Le narrateur, un provincial " monté " de ses Ardennes natales à Paris, rêve de faire carrière dans les lettres. L'ébauche de son premier roman raconte la passion malheureuse qu'éprouve un adolescent pour un escarpin de simili cuir, découvert par hasard dans un pré, et dont il cherche idéalement à chausser la dame de ses pensées. Notre apprenti-auteur aura bien du mal à développer son sujet, en butte comme il l'est aux agressions de la grande ville ; la promiscuité de son logement, le bruit et l'agitation de la rue, le tapage de ses voisins ; sans compter les besognes auxquelles il lui faut sacrifier pour vivre, celle notamment de dactylographier les manuscrits de ses futurs confrères, ce qui le plonge dans un abîme de perplexité. Comment échapper aux fléaux de l'urbanisme tentaculaire, retrouver le silence et la contemplation indispensables au travail de l'esprit ? Revenu dans son village, notre homme s'aperçoit que le machinisme l'y a déjà rejoint et que la Guerre blanche des engins industriels, si elle ne fait pas couler le sang, est aussi meurtrière à la campagne qu'à la ville. Existe-t-il, ailleurs que dans l'imagination des écrivains, ce lieu mythique où règnent la paix et l'harmonie ? Ecrit délibérément sur un mode tragi-comique, ce nouveau roman de Conrad Detrez se lit comme une satire bouffonne et naïve du monde moderne, pleine de réjouissantes péripéties. Sous ses allures de conte voltairien, il prend sa place dans une oeuvre marquée par le goût de l'absurde et le besoin de paradis. Né au pays de Liège, Conrad Detrez a fait des études de théologie et de lettres. Il a vécu au Brésil, au Portugal, en Algérie. Il a publié des essais politiques sur l'Amérique latine, un livre de souvenirs : Les Noms de la tribu, et cinq romans : Ludo, Les Plumes du coq, L'Herbe à brûler qui lui a valu le Prix Renaudot 1978, La Lutte finale, Le Dragueur de Dieu.
Nombre de pages
192
Date de parution
01/04/1994
Poids
219g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782702104354
Titre
La Guerre blanche
Auteur
Detrez Conrad
Editeur
CALMANN-LEVY
Largeur
140
Poids
219
Date de parution
19940401
Nombre de pages
192,00 €
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Résumé : Un soir qu'il errait dans les bois, le jeune Victor, saisi d'une extase religieuse, a ressenti l'étreinte d'un être inconnu. Nul doute pour lui, il s'agit de l'ange Amour dont a rêvé son enfance. Confondant avec naïveté les troubles de la chair et les saints transports de l'âme, Victor n'aura de cesse de renouveler l'expérience. Il abandonne le couvent où il a attendu en vain que se manifeste à nouveau la divine créature, il quitte sa bourgade natale, gagne Paris en quête de l'impossible rencontre. Un de ses amis, novice comme lui - le narrateur du roman - part à sa recherche, dans l'espoir de le sauver des désordres de la capitale. Car de l'amour mystique à l'amour profane, il n'y a qu'un pas ou plutôt un fossé où ne tarderont pas à tomber nos deux ingénus. L'un poursuivant l'autre, ils découvrent un monde étrange dans lequel se côtoient des "anges" de différentes couleurs, militants du Christ-Roi et vagabonds nocturnes, monde dangereux où, guettant l'amour, le "dragueur de Dieu" trouvera son destin au rendez-vous. On reconnaîtra ici l'imagination singulière et les obsessions d'un auteur à l'originalité authentique. Jouant sur le double registre du roman picaresque et du conte voltairien, Conrad Detrez nous livre quelques-uns des secrets de son univers intérieur, proche de celui des peintres mystiques et sensuels de sa Belgique natale.
Résumé : Des volcans, une ville en forme de bidonville et des terrains vagues. Eruptions, tremblements de terre menacent le pays que secoue déjà une "guerre de libération". Nous sommes au Nicaragua, en 1979, à la veille de l'insurrection générale. Un Français y débarque, vaguement volcanologue et peu politique. Il tombera sur des militants qui le mêlent à leurs luttes, leurs discussions, leurs passions. Le voyageur rencontre des guérilleros, des filles, des théologiens, tous happés par l'ouragan de la révolution. De ce groupe se détachent deux frères : Abel et Alvaro. Ils se battent dans le même camp, ils devraient s'entendre. Leurs amours, leurs goûts en font des ennemis. On revit, sous les tropiques, à l'heure de la rébellion, le vieux mythe du fratricide. Hommes fiévreux, ils iront jusqu'au bout de leurs convictions, leurs haines, leurs adorations. Les survivants, guerriers, pasionarias, curés marxistes, prendront le pouvoir. Chino, le copain d'Abel, porteur d'amour, prolétaire brisé, regagnera son village, au pied du Momotombo. La révolution s'altère ; les sentiments durent, entêtés, brûlants comme les volcans eux-mêmes, cette ceinture de feu. Les plus hautes intensités, l'amour, la guerre, habitent ce roman. Sublimes et brouillons, tragi-comiques ou ambigus, lâcheurs ou héroïques, les personnages du récit constituent une mémorable tribu. Le talent de l'auteur, le ton de l'ouvrage, sa puissance évocatrice en font un livre exceptionnel, rare.
Un adolescent arraché à son village et cloîtré dans un internat. Un Supérieur obsédé par la chasteté, comme on l'est par le sexe. Un monde clos où règne le culte de l'Epoux, sorte de dieu lascif et efféminé, qui traque ses recrues, nourrit les fantasmes des coeurs sensibles et des corps impatients. C'est le tableau des " amitiés particulières ", revu par un petit-fils de Ghelderode, où se succèdent les scènes burlesques et cruelles, aux frontières incertaines du réel et de l'imaginaire. Nous sommes en Belgique, à l'époque où la Question royale a conduit le pays au bord de la guerre civile. L'Eglise, qui défend la monarchie, lance ses jeunes troupes dans la mêlée. Voici notre héros saisi par l'effervescence des hommes et la tentation de la liberté. Va-t-il trahir son camp, oublier l'ami et la religion de l'amour ? Ce récit est l'histoire d'un choix. Ou d'une fatalité. Après Ludo (Calmann-Lévy), un premier roman remarqué par la critique, Conrad Detrez franchit une nouvelle étape de cette " éducation sentimentale ", qu'il a entreprise et qui confirme la singularité et la richesse d'une vraie " nature " d'écrivain.
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Dissuasion, subversion, persuasion : quelles stratégies pour sauver la paix ? Raymond Aron propose ici l'une des analyses les plus pertinentes des rapports de force de la Guerre froide, et qui, au-delà de la chute du mur de Berlin, sont perpétués par la possession de l'arme nucléaire par quelques puissances militaires.Tout est là : si une seule bombe nucléaire dégage la même puissance que l'ensemble des bombardements sur l'Allemagne nazie en 1944, "le changement quantitatif entraîne une évolution qualitative". La guerre n'a plus le même aspect : l'analyse théorique montre des puissances qui définissent leurs tactiques politiques dans la sécurité précaire des rapports de force ; les conflits s'inscrivent dans un monde fini, où ceux qui ne peuvent dissuader doivent s'abriter derrière un "grand frère".Pour lecteurs motivés, cette géopolitique de la guerre est une réflexion sur le devenir de l'humanité dans des États souverains qui se définissent avant tout par un jeu de rapports de force. --Mattieu Reno
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