La vision est l'archétype emblématique de la phénoménologie et de la philosophie. L'écoute, quant à elle, est usuellement considérée comme n'ayant qu'un rôle subsidiaire. Selon Bruno Deschênes, la vision et l'écoute sont subordonnées l'une à l'autre par un substrat ontologiquement vital à la perception humaine : l'espace. Si la vision engendre une distance entre soi et ce qui est perçu dans notre monde, l'écoute est, au contraire, relationnelle, énactive, conjointe. En tant que modalité intentionnelle de notre présence au monde, elle n'est jamais que pour soi. Elle nous engage activement dans notre rapport au monde et à autrui, soit un monde vu, écouté et vécu en commun. Selon cet auteur, le point de départ de tout dialogue est l'écoute, et non la parole ; nous parlons afin d'être écoutés. Nous écoutons, nous nous écoutons, autant que nous sommes écoutés.
Nombre de pages
334
Date de parution
11/04/2024
Poids
506g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782336447117
Titre
Une phénoménologie de l’écoute
Auteur
Deschênes Bruno
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
506
Date de parution
20240411
Nombre de pages
334,00 €
Disponibilité
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Parmi ses grands enjeux, la philosophie porte son regard sur la conscience, la raison, l'individualité, la subjectivité, l'intentionnalité et l'altérité, estimant que ces notions sont des états et attributs indélébiles de l'évolution de la conscience humaine. Peu de philosophes s'attardent sur le rôle de la relationnalité comme forme expressive de notre présence consciente au monde. Cet ouvrage suggère que la conscience est tributaire d'une relationnalité foncièrement humaine. Conciliant philosophies japonaise et européenne, il propose la notion de modalités de la conscience.
Cet ouvrage est la première publication ethnomusicologique française entièrement consacrée au shakuhachi, la flûte de bambou japonaise emblématique d'une secte de moines bouddhistes zen de l'ère Edo (1603-1868). A la chute du shogunat et sous l'influence de la musique européenne, sa facture et son jeu ont été modernisés. Depuis les années 1960, le shakuhachi a acquis une grande popularité à l'extérieur du Japon. Si l'auteur détaille l'histoire, le répertoire, le jeu ou la modernisation de cette flûte, son objectif est également de la placer dans son contexte culturel, tant traditionnel que moderne.
Dans cet ouvrage, Bruno Deschênes met en parallèle la pensée musicale européenne et la pensée esthétique japonaise, une rencontre philosophique par laquelle il propose par transpropriation comment cette pensée venant d'Asie permettrait aux mélomanes d'approfondir leur appréciation de toute musique quelle qu'elle soit. Il présente divers aspects de l'esthétique japonaise qui sont ignorés, à tout le moins jugés périphériques, dans la pensée européenne et qui, pourtant, sont inhérents à l'écoute de toute musique. Ouvrage écrit au départ du point de vue du musicien, l'auteur met en contexte le rôle de l'interprète dans son rapport à un auditeur qui est à la recherche d'un sentiment esthétique vécu dans l'instant même d'une écoute tributaire de l'exécution musicale. L'écoute musicale est, selon lui, une relation visant une expérience esthétique commune. L'auditeur va à la rencontre d'une musique et du musicien, alors que ce dernier va à la rencontre de cette même musique pour l'enchantement de ses admirateurs. Tous deux convoitent un sentiment esthétique vécu mutuellement le temps d'une rencontre que l'auteur qualifie de musicale.
Pouvons-nous avoir un plaisir à écouter une musique qui sonne faux ? Ecoutons-nous vraiment la musique ? Notre écoute de la musique se raconte-t-elle ? La première question concerne la gamme tempérée et la justesse qu'elle impose. La deuxième a trait à la sociologie de la musique. L'auteur montre que la notion de médiation est insuffisante pour bien saisir le rapport entre musiciens et amateurs de musique. Il ne peut y avoir d'écoute sans exécution, l'une étant tributaire de l'autre dans une intermédiarité, un entre-deux où l'expérience musicale est vécue par des intentionnalités réciproques entre musiciens et auditeurs. La troisième question touche à la narrativité et à l'historicité de nos écoutes, rendues possibles grâce à l'enregistrement et à sa diffusion.