Quadratura Americana : titre en clin d'œil pour un livre qui traite avant tout de l'Amérique et dont l'argument, dans ses aspects formels, fait volontiers appel à des quadrants : groupes de Klein et formule canonique des mythes. Essai d'anthropologie lévi-straussienne : le titre alterne renvoie à un parcours. A l'origine du propos, une relecture très attentive des Mythologiques, le maître ouvrage de Lévi-Strauss. Mais l'auteur franchit l'horizon de la mythologie. Il montre que la notion de transformation s'applique au-delà, pulvérisant ainsi les limites communément admises entre mythes, rites et organisation sociales. Il en arrive alors à remettre en cause l'enseignement du premier Lévi-Strauss, celui des Structures élémentaires de la parenté et de l'instauration de l'échange des femmes comme instant fondateur de l'ordre social, au nom du deuxième Lévi-Strauss, celui précisément des Mythologiques et d'un primat absolu du sémantique dont la dynamique transformationnelle dessine en Amérique les contours d'une humanité résolument autre. Il s'agit donc de défendre l'idée d'une singularité radicale de l'humanité américaine précolombienne, laquelle réside, comble du paradoxe, dans une négation de l'altérité telle que l'entend la doxa des sciences sociales contemporaines. Pour les Amérindiens, la seule altérité qui vaille est celle des sexes et de la mort.
Nombre de pages
640
Date de parution
16/08/2001
Poids
720g
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EAN
9782825707449
Titre
QUADRATURA AMERICANA - ESSAI D'ANTHROPOLOGIE LEVI-STRAUSSIENNE
Auteur
Désveaux Emmanuel
Editeur
GEORG
Largeur
0
Poids
720
Date de parution
20010816
Nombre de pages
640,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'idée que l'on se fait de la polarisation entre l'homme et la femme serait universelle. Tantôt on explique cette dualité par des présupposés tirés de la nature (quelle nature?) tantôt, comme le font les "études de genre", on la considère toujours et partout comme une pure construction de l'esprit dénuée de toute justification biologique. Emmanuel Désveaux récuse cette alternative avec force. Pour lui, il s'agit d'écouter ce que l'ethnographie - ou ses équivalents, dans le monde occidental, que sont la littérature la peinture classique et le cinéma - a à nous dire dès lors qu'elle se penche sur trois aires culturelles radicalement distinctes : l'Amérique, l'Australie et l'Europe. L'angle d'attaque se trouve renversé il est question de comprendre comment les conceptions - qui sont toujours d'ordre phénoménologique - de ce qui fonde la différence des sexes créent de la différence d'un point de vue culturel.
L'anthropologie contemporaine se prévaut de sa faculté à monter en généralité à partir d'un cas, d'une monographie, d'une aire culturelle restreinte. Ce livre se veut en rupture avec cette confortable posture épistémologique. Il propose une série d'études de cas allant de la torture chez les Iroquois du XVIIe siècle à la pornographie contemporaine en passant par le modèle végétal de l'aînesse chez les Indiens de Californie, la poésie de Bob Dylan ou encore le carnaval en Occident afin de dégager deux blocs radicalement distincts au regard du socius fondamental. En Amérique, la préséance est toujours donnée à la parole, autrement dit au langage, tandis que l'Europe s'avère incapable de se départir de la matérialité des choses et, partant, des êtres. D'où son inclination à privilégier irrémédiablement la substance.
En écho à L'Histoire de la sexualité de Foucault, ce livre se nourrit d'un large comparatisme entre les cultures humaines et relie étroitement sexualité et procréation. Le propos intègre la pornographie ou l'allaitement, phénomènes trop souvent dédaignés, pour soutenir une thèse forte : ce qui caractérise la civilisation occidentale tient à l'alignement de la procréation humaine sur l'élevage animal. Depuis l'Antiquité, nous concevons notre reproduction biologique comme le font les éleveurs : polarisation radicale entre les sexes, intériorisation des lois de l'hérédité et sélection. Le christianisme s'est efforcé durant des siècles de refouler cette conception, au prix d'un rejet de la dimension érotique de la sexualité et au profit de la seule faculté de mettre au monde un enfant - cette nativité qui découlerait de la providence divine. Son déclin, conjugué aux progrès de la médecine reproductive, elle-même directement dérivés des techniques vétérinaires, remet en pleine lumière une visée procréative utilitariste tout comme l'instrumentalisation des corps qu'elle implique. Au fond, l'eugénisme hante l'Occident depuis ses origines et la PMA s'inscrit dans une histoire longue. On est alors en droit de s'interroger sur ce que signifie vraiment le projet d'émancipation dont se revendiquent ses partisans. Dans un style incisif, ce livre combine érudition et esprit critique. Il traite de la place et du rôle respectifs des femmes et des hommes face à leurs destins érotiques et procréatifs, au-delà des débats aussi peu nuancés que virulents qui entourent le féminisme contemporain.
A défaut de pouvoir expérimenter, le chercheur en sciences sociales construit ses objets : il les collecte, les classe et les compare, comme l'adepte des sciences de la nature, et s'efforce ainsi de transcender la singularité historique et psychologique de ses observations initiales. Mais dans quelle mesure peut-il généraliser à partir d'un ou de plusieurs faits, et en quoi cette généralisation, qui revient a énoncer une loi, équivaut-elle à une règle universelle ? Et s'il cède à la tentation de l'universalisation, ne risque-t-il pas d'oublier le stade du spécifique ? Les textes rassemblés ici reflètent des positionnements radicalement différents, allant du pessimisme à l'optimisme, quant à la possibilité même de généraliser. Or, dans un monde dont le mouvement vers l'entropie semble s'accélérer toujours davantage et dont les archives sont chaque jour plus ouvertes, généraliser demeure plus nécessaire que jamais, fût-ce au risque de l'erreur ou, plutôt, au prix du dépassement perpétuel.
L'objectif de cet ouvrage est d'offrir une réflexion approfondie sur les enjeux éthiques et anthropologiques liés à l'usage des robots sociaux auprès des personnes âgées dans le cadre des soins gériatriques de longue durée, notamment en établissements médico-sociaux (EMS). La question centrale posée est la suivante : peut-on véritablement prendre soin du corps vécu de ces personnes à travers ce que l'on pourrait appeler une "robot-thérapie" ? Et si cela est possible, sous quelles formes et selon quelles modalités ? Comment se manifeste le "prendre soin" lorsqu'il est médiatisé par une technologie robotique ? Que signifie "prendre soin" quand cet acte est accompli non par un humain, mais par une machine ? Le robot peut-il réellement incarner une posture de soin ? Les différentes contributions réunies dans ce volume - rédigées par des professionnels de la santé ainsi que par des philosophes et éthiciens - proposent des perspectives variées, parfois divergentes. Elles traduisent les inquiétudes, les attentes et les défis que pose à notre société le vieillissement de la population, conjugué à l'augmentation des maladies chroniques telles que les démences. Et si, au-delà des débats sur la technologie, cette interrogation de fond offrait l'opportunité de mieux comprendre le vécu singulier et les besoins pluriels des personnes concernées ...
Des dessins aussi sarcastiques que les folies qui emportent le monde du vin actuel : snobisme, hygiénisme, vignerons élevés au rang de stars, spéculation effrénée. Le vin y a remplacé l'art dans les discussions de bonne société, nourrit des égos démesurés et alimente la frénésie des buveurs d'étiquettes. Le coup de crayon impitoyable de Charles Fehr s'en empare, à partir des scènes vécues par son fils Pierre-Emmanuel. Avec une affectueuse moquerie, le duo épingle les grands collectionneurs, les trop sérieux dégustateurs et les maîtres-savants du vin.