Moderne, ô combien! la révolte de Rimbaud. Elle apparaît aujourd'hui plus que jamais nécessaire. Mais, paradoxe, scandaleusement étouffée sous la chape des commémorations factices, repues d'académisme. Doublement moderne, donc, "comme un second regard jeté sur le monde", et furieusement prémonitoire. Cet essai de Dhôtel, vieux d'un demi-siècle, on le croirait composé ce matin. Il nous rappelle avec force combien la "logique de rupture" de Rimbaud s'accroît d'un pouvoir d'insurrection sans cesse réamorcé, qui dénonce avec rage "les deux décrets que nous nous imposons comme des vérités: celui qui proclame que la science est le modèle de toute connaissance, et cet autre qui célèbre l'inspiration, en déclarant que le dogme religieux ou poétique (on peut sans crainte ajouter: politique) a résolu tous les problèmes en les séparant de la vie". Ce que veut Rimbaud, c'est l'aventure, dans l'oubli du résultat. Ce qu'il refuse est précisément ce que notre présent nous impose: l'asservissement de l'âme et du corps aux ukases du profit - la négation du vivant. "Je songe, écrivait Rimbaud, à une guerre de droit ou de force, de logique bien imprévue." Cette guerre-là, contrairement aux autres, il est urgent de la déclarer.
Nombre de pages
200
Date de parution
14/10/2004
Poids
166g
Largeur
109mm
Plus d'informations
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EAN
9782710326403
Titre
Rimbaud et la révolte moderne
Auteur
Dhôtel André ; Pirotte Jean-Claude
Editeur
TABLE RONDE
Largeur
109
Poids
166
Date de parution
20041014
Nombre de pages
200,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Odile avait dix-neuf ans et Julien vingt-cinq. Ils comptaient seulement quelques mois de mariage et, comme d'incessantes querelles les divisaient, ils avaient convenu qu'au retour de ce voyage ils feraient les démarches nécessaires pour le divorce. Le mois de juin s'était annoncé par de belles journées coupées de quelques pluies. Ils partirent d'Aulnay à la fin du mois, un samedi, vers trois heures, et couchèrent dans une auberge de Meaux..
Gaspard, fils de forains, est élevé par sa tante qui désire lui éviter la vie désordonnée des nomades. Mais un sort malicieux suscite sans cesse autour de ce garçon des aventures bizarres... Par hasard, il rencontre un enfant fugitif qui a décidé de retrouver " maman Jenny " et le pays de son enfance. Et Gaspard, malgré lui, se trouve entraîné par une suite de péripéties merveilleuses, à suivre ce nouveau camarade. Grâce à leur étrange compagnon, un cheval aux intuitions fulgurantes, la ténacité des enfants est enfin récompensée : sur une fête foraine, leur apparaît soudain la boutique de " maman Jenny "... Les rêves de l'enfance ont rejoint la réalité et vaincu les préjugés d'un monde qui n'était pas le leur...
La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément, elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble, et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Eglise ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul ? [... ] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'Eglise. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, donc véritable subversion", Jacques Ellul.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Lorsque le jeune Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre une épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. Dans ce roman, Thackeray ridiculise de sa plume incisive les faiblesses et les travers des grands de ce monde, dont l'affaire Madoff de 2009 est l'un des plus récents avatars. La satire morale de Thackeray semble plus que jamais pertinente.
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.