Le ciel était encore à l'orage, si les premières éclaircies s'annonçaient : il s'agissait aussi, dans ces temps agités, de repenser la poésie sur des bases nouvelles, dans l'espoir qu'elle participe à une mutation plus essentielle de la "réalité". C'est Bernard Noël qui avait accueilli Champs dans la collection "Textes", voici tout juste trente ans. Cette nouvelle édition propose la version définitive (et élaguée) des deux volumes parus chez Flammarion en 1984 et 1987.
Depuis la fin des années 1970 et sa traduction prémonitoire du Paterson de William Carlos Williams - la poésie nord-américaine occupe une place particulière dans le travail et la réflexion d'Yves di Manno: sans doute parce qu'elle permettait alors de définir un principe, une visée, et même de nouveaux modes de composition, très éloignés de notre tradition. "Une poésie proche de l'archéologie, en quelque sorte, soucieuse de l'histoire épar-pillée des hommes et des formes qu'ils auront trouvées pour l'inscrire, dans une insaisissable durée." Les Objets d'Amérique proposent une traversée personnelle de ce grand continent caché. On y trouvera des études sur la prosodie visuelle de W.C. Williams et le serial poem de Jack Spicer, une introduction aux Cantos d'Ezra Pound, une méditation sur l'ethnopoétique. Mais aussi, insérés ici au titre de la critique active, quelques pages traduites des "objectivistes" (George Oppen, Louis Zukofsky), des extraits de L'ouverture du champ de Robert Duncan, un oracle de Jérôme Rothenberg, une image de Rachel Blau DuPlessis... Le livre s'ouvre sur une série d'autoportraits évoquant les liens de l'auteur avec ces oeuvres et le rôle de la traduction dans son propre parcours. Il s'achève par un texte rétrospectif, L'Epopée entravée, qui retrace les étapes majeures de cette révolution poétique, de la fin du XIXe siècle à l'aube du XXIe.