La mobilisation des "gilets jaunes" ne recèle pas en elle-même son principe d'intelligibilité, comme il en est le cas pour tout phénomène. L'irruption des "gilets jaunes" sur le devant de la scène dévoile d'abord quelque chose de notre situation historique. Elle conduit à s'interroger sur le processus de déconstitution qui affecte l'ensemble de la société, au plan économique, politique, idéologique. Comme y insiste le sociologue François Dubet, il faut en la matière a revenir à un regard historique a. Dès lors, le questionnement doit aussi porter sur la "réception" du phénomène auprès des commentateurs, sociologues, journalistes, responsables politiques, faiseurs d'opinion. Dès leur entrée en scène, les "gilets jaunes" ont été assez largement célébrés et plus ou moins identifiés au "peuple". Image d'un peuple sans substrat social clairement délimité, sans finalité politique d'ordre général, agrégat de forces, multitude, peuple réduit à ses affects, ne "consultant pas la raison", et dont les actes semblent pour une large part se légitimer par la seule "colère". Sous les éloges, on perçoit l'expression d'une condescendance, d'un certain mépris à l'égard du peuple, qui, quant au fond, porte récusation de sa capacité souveraine. Une telle figure du peuple remonte aux temps médiévaux, à l'Ancien régime, aux thèses contre-révolutionnaires et fascisantes. L'enquête menée auprès d'éléments du "peuple", révèle au contraire que ceux-ci peuvent se révéler circonspects à l'égard du mouvement des "gilets jaunes", clairvoyance politique qui contraste avec les jugements portés par ses suiveurs fervents, de tous bords politiques, et qu'on répute plus "éclairés". Il est vrai qu'à ces fractions du peuple, la parole a rarement été donnée.
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Nombre de pages
245
Date de parution
04/06/2019
Poids
320g
Largeur
140mm
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EAN
9782916942681
Titre
N° 82-83 Le processus de déconstitution de la cite politique et le phénomène "Gilets jaunes"
Desbrousses Hélène ; Pelloile Bernard ; Raulet Gér
Résumé : Que signifie aujourd'hui le mot peuple°? Quelles évolutions ont affecté et affectent le sens de la notion dans le vocabulaire ordinaire et celui des spécialistes°? Quels peuvent être les enjeux d'ordre social et politique qui sont cristallisés autour de l'idée même de peuple°? Telles sont les interrogations à l'origine de cet ouvrage. Pour répondre à ces questions, un colloque a été réuni à l'initiative de l'équipe de Philosophie politique contemporaine (CNRS, ENS Lettres et Sciences Humaines). Ses principaux apports sont ici regroupés. Divers points de vue, approches, références disciplinaires sont confrontés, cherchant à couvrir le spectre des variations touchant aux contours du concept de peuple et aux diverses figures qui ont pu lui être assignées. Une partie des contributions éclaire les principes qui ont présidé à la formation historique de la notion, en relation avec le mouvement du "peuple" lui-même. Dans la longue durée et le cas français, les usages dominants du mot se situent, pour l'essentiel, dans le champ social et politique. Des acceptations relativement récentes, souvent plus savantes que populaires, tendent en revanche à inscrire la notion dans le registre de "l'ethnicité" ou d'un bio-communautaire hors de l'histoire. Dès lors, le sens du mot peuple, en tant que support ou sujet privilégié de la chose publique, donnant sens aux notions de souveraineté et de démocratie, se trouverait refoulé. Et, avec le mot, peut-être aussi la chose.
Résumé : L"Histoire de dix ans" (1830-1840) est un livre majeur de Louis BLANC. Poursuivant un thème qui leur tient à coeur - l'histoire sociale du mouvement ouvrier et ses racines -, les Editions INCLINAISON publie ici le long passage que l'auteur consacre à la Révolte des Canuts de Lyon. Ce passage est peu connu, voire même totalement ignoré. Historien, Louis BLANC conduit avec méthode la chronologie des faits (1831 et 1834). Mais il faut souligner aussi la pertinence de son analyse et la qualité narrative de son propos. Un chapitre sur la Révolution de 1848 à Lyon complète utilement le texte de Louis Blanc (sans oublier, une chronologie, un témoignage et une bibliographie). Ce livre propose ainsi un éclairage nouveau sur ces moments essentiels de l'histoire sociale de notre pays.
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Ce livre montre en quoi cette Révolution de 1848 ne concerne pas que Paris mais l'ensemble du pays. Sont mis en lumière le rôle des organisations politiques, le rôle des différentes classes sociales. On assiste alors à l'émergence de la classe ouvrière dans ce département pourtant à dominante rurale. Ce livre intéressera aussi le lecteur n'habitant pas les Deux-Sèvres.
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