Des volcans, une ville en forme de bidonville et des terrains vagues. Eruptions, tremblements de terre menacent le pays que secoue déjà une "guerre de libération". Nous sommes au Nicaragua, en 1979, à la veille de l'insurrection générale. Un Français y débarque, vaguement volcanologue et peu politique. Il tombera sur des militants qui le mêlent à leurs luttes, leurs discussions, leurs passions. Le voyageur rencontre des guérilleros, des filles, des théologiens, tous happés par l'ouragan de la révolution. De ce groupe se détachent deux frères : Abel et Alvaro. Ils se battent dans le même camp, ils devraient s'entendre. Leurs amours, leurs goûts en font des ennemis. On revit, sous les tropiques, à l'heure de la rébellion, le vieux mythe du fratricide. Hommes fiévreux, ils iront jusqu'au bout de leurs convictions, leurs haines, leurs adorations. Les survivants, guerriers, pasionarias, curés marxistes, prendront le pouvoir. Chino, le copain d'Abel, porteur d'amour, prolétaire brisé, regagnera son village, au pied du Momotombo. La révolution s'altère ; les sentiments durent, entêtés, brûlants comme les volcans eux-mêmes, cette ceinture de feu. Les plus hautes intensités, l'amour, la guerre, habitent ce roman. Sublimes et brouillons, tragi-comiques ou ambigus, lâcheurs ou héroïques, les personnages du récit constituent une mémorable tribu. Le talent de l'auteur, le ton de l'ouvrage, sa puissance évocatrice en font un livre exceptionnel, rare.
Nombre de pages
312
Date de parution
01/09/1984
Poids
305g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070702312
Titre
La ceinture du feu
Auteur
Detrez Conrad
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
305
Date de parution
19840901
Nombre de pages
312,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Un soir qu'il errait dans les bois, le jeune Victor, saisi d'une extase religieuse, a ressenti l'étreinte d'un être inconnu. Nul doute pour lui, il s'agit de l'ange Amour dont a rêvé son enfance. Confondant avec naïveté les troubles de la chair et les saints transports de l'âme, Victor n'aura de cesse de renouveler l'expérience. Il abandonne le couvent où il a attendu en vain que se manifeste à nouveau la divine créature, il quitte sa bourgade natale, gagne Paris en quête de l'impossible rencontre. Un de ses amis, novice comme lui - le narrateur du roman - part à sa recherche, dans l'espoir de le sauver des désordres de la capitale. Car de l'amour mystique à l'amour profane, il n'y a qu'un pas ou plutôt un fossé où ne tarderont pas à tomber nos deux ingénus. L'un poursuivant l'autre, ils découvrent un monde étrange dans lequel se côtoient des "anges" de différentes couleurs, militants du Christ-Roi et vagabonds nocturnes, monde dangereux où, guettant l'amour, le "dragueur de Dieu" trouvera son destin au rendez-vous. On reconnaîtra ici l'imagination singulière et les obsessions d'un auteur à l'originalité authentique. Jouant sur le double registre du roman picaresque et du conte voltairien, Conrad Detrez nous livre quelques-uns des secrets de son univers intérieur, proche de celui des peintres mystiques et sensuels de sa Belgique natale.
Le narrateur, un provincial « monté » de ses Ardennes natales à Paris, rêve de faire carrière dans les lettres. L'ébauche de son premier roman raconte la passion malheureuse qu'éprouve un adolescent pour un escarpin de simili cuir, découvert par hasard dans un pré, et dont il cherche idéalement à chausser la dame de ses pensées. Notre apprenti-auteur aura bien du mal à développer son sujet, en butte comme il l'est aux agressions de la grande ville ; la promiscuité de son logement, le bruit et l'agitation de la rue, le tapage de ses voisins ; sans compter les besognes auxquelles il lui faut sacrifier pour vivre, celle notamment de dactylographier les manuscrits de ses futurs confrères, ce qui le plonge dans un abîme de perplexité. Comment échapper aux fléaux de l'urbanisme tentaculaire, retrouver le silence et la contemplation indispensables au travail de l'esprit ? Revenu dans son village, notre homme s'aperçoit que le machinisme l'y a déjà rejoint et que la Guerre blanche des engins industriels, si elle ne fait pas couler le sang, est aussi meurtrière à la campagne qu'à la ville. Existe-t-il, ailleurs que dans l'imagination des écrivains, ce lieu mythique où règnent la paix et l'harmonie ...Ecrit délibérément sur un mode tragi-comique, ce nouveau roman de Conrad Detrez se lit comme une satire bouffonne et naïve du monde moderne, pleine de réjouissantes péripéties. Sous ses allures de conte voltairien, il prend sa place dans une oeuvre marquée par le goût de l'absurde et le besoin de paradis.Né au pays de Liège, Conrad Detrez a fait des étudesde théologie et de lettres.Il a vécu au Brésil, au Portugal, en Algérie.Il a publié des essais politiques sur l'Amérique latine,un livre de souvenirs : Les Noms de la tribu,et cinq romans : Ludo, Les Plumes du coq,L'Herbe à brûler qui lui a valu le Prix Renaudot 1978,La Lutte finale, Le Dragueur de Dieu.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.