ECRITURE ET CULTURE. ECRIVAINS ET PHILOSOPHES FACE A L'EUROPE (1918-1950).
DETHURENS PASCAL
CHAMPION
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EAN :9782852036192
Cet essai traite à la fois de la réception des idées européennes auprès des écrivains de l'entre-deux guerres (il s'appuie notamment sur les textes de philosophes et théoriciens européens comme Spengler, Keyserling, Heidegger, Adorno, Croce, Huizinga, Freud, Husserl, Ortega y Gasset ou Unamuno) ; et de la façon dont les écrivains les plus célèbres des années 20, 30 et 40 en ont fait matière littéraire, en élaborant un imaginaire inédit et une nouvelle poétique de la culture européenne (Gide, Valéry, Breton, Malraux et Rolland en France ; Th. Mann, Hesse, Kafka et Döblin en Allemagne ; St. Zweig, Broch, Musil, Hofmannsthal, Rilke et Schnitzler en Autriche; Svevo, Pirandello et d'Annunzio en Italie ; Alberti, Garcia Lorca et Valle-Inclan en Espagne ; Pessoa au Portugal ; Séféris en Grèce ; T.S. Eliot, Lawrence, Huxley et Woolf en Angleterre ; Joyce en Irlande ; Lagerlöf en Suède ; Hamsun en Norvège ; Witkiewicz en Pologne ; Capek en Tchécoslovaquie). A l'heure ou la littérature cherche une nouvelle définition de la culture européenne, où la question de l'Europe connaît une ampleur considérable dans les débats et les médias, une étude des origines et des images de l'Europe en littérature s'avère de quelque intérêt pour mieux comprendre d'où proviennent les interrogations européennes d'aujourd'hui.
Date de parution
03/05/2000
Poids
800g
Largeur
150mm
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EAN
9782852036192
Titre
ECRITURE ET CULTURE. ECRIVAINS ET PHILOSOPHES FACE A L'EUROPE (1918-1950).
ISBN
2852036193
Auteur
DETHURENS PASCAL
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
800
Date de parution
20000503
Disponibilité
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Peu d'activités unissent autant les différentes cultures que la contemplation du ciel. Depuis l'Antiquité et par-delà les frontières, le cosmos fascine, il est une source inépuisable d'émerveillement et d'inspiration pour un grand nombre d'artistes. Cet ouvrage propose un voyage stupéfiant dans l'espace, à travers les créations artistiques les plus diverses : des statues gréco-romaines aux oeuvres contemporaines, des enluminures médiévales aux peintures surréalistes, des stèles mésopotamiennes aux gravures de la Renaissance et des mythologies occidentales aux légendes orientales. Hildegarde von Bingen, Johannes Vermeer, Caspar David Friedrich, Vincent Van Gogh, Claude Monet, Henri Matisse, Georgia O'Keeffe : la galerie du ciel étoilé est infinie à parcourir.
Les premières descriptions d'oeuvres d'art en littérature remontent à l'Antiquité avec L'Iliade et L'Enéide - d'où le terme d'ekphrasis utilisé pour qualifier cet exercice de style, ce défi rhétorique qui consiste à donner à voir ce qui n'est pas sous les yeux, à restituer l'indicible beauté plastique par la magie des mots. A la Renaissance, les deux Muses, l'Art et la Poésie se trouvent des affinités électives. Poètes et écrivains dès lors rivalisent d'audace et d'inventivité pour rendre compte de tableaux dans leurs oeuvres. Avec Diderot, le genre acquiert ses lettres de noblesse et entre dans l'histoire littéraire. Pendant plus de vingt ans, de 1759 à 1781, il excelle à rendre compte des Salons de peinture du Louvre où exposent les Chardin, Greuze, Vernet et autre Fragonard. Le ton est donné, libre et vif, sans demi-teinte dans les jugements de valeur, qu'ils écorchent ou qu'ils portent au pinacle. C'est cette liberté qui fera les grandes heures de la critique d'art au XIXe siècle avec Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola, Mirbeau... Leur prose vibrante et enlevée jouera un rôle important dans la reconnaissance des peintres de la modernité tels les impressionnistes (Manet, Monet notamment). Au XXe siècle, les sphères de la peinture et de la littérature s'entrecroisent, voire se confondent ; peintres et écrivains partagent les mêmes sources d'inspiration, défendent les mêmes aspirations au renouveau esthétique. Ainsi naissent les grands duos "écrivain-artiste" : Proust-Monet, Apollinaire-Picasso, Breton-Ernst, Genet-Giacometti, Beckett-Van Velde, Leiris-Bacon... Plus que jamais, dans une émulation créatrice très féconde, la plume des uns devient le prolongement désigné du pinceau des autres.
Un éloge du livre ? Il s'impose. Quand l'humanité est assourdie par le fracas de l'Histoire, lecteurs et écrivains se murent dans le silence, préférant la sérénité des livres à la fureur du monde. S'il est des femmes et des hommes dont l'existence prend de la valeur à la mesure de leurs actions, il en est d'autres, au contraire, qui ont décidé que la vie n'a de sens qu'en retrait, dans les songes, dans les idées - dans les pages. Etonnante figure que celle des lecteurs et des écrivains, de ces femmes et de ces hommes qui passent leur vie dans les livres, abîmés en eux-mêmes, pour remplacer la vie par une autre vie. Leurs visages sont mythiques, ils sont autant de portraits qui peuplent l'imaginaire européen : don Quichotte, Faust, Hamlet, Julien Sorel, Emma Bovary... Tous n'ont de réalité que par les livres. " J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. " Cette phrase des Mots (1964) de Sartre tient lieu d'autobiographie à quiconque consacre tout son temps à la lecture et à l'écriture. Oui, donc, un éloge du livre. " La superstition de l'Homme du Livre " , comme le rapporte Borges dans La Bibliothèque de Babel, veut qu'" il doit exister un livre qui est la clé, le résumé parfait de tous les autres " , et qu'" un bibliothécaire qui a pris connaissance de ce livre est devenu semblable à un dieu " . Le livre, le livre qu'on lit ou celui qu'on écrit, fait de l'homme un être épris d'infini, un assoiffé de totalité. Et un éloge du livre pour découvrir que, de saint Jérôme à Proust, de Dante à Shakespeare, de Goethe à Eco, mais aussi de Bosch à Matisse, de Raphaël à Picasso, de Dürer à Velasquez, ces femmes, ces hommes aux livres, ce sont chacun de nous.
S'il existe des écrivains de l'aube, il en est d'autres au contraire qui attendent que tout, autour d'eux, se soit éteint pour commencer à écrire. Face à une modernité qui n'a cessé de célébrer, à l'orée du XXe siècle, l'aurore d'une nouvelle ère, Thomas Mann (1875-1955, prix Nobel de littérature en 1929) s'est voulu le dernier créateur à hériter, au nom de la noblesse de l'esprit, de la culture européenne d'hier. Aussi faut-il dès lors lire toute son œuvre romanesque, des Buddenbrook (1900) à La Montagne magique (1924) et de la tétralogie de Joseph et ses frères (1934-1943) au Docteur Faustus (1947), comme la voix même de la "Sehnsucht", un monument à la louange de ce qui a été et ne sera plus. Ce serait là fixer la création littéraire au dernier moment de sa possibilité, là où le roman peut encore advenir comme texte ultime. Car c'est bien à une cérémonie des adieux que nous convie celui que l'on a appelé le magicien de la littérature allemande de ce siècle. Sommes-nous prêts, nous ses lecteurs d'aujourd'hui, à devenir les spectateurs de ce crépuscule du sens ? Et à quoi bon écrire quand le monde croule ? Ainsi se formule, dans l'œuvre de Thomas Mann, la question la plus difficile mais aussi la plus passionnante - sans doute la dernière interrogation de notre littérature européenne.