La Notion de Daïmon dans le pythagorisme ancien. De la pensée religieuse à la pensée philosophique
Detienne Marcel ; Vernant Jean-Pierre
BELLES LETTRES
29,00 €
Épuisé
EAN :9782251451305
NOUVELLE EDITION En étudiant la notion de daïmon dans le pythagorisme ancien, Marcel Detienne met en lumière la transformation d'une pensée religieuse en une pensée philosophique. A l'origine, le mot "daïmon" recouvre une grande variété de significations, qui se situent à des niveaux différents de la pensée, en l'occurrence donc, une pensée sociale. Les textes choisis et commentés par Marcel Detienne nous font considérer successivement démons et communauté agricole, culte des démons, démons et rêves, démons et maladies, démons et vengeance et le démon de l'airain. A ce niveau, les diverses significations de daïmon ne sont guère que des variations sur un thème général - la relation des vivants et des puissances du monde invisible. Il n'y a encore là "nulle réflexion sur la nature du daïmon, sur son essence. Bien plutôt, il s'agit d'expérience religieuse" . A partir de témoignages concordants d'auteurs divers, Marcel Detienne développe ensuite l'idée d'une démonologie dans la pensée religieuse du pythagorisme. On y apprend que le terme ne désigne pas seulement la portion du divin que l'homme porte en lui et, en quelque sorte, l'être divin qui réside en l'homme, mais qu'il peut avoir un sens eschatologique. Il existe en effet une croyance pythagoricienne d'après laquelle les âmes vertueuses deviennent des démons "bons et pleins d'amour pour les hommes" . Il ne s'agit plus seulement d'avoir un bon démon, mais, par la pratique de la vertu, de l'être, que ce soit après la mort ou pendant la vie ; et Pythagore lui-même, dans la pensée de ses disciples, est l'illustration la plus parfaite de ce type de démon, inférieur aux dieux et supérieur aux hommes, qui descend sur terre pour intervenir dans les affaires humaines et sauver la race des hommes.
Nombre de pages
204
Date de parution
04/06/2021
Poids
332g
Largeur
157mm
Plus d'informations
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EAN
9782251451305
Titre
La Notion de Daïmon dans le pythagorisme ancien. De la pensée religieuse à la pensée philosophique
Auteur
Detienne Marcel ; Vernant Jean-Pierre
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
157
Poids
332
Date de parution
20210604
Nombre de pages
204,00 €
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Séducteur, né d'un arbre à myrrhe, jeune homme à la semence foisonnante, Adonis, par excès de puissance sexuelle, est condamné à l'impuissance : il est voué aux laitues, plantes froides et humides, qui passent pour être une nourriture de morts et un antiaphrodisiaque. Ses fameux "jardins" ne sont pas davantage des charmes destinés à réveiller la fertilité de la terre ; ce sont des cultures sans fruits, des jardins stériles, transportés sur les toits, où l'éclat du soleil caniculaire les fait pousser jusqu'au vert en quelques jours et, sans transition, les dessèche sur pied. Ce jardinage frivole qui consiste à faire rôtir par Sirius certaines espèces horticoles et céréalières (fenouil, blé, orge, laitue) va de pair avec une fête où le dévergondage des femmes s'autorise des relations d'amant à maîtresse qui s'établissent entre Adonis et Aphrodite. Sur le plan des cultures céréalières comme sur celui du mariage, la semence d'Adonis offre l'image inversée des semences de Déméter, les semences qui portent de vrais fruits et donnent des produits légitimes. Issus d'une situation anomique - la conjonction du Soleil et de la Terre lors du lever héliaque de Sirius -, les aromates provoquent une véritable perversion de la "vie cultivée", aussi bien de la culture des plantes que des relations conjugales. Le coup de chaleur de Sirius grille les pousses vertes tandis qu'il favorise la production de la myrrhe, qui se récolte en ce midi de l'année solaire. Au même moment, l'appétit sexuel des femmes atteint un point culminant, et le danger est grand que les épouses ne deviennent aussi lascives que les courtisanes ou les femmes célébrant la fête d'Adonis. "En vérité, dit J. -P. Vernant dans son importante introduction, c'est Peau d'Ane qui nous est une nouvelle fois conté, mais au plaisir enfantin de l'entendre s'associe maintenant la lecture savante d'un code, ou plutôt de ces multiples codes emboîtés les uns dans les autres qui nous donnent les clés d'un univers mental, différent du nôtre, difficile d'accès, déconcertant encore qu'à certains égards familier, comme si c'était à travers des histoires fantastiques, des récits merveilleux que les Grecs avaient le plus clairement livré l'alphabet dont ils se sont servis pour épeler le monde en la façon qui leur est propre et que Detienne nous aide à déchiffrer."
Résumé : L'Orphée de Marcel Detienne n'est pas celui, de loisir, qui chante le voyage d'hiver des Argonautes, ni celui qui descend aux Enfers, mais un Orphée qui vit absolument séparé de ceux et de celles qui naissent citoyens programmés, dressés à s'entre-tuer autour de leurs autels ensanglantés. Orphée dénonce le meurtre et le sang versé. Cette violence est celle de la vie quotidienne, visible dans les histoires des dieux et des déesses que se plaisent à écouter ses contemporains dans les banquets, dans les joutes poétiques comme dans des gestes aussi simples que planter un olivier, dresser la table ou faire l'amour. Il faut à Orphée une vie sans concessions, mais aussi des dieux radicalement différents. Alors, pour l'historien sagace et attentif, se lève un coin de la mythologie grecque, celle qu'Orphée voyait, en dissident extrême.
Eschyle le dit, il n'est pas le seul: Apollon est un dieu impur, exilé du ciel, un dieu plein de passions troubles. Ce qui ne l'empêche pas d'être le Maître des fondations, le Seigneur de l'Oracle, le Grand Exégète dans la cité de Platon. Comment les voies de la parole peuvent-elles recouper les chemins du couteau, donc la folie du meurtre? La piste est toute tracée, en Grèce et en grec archaïque. Il suffit de la suivre, depuis le premier pas d'Apollon sur le sol de Délos jusqu'au bras armé du couteau sur l'horizon du Parnasse. Mais au prix d'une extrême attention portée aux détails et à toutes les données concrètes; repérer les situations, les objets, les gestes; savoir qu'en régime polythéiste un dieu, quel qu'il soit, est toujours au pluriel, c'est-à-dire articulé à d'autres puissances, pris dans des assemblages, dans des groupements de dieux, dans des configurations d'objets et de situations sans lesquelles il n'est rien, ou si peu. S'élabore ainsi une approche expérimentale du polythéisme, qui vise la confrontation entre polythéismes multiples, dans la matière et dans le style.
En 2007, une nation qui fait partie de l'Europe, comme tant d'autres, décide de créer un ministère de l'Identité nationale. Pour familières qu'elles paraissent, les notions d'identité et de nation se révèlent d'une complexité qui éveille la curiosité de l'histoire et de l'anthropologie. Aussi, conjuguant les deux disciplines, Marcel Detienne met en perspective quelques manières radicalement différentes de se représenter ce qui semble faire partie du "sens commun", à savoir ce que nous sommes ensemble et ce que les autres ne sont pas. Ces manières sont autant de fictions du passé ou du présent: le pur Celte de Padanie, en Italie; l'Hindou-hindouiste à racines védiques, dans l'Inde contemporaine; le Japonais né de la terre des dieux sans autres prédécesseurs; l'Athénien qui se veut pur rejet de la Terre autochtone; l'Allemand historial d'hier, plus grec que les Grecs, du temps de Heidegger et de Hitler; le native, "citoyen de souche" américain sur un continent ouvert à l'immigration. Sans oublier le Français de souche, à nouveau ratiné.
Résumé : "Une enfance pieuse, studieuse, où déjà, comme un mot d'Hadrien en témoigne, se révèle le trait spécifique du caractère, l'entière sincérité ; une jeunesse chaste, de bonne heure associée aux responsabilités du gouvernement, sans que les soucis et les charges portent aucune atteinte à la spontanéité ou à l'intensité de la vie intérieure ; l'âge mûr et la vieillesse voués sans réserve au service de l'Etat et aux intérêts de l'humanité, en un temps où les difficultés furent rudes et qui connut même des dangers graves ; enfin, laissé après soi et parvenu jusqu'à nous, un petit livre, quelques feuillets, mais si pleins, où survit et transparaît une âme aussi haute que pure, tel fut le destin de Marc-Aurèle, destin privilégié, auquel semblent avoir également collaboré - comme pour justifier les dogmes de l'école à laquelle l'empereur philosophe a adhéré si fermement - la raison souveraine qui distribue son lot à chacun et la volonté éclairée de l'homme à qui ce lot était échu." Aimé Puech, extrait de l'introduction (1947).
Le nord, le sud, l'est et l'ouest : toutes les sociétés, ou presque, recourent aux directions cardinales pour s'orienter. Depuis des millénaires, les quatre points cardinaux sont indispensables a` la navigation. Au coeur de l'imaginaire, de la morale et de la géopolitique de la plupart des civilisations, ils n'en restent pas moins subjectifs - et parfois contradictoires. L'historien Jerry Brotton nous invite à découvrir ces directions en fonction de la position spatiale et temporelle des communautés humaines qui en font usage. Il nous explique pourquoi telle ou telle culture en privilégie une plutôt qu'une autre et pourquoi aucune société ne s'est jamais orientée vers l'ouest. De nos jours, cependant, en vertu du GPS, les points cardinaux s'avèrent moins pertinents. Grâce aux applications géospatiales, nous nous situons au centre de la carte sous la forme d'un point bleu qui nous déconnecte du monde naturel. En imaginant les bouleversements que la technologie pourrait imposer a` l'avenir, Jerry Brotton nous rappelle a` quel point les directions cardinales ont été cruciales depuis que nous parcourons la planète.