Ecrit dans le sillage de la publication récente des Cahiers noirs, ce livre dit l'urgence et la nécessité de relire aujourd'hui la philosophie de Heidegger. Dans sa préface à l'édition française, Donatella Di Cesare écrit :" J'espère que ce livre ne sera jugé qu'après avoir été véritablement lu jusqu'à la fin. Nous sommes dans une période où la complexité est mal supportée [...]. Ce livre prend en considération ce que Heidegger écrit sur les Juifs et sur le judaïsme dans les Cahiers noirs publiés jusqu'à présent, qui couvrent la période de 1931 à 1948. L'antisémitisme est la grande nouveauté de cette oeuvre [...]. Il ne peut en aucune façon être minimisé, pas plus qu'il ne peut être nié [...].Il n'a rien d'un sentiment, d'une haine qui va et vient, et qui peut être circonscrite à une seule période. Il a une provenance théologique et une intention politique. Dans le cas de Heidegger, il revêt également une dimension philosophique. L'adjectif "métaphysique" n'atténue pas l'antisémitisme. Il en indique au contraire la profondeur. Il s'agit d'un antisémitisme plus abstrait et en même temps, pour cette raison, plus dangereux qu'une simple aversion. Mais "métaphysique" renvoie aussi à la tradition de la métaphysique occidentale. Dans son antisémitisme métaphysique, Heidegger n'est pas isolé : il s'inscrit dans le sillage des philosophes, de Kant à Hegel et à Nietzsche. J'ai brièvement reconstruit une sorte d'histoire de l'antisémitisme dans la philosophie allemande qui aide à contextualiser et à comprendre quelques stéréotypes et concepts que Heidegger reprend."
Nombre de pages
380
Date de parution
04/02/2016
Poids
450g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782021290516
Titre
Heidegger, les Juifs, la Shoah. Les Cahiers noirs
ISBN
2021290514
Auteur
Di Cesare Donatella ; Deniau Guy
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
450
Date de parution
20160204
Nombre de pages
380,00 €
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Il n'est pas question ici d'e ? pide ? miologie, ni de virologie, ni de quelque "logie" que ce soit car c'est de philosophie qu'il s'agit. Du reste, Donatella Di Cesare enseigne cette discipline dans la plus ancienne institution universitaire d'Europe, La Sapienza a` Rome. Que penser d'une de ? mocratie immunitaire ou` les experts ont acquis des places de gouver- nants et ou` l'e ? tat d'exception est permanent ? Que dire de la "distanciation sociale" sinon qu'elle est l'e ? largissement du fosse ? entre les riches et ceux qui n'ont rien ? Comment qualifier un virus capable d'annuler l'ide ? e me^me de frontie`re ? Comment qualifier les relations ou` chacun vit cache ? derrie`re son masque et ou` personne n'ose se toucher ? Le virus a rendu manifeste la brutalite ? du capitalisme qui nous emporte dans sa spirale de ? vastatrice. "Ce qui se passe n'est pas une crise mais bien une catastrophe au ralenti. Le virus a bloque ? le dispositif. Ce que l'on voit, c'est une convulsion plane ? taire, le spasme produit par la violence fe ? brile, l'acce ? le ? ration sans fin autre qu'elle-me^me qui a inexorablement atteint son point d'inertie. C'est une te ? tanisation du monde". Est-ce un dernier signal d'alarme ?
Malacrino Carmelo ; Di Cesare Riccardo ; Spina Lui
Le quatrième volume de la collection "Trésors cachés" est consacré aux bronzes de Riace, deux des très rares statues originales qui ont survécu à l'Antiquité, aujourd'hui conservés au Museo Archeologico Nazionale de Reggio Calabria. La publication, qui voit le jour à l'occasion du cinquantenaire de leur découverte, fait dialoguer l'enquête photographique de Luigi Spina avec les textes de Carmelo Malacrino. Le photographe Spina développe un récit continu qui propose une comparaison directe des deux sculptures, nommées A et B, en mettant en lumière la lecture corporelle des sujets et la tridimensionnalité de leurs corps en bronze, souvent masquée par le caractère bidimensionnel des images photographiques. Carmelo Malacrino analyse les célèbres chefs-d'oeuvre du Ve siècle avant J. -C. sous l'angle de l'oeuvre d'art antique et sous celui de leur signification dans la culture contemporaine. Il retrace l'aventure des bronzes à partir de leur découverte en août 1972, détaillant les circonstances de leur récupération, de leur restauration et de leurs expositions, ainsi que leur effet sur le public national et international. Une importance tout aussi grande est accordée à la relecture des deux statues, de leur contextualisation au sein de l'art grec aux questions stylistiques qu'elles soulèvent, et à une réflexion sur les pratiques et les savoirs des ateliers de sculpture classique. Cet ouvrage surprendra les amoureux de statuaire classique, les passionnés d'archéologie, et tous ceux qui ne se contentent pas d'un regard fugace lorsqu'ils admirent une oeuvre d'art.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...