
Ecrire la peinture. De Diderot à Quignard
Les premières descriptions d'oeuvres d'art en littérature remontent à l'Antiquité avec L'Iliade et L'Enéide - d'où le terme d'ekphrasis utilisé pour qualifier cet exercice de style, ce défi rhétorique qui consiste à donner à voir ce qui n'est pas sous les yeux, à restituer l'indicible beauté plastique par la magie des mots. A la Renaissance, les deux Muses, l'Art et la Poésie se trouvent des affinités électives. Poètes et écrivains dès lors rivalisent d'audace et d'inventivité pour rendre compte de tableaux dans leurs oeuvres. Avec Diderot, le genre acquiert ses lettres de noblesse et entre dans l'histoire littéraire. Pendant plus de vingt ans, de 1759 à 1781, il excelle à rendre compte des Salons de peinture du Louvre où exposent les Chardin, Greuze, Vernet et autre Fragonard. Le ton est donné, libre et vif, sans demi-teinte dans les jugements de valeur, qu'ils écorchent ou qu'ils portent au pinacle. C'est cette liberté qui fera les grandes heures de la critique d'art au XIXe siècle avec Stendhal, Gautier, Baudelaire, Zola, Mirbeau... Leur prose vibrante et enlevée jouera un rôle important dans la reconnaissance des peintres de la modernité tels les impressionnistes (Manet, Monet notamment). Au XXe siècle, les sphères de la peinture et de la littérature s'entrecroisent, voire se confondent ; peintres et écrivains partagent les mêmes sources d'inspiration, défendent les mêmes aspirations au renouveau esthétique. Ainsi naissent les grands duos "écrivain-artiste" : Proust-Monet, Apollinaire-Picasso, Breton-Ernst, Genet-Giacometti, Beckett-Van Velde, Leiris-Bacon... Plus que jamais, dans une émulation créatrice très féconde, la plume des uns devient le prolongement désigné du pinceau des autres.
| EAN | 9782850885945 |
|---|---|
| Titre | Ecrire la peinture. De Diderot à Quignard |
| Auteur | Dethurens Pascal |
| Editeur | CITADELLES |
| Largeur | 260 |
| Poids | 3054 |
| Date de parution | 20150304 |
| Nombre de pages | 495,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'oeil du monde. Images de la fenêtre dans la littérature et la peinture occidentales
Dethurens PascalImaginons un homme, chez lui, que son désoeuvrement enchante un moment, puis ennuie. Il se lève, il pense un peu, il voudrait faire quelque chose, mais quoi, il ne sait pas encore. Sortir, non, il y a trop d'agitation dehors, ou alors il fait trop froid. C'est qu'il fait bon à l'intérieur, même si rien ne se passe. Le spectacle, c'est au-dehors qu'il faudrait aller le chercher, mais l'envie n'est pas là. Le mur protège l'intimité du tumulte extérieur ; la porte, ouverte, en violerait la douceur. Non, l'idéal serait de rester sans rester ; d'être là, sans y être. A la fois dedans et dehors. Pour cela notre homme a à sa disposition une bibliothèque, où il va trouver de quoi entendre parler du monde, quelques tableaux aussi, qu'il a choisis avec goût, avec science, devant lesquels rêver un moment ; et ces livres, ces tableaux lui offrent des paysages qu'il n'a pas en cet instant sous les yeux. Peut-être que tout cela le lasse. Pour être là sans y être il a, aussi, des fenêtres. La porte, elle, comme ouverture, permet au corps entier de franchir le seuil, mais ce n'est pas de cela qu'il veut. La fenêtre, donc, parce qu'elle offre du monde un pur spectacle, un spectacle auquel les sens seuls sont conviés, et la vue la première, c'est d'elle qu'il a besoin. Etonnant théâtre du monde que celui sur lequel ouvre la fenêtre. Du réel, elle décide de tout cacher ou de tout dévoiler, selon qu'elle veuille jouer de la clôture ou de l'ouverture. Mieux qu'un objet, la fenêtre devient alors une forme, un mode d'être, une façon de voir : un langage. Si les yeux, comme on a coutume de dire, sont les fenêtres de l'âme, quel peintre, quel écrivain, n'en aurait pas fait sa matière ? C'est à cet art de la fenêtre, un art merveilleux, troublant, que du Graal à Rilke, de Shakespeare à Proust, de Goethe à Mallarmé ou encore de Cervantès à Flaubert, mais aussi de Vermeer à Bonnard, de Friedrich à Matisse, de Bruegel à Chirico ou de Van Eyck à Balthus, au long d'un double parcours littéraire et pictural, le texte de Pascal Dethurens veut donner toute sa plénitude et tout son sens.ÉPUISÉVOIR PRODUIT24,99 € -

Eloge du Livre. Lecteurs et écrivains dans la littérature et la peinture
Dethurens PascalUn éloge du livre ? Il s'impose. Quand l'humanité est assourdie par le fracas de l'Histoire, lecteurs et écrivains se murent dans le silence, préférant la sérénité des livres à la fureur du monde. S'il est des femmes et des hommes dont l'existence prend de la valeur à la mesure de leurs actions, il en est d'autres, au contraire, qui ont décidé que la vie n'a de sens qu'en retrait, dans les songes, dans les idées - dans les pages. Etonnante figure que celle des lecteurs et des écrivains, de ces femmes et de ces hommes qui passent leur vie dans les livres, abîmés en eux-mêmes, pour remplacer la vie par une autre vie. Leurs visages sont mythiques, ils sont autant de portraits qui peuplent l'imaginaire européen : don Quichotte, Faust, Hamlet, Julien Sorel, Emma Bovary... Tous n'ont de réalité que par les livres. " J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. " Cette phrase des Mots (1964) de Sartre tient lieu d'autobiographie à quiconque consacre tout son temps à la lecture et à l'écriture. Oui, donc, un éloge du livre. " La superstition de l'Homme du Livre " , comme le rapporte Borges dans La Bibliothèque de Babel, veut qu'" il doit exister un livre qui est la clé, le résumé parfait de tous les autres " , et qu'" un bibliothécaire qui a pris connaissance de ce livre est devenu semblable à un dieu " . Le livre, le livre qu'on lit ou celui qu'on écrit, fait de l'homme un être épris d'infini, un assoiffé de totalité. Et un éloge du livre pour découvrir que, de saint Jérôme à Proust, de Dante à Shakespeare, de Goethe à Eco, mais aussi de Bosch à Matisse, de Raphaël à Picasso, de Dürer à Velasquez, ces femmes, ces hommes aux livres, ce sont chacun de nous.ÉPUISÉVOIR PRODUIT33,60 € -

Thomas Mann et le crépuscule du sens
Dethurens PascalS'il existe des écrivains de l'aube, il en est d'autres au contraire qui attendent que tout, autour d'eux, se soit éteint pour commencer à écrire. Face à une modernité qui n'a cessé de célébrer, à l'orée du XXe siècle, l'aurore d'une nouvelle ère, Thomas Mann (1875-1955, prix Nobel de littérature en 1929) s'est voulu le dernier créateur à hériter, au nom de la noblesse de l'esprit, de la culture européenne d'hier. Aussi faut-il dès lors lire toute son œuvre romanesque, des Buddenbrook (1900) à La Montagne magique (1924) et de la tétralogie de Joseph et ses frères (1934-1943) au Docteur Faustus (1947), comme la voix même de la "Sehnsucht", un monument à la louange de ce qui a été et ne sera plus. Ce serait là fixer la création littéraire au dernier moment de sa possibilité, là où le roman peut encore advenir comme texte ultime. Car c'est bien à une cérémonie des adieux que nous convie celui que l'on a appelé le magicien de la littérature allemande de ce siècle. Sommes-nous prêts, nous ses lecteurs d'aujourd'hui, à devenir les spectateurs de ce crépuscule du sens ? Et à quoi bon écrire quand le monde croule ? Ainsi se formule, dans l'œuvre de Thomas Mann, la question la plus difficile mais aussi la plus passionnante - sans doute la dernière interrogation de notre littérature européenne.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER31,01 € -

ECRITURE ET CULTURE. ECRIVAINS ET PHILOSOPHES FACE A L'EUROPE (1918-1950).
DETHURENS PASCALSur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER63,00 €
Du même éditeur
-

Contes. Etui de 10 cartes
Ces 10 illustrations à offrir, à envoyer ou à collectionner sont de la main de Harry Clarke, Edmund Dulac, Warwick Goble, Kay Nielsen, Arthur Rackham, illustrateurs fameux du début du XXe siècle ayant mis en images les contes des plus grands auteurs du genre. Le livret illustré de 24 pages reproduit des extraits des grands classiques (Le Chat botté, Le Petit Chaperon rouge, La Petite Sirène, Aladin ou La Lampe merveilleuse...) et nous invite dans un monde constellé de merveilles.EN STOCKCOMMANDER14,95 € -

L'art de l'icône
Velmans TaniaBiographie de l'auteur Historienne de l'art, Tania Velmans est spécialiste de l'art et de la civilisation du monde byzantin. Elle est membre correspondant de 1 'Académie européenne des Sciences, des Arts et des Lettres, et chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres. Directrice de recherche honoraire au CNRS, elle a aussi enseigné en Europe, aux États-Unis et au Japon. Elle est 1'auteur de nombreux ouvrages et articles sur l'art byzantin , parmi lesquels Le Grand Livre des Icônes, Paris, Hazan , 2002 ; La fabuleuse histoire de l'icône, Éditions du Rocher, 2005; Rayonnement de l'icône, 2" édition Thalia, Paris, 2007.EN STOCKCOMMANDER195,15 € -

La tapisserie de Bayeux. Commentaires
Barral i Altet Xavier ; Bates David ; Vair ChristiLa Tapisserie de Bayeux relève de deux "miracles" : son exceptionnelle richesse visuelle et son remarquable état de conservation près d'un millénaire après sa réalisation. Longue de près de 70 mètres, elle appartient aux histoires nationales de la France et de l'Angleterre, et figure depuis 2007 auregistre "Mémoire du monde" de l'Unesco. Entièrement brodée à l'aiguille en fils de laine colorés, elle relate la conquête du royaume d'Angleterre par le duc Guillaume de Normandie en une longue succession d'images, ce qui fait d'elle "l'ancêtre" de la bande dessinée. Beaucoup d'encre a coulé, mais les interrogations que suscitent son contexte de création et ses significations restent, aujourd'hui encore, énigmatiques. Le livre que nous proposons permet de faire le point sur l'état actuel des recherches et de se plonger dans l'histoire passionnante de cette somptueuse broderie.EN STOCKCOMMANDER40,75 € -

Le grand livre des Oiseaux d'Audubon. Accompagné d'un portfolio de 5 représentations de gravures
Audubon Jean-Jacques ; Tory Peterson Roger ; PeterLE LIVRE Les Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon constituent l'un des fleurons de l'édition ornithologique. Né en 1785 et ayant grandi en France, Jean-Jacques Audubon se découvre très vite un goût pour la nature et les oiseaux. De 1827 à 1838, il publie les 435 planches des Oiseaux d'Amérique. Cet ouvrage est rapidement salué pour la qualité de la démarche scientifique, le nombre de planches, la qualité de leur exécution et leur dimension - Audubon ayant souhaité que les oiseaux soient représentés en taille réelle. Par ses dessins minutieux à la touche précise et aux couleurs fraîches, il va transformer le regard porté sur les oiseaux. Somme scientifique sur les oiseaux des E tats Unis du de but du xIx sie cle, ce livre est une mine d'e rudition pour toute personne s'inte ressant a la nature. E galement te moignage d'un temps re volu, ces pages nous renseignent sur les pratiques cyne ge tiques et culinaires des Ame ricains du xIxe sie cle. Cet ouvrage pre sente ainsi certaines espe ces aujourd'hui disparues, tels que le dodo ou le pigeon migrateur. Chaque planche est e galement dote e d'une notice avec des commentaires de taille s sur chacun des 1065 oiseaux repre sente s. De la Floride a l'Arctique, du ciel, a la terre en passant par les oce ans, albatros, pe licans, goe lands, perroquets, hiboux et me sanges n'auront biento t plus de secret pour vous.EN STOCKCOMMANDER336,60 €
De la même catégorie
-

Peggy Guggenheim. Le choc de la modernité
Prose Francine ; Lebleu OlivierHéritière d'une richissime famille juive américaine, Peggy Guggenheim (1898-1979) a rassemblé une des plus belles collections au monde d'art moderne. Excentrique, anticonformiste, libertine, Peggy Guggenheim éprouve un goût effréné pour l'art et les artistes. Après-guerre, sur les conseils d'André Breton, elle expose à Londres Kandinsky, Calder ou Brancusi. Venue à Paris, elle achète un tableau par jour, aide Giacometti et Picasso, puis elle part à New York où elle épouse Max Ernst. En 1942, sa galerie Art of this Century révèle au public les surréalistes européens et la jeune avant-garde américaine ? Jackson Pollock, Mark Rothko. En 1949, installée à Venise, au bord du Grand Canal, dans un palais du XVIIIe siècle, elle expose une somptueuse collection que le monde entier admire encore aujourd'hui.EN STOCKCOMMANDER10,00 € -

Le Douanier Rousseau. L'art en lumière
Sefrioui AnneHenri Rousseau (1844-1910), dit le Douanier Rousseau, occupe une place singulière dans l'histoire de l'art moderne. Autodidacte, longtemps moqué et marginalisé, il est aujourd'hui considéré comme le précurseur de l'art naïf. Son style se distingue en effet par des formes simplifiées, par des couleurs vives et par l'absence de perspective traditionnelle. Loin des académismes de son époque, il a créé un monde poétique, à la fois innocent et mystérieux. Célèbre pour ses jungles luxuriantes, Rousseau l'est aussi pour ses paysages où volent parfois dans le ciel d'étranges engins, confrontant à ses compositions une dimension surréaliste avant l'heure. Il l'est encore pour ses singuliers portraits de groupe ou d'enfants, qui semblent comme figés dans le temps. Admiré par les avant-gardes, qui ont vu en lui un visionnaire capable d'exprimer l'inconscient, le Douanier Rousseau est aujourd'hui célébré comme un pionnier de la modernité. La collection L'Art en lumière propose une exploration de l'oeuvre des plus grands peintres dans un format raffiné, sublimé par une reliure luxueuse associant toile soyeuse, titre et jaspage métalliques miroitants. Chaque ouvrage met "en lumière" le travail de l'artiste et les moments clefs de sa carrière. Une soixantaine d'oeuvres sont accompagnées, pour les plus emblématiques d'entre elles, d'une courte notice explicative. Le lecteur est ainsi invité à une véritable visite guidée au coeur de la création.EN STOCKCOMMANDER24,05 € -

Chagall, ivre d'images
Marchesseau DanielEn 1985, Marc Chagall, le dernier patriarche de la Côte d'Azur après Matisse et Picasso, s'éteignait à Saint-Paul-de-Vence dans sa quatre-vingt-dix-huitième année. L'Ecole de Paris peut s'enorgueillir d'avoir permis à nombre d'artistes étrangers de s'épanouir en son sein : Chagall en est l'un des pionniers les plus singuliers. "Ivre d'images", disait Malraux, qui lui avait commandé le plafond de l'Opéra de Paris. Celui qui a peint l'univers du "shtetl" juif à Vitebsk, mais aussi ses rêves, ses amours, le monde du cirque, et le message universel de la Bible, demeure aujourd'hui le conteur merveilleux d'une poétique universelle et intemporelle, fondée sur l'image canonique de Dieu et des hommes. Daniel Marchesseau retrace les itinéraires de ce Russe, déraciné à deux reprises, monté aujourd'hui au firmament, dans ces cieux qu'il a, durant sa longue vie, su peindre et enluminer.EN STOCKCOMMANDER16,30 €

