Images, combattants et martyrs. La guerre Iran-Irak vue par le cinéma iranien
Devictor Agnès
KARTHALA
29,00 €
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EAN :9782811114206
Dernier grand conflit « classique » du XXe siècle, la guerre Iran-Irak (1980-1988) évoque pour les observateurs européens une guerre conventionnelle opposant deux États. Mais c'est aussi celle d'une fantasmagorie de l'islam combattant. Dès lors qu'en Iran une nouvelle catégorie de soldats, les volontaires islamistes, revendique sa vocation au martyre, cette guerre convoque un imaginaire de sacrifice porté par des représentations, notamment cinématographiques, où le martyre à la fois renforce et défie les logiques de mobilisation. Pour comprendre les enjeux historiques, politiques et idéologiques de cette guerre, mais aussi comment elle a été menée et vécue au quotidien par les combattants et les citoyens iraniens, Agnès Devictor analyse l'étonnante production de films de guerre tournés en Iran durant le conflit. Si une partie d'entre eux reste très influencée par le cinéma hollywoodien, en dépit de la Révolution de 1979 et de la condamnation de l'Amérique comme « Grand Satan », une autre cherche à élaborer un genre spécifique à l'Iran, en cohérence avec l'idéologie de la jeune République islamique et avec l'imaginaire shi'ite du martyre. Ainsi, des réalisateurs ont recours à de nouveaux codes narratifs et esthétiques pour raconter le conflit en se référant à la mythologie de la Bataille de Karbalâ, affrontant alors un des tabous les plus forts du cinéma de guerre : montrer la mort de ses propres forces combattantes durant un conflit. Et c'est au sein du cinéma documentaire, dans les films réalisés par les équipes de Mortezâ Âvini et suivant une ligne hautement idéologique, que des propositions très singulières ont lieu, porteuses d'une modernité cinématographique inattendue. Partant des films et s'appuyant sur un travail d'entretiens réalisé en Iran pendant près de dix ans avec ceux qui ont tourné, mis en scène ou produit ces films durant la guerre, cet ouvrage dévoile un pan inconnu du cinéma iranien, celui où créateurs d'images, combattants et martyrs partagèrent sur les champs de bataille le destin de l'Iran.
Nombre de pages
496
Date de parution
10/11/2015
Poids
770g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811114206
Auteur
Devictor Agnès
Editeur
KARTHALA
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160
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20151110
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496,00 €
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Choisir de voir l'Iran dans les regards des cinéastes, c'est suivre des trajectoires plutôt que s'attarder sur certains sites. Pays de nomades et de cavaliers, l'Iran est par excellence celui du road-movie, une invitation à des parcours, tant géographiques qu'initiatiques. Etrangers et Iraniens n'ont pas filmé le même Iran. Les premiers (Pasolini, Varda, Ben Affleck, entre autres) ont représenté ce pays de haute civilisation et d'intense histoire politique, s'en servant parfois comme d'un décor luxuriant ou rugueux. Les seconds ont pris à revers cette beauté trop imposante et ont dessiné une autre cartographie de leur pays, développant une modernité cinématographique "à l'iranienne". Abbas Kiarostami, Bahram Beyzai, Mohsen et Samira Makhmalbaf, Jafar Panahi et Asghar Farhadi en sont parmi les représentants les plus connus.
Par le nombre et la qualité des ?uvres réalisées, la variété des thèmes explorés et le foisonnement de ses réalisateurs, le cinéma iranien s'affirme comme l'un des plus dynamiques du monde. Depuis le début des années 80, il ne cesse d'accumuler les plus hautes distinctions dans les festivals internationaux. Cette vitalité est aussi remarquable que paradoxale. Rien ne laissait supposer que ce cinéma survivrait à l'épreuve de la révolution islamique de 1979, à laquelle ont succédé huit années de guerre. Rien ne laissait supposer non plus que la République islamique, mise en place par l'âyatollâh Khomeyni, attacherait une telle importance au secteur culturel, et notamment au cinéma, au point de vouloir en faire un des principaux outils de l'islamisation de la société et ce, au moins jusqu'à l'élection du président Khâtami en 1997. Pour rendre compte de cette aventure cinématographique, ce livre recourt à un mode d'analyse original : il s'appuie sur une approche politique et institutionnelle. Politique du cinéma iranien retrace les enjeux que représente le cinéma au sein de ce régime, et la façon dont s'est élaborée une politique du cinéma sans équivalent. Sur la base d'une analyse filmographique de plus de trois cents titres, l'auteur recense par ailleurs les thématiques et les personnages marquants du cinéma iranien, ainsi que leur évolution depuis l'établissement de la République islamique. Face à un système de censure d'un puritanisme inégalé, qui empêche par exemple, toute relation tactile entre homme et femme à l'écran, elle met en lumière les réponses apportées par des réalisateurs aussi différents qu'Abbas Kiarostami, Jafar Panahi, Ebrahim Hatamikia, Rakhshan Bani Etemad ou Mohsen Makhmalbaf. Partant du cinéma, cet ouvrage offre aussi une lecture des rouages et des dynamiques à l'?uvre dans l'État iranien, et permet de saisir les enjeux majeurs qui structurent cette société.
Abbas Kiarostami nous a offert des films magnifiques ? Où est la maison de mon ami ? , Au travers des oliviers, Close-up, Le Goût de la cerise (Palme d'or à Cannes 1997), Copie conforme... Mais il était aussi vidéaste, photographe, plasticien et poète. Cosigné par deux grands connaisseurs du cinéma et du monde culturel iraniens, cet ouvrage ? le premier qui mette en évidence l'ensemble de l'oeuvre de Kiarostami ? présente chacun de ses films, ses photographies, ses créations de spectacle vivant, ses poèmes, ses installations pour les plus grands musées. Ce livre explore aussi d'autres dimensions de son parcours riche et singulier, comme ses méthodes de travail, sa relation à-la politique et cette activité de pédagogue qu'il n'aura cessé d'exercer d'un bout à l'autre de la planète. Attentive à la nature et à l'enfance, imprégnée des trésors de la culture iranienne et sensible aux enjeux contemporains, l'oeuvre de Kiarostami est entièrement conçue pour le partage avec les spectateurs du monde entier ? une oeuvre ouverte... Agnès Devictor est maitre de conférences en histoire du cinéma à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Laboratoire Histoire culturelle et sociale de l'art) et chercheure associée à l'UMR Monde iranien du CNRS. Auteure de trois livres sur le cinéma iranien, elle a vécu plusieurs années en Iran, où elle continue de séjourner régulièrement dans le cadre de ses travaux. Jean-Michel Frodon est critique et enseignant. Il a été responsable de la rubrique cinéma au Monde et directeur des Cahiers du cinéma. Il écrit pour les sites Slate.fr et AOC et collabore à plusieurs publications internationales. Professeur associé à Sciences Po et professeur honoraire à St Andrews University (Ecosse), il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur le cinéma.
Depuis 2011, la révolte et le conflit en Syrie ont généré une masse considérable d'images produites par des manifestants, des activistes et des combattants. Disséminées sur Internet ou dans des cartes mémoires de téléphones portables, elles rendent compte de manières de documenter, de raconter et de vivre la protestation, l'engagement, la guerre et la violence extrême. Cet ouvrage explore ce vaste territoire d'images et de sons pour éclairer d'un nouveau jour ce conflit, ses acteurs, ses temporalités et les imaginaires qui s'y déploient. À partir d'enquêtes numériques mais aussi d'entretiens auprès de ceux qui ont filmé, il s'agit de saisir les multiples formes d'expression de la révolte et son basculement dans une guerre dont les enjeux dépassent les frontières syriennes. Au plus près de la fabrique, des usages et des grammaires de productions audiovisuelles issues de différents espaces du conflit, l'objectif est également de comprendre comment elles coexistent et s'affrontent.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.