La théorie - Bien que souvent associée à d'autres notions (telles que l'expérience, la pratique, etc.), la théorie vaut d'abord en tant que concept en soi. Or, de la theôria grecque à la démarche théorique de la science moderne, la théorie est un discours toujours plus présent, et toujours plus fécond, survivant à toutes les antinomies. Si la contemplation antique se donnait comme un accès immédiat à la vérité et à l'être, la théorie des temps modernes est devenue un instrument changeant, parfois simplement descriptif des phénomènes. Un renversement s'est opéré depuis les Grecs et c'est ce renversement qui est interrogé ici. Peut-on comprendre la théorie comme un rapport abstrait et distant aux phénomènes, ou conserve-t-elle, dans sa visée, la perspective de vérité que Platon lui assignait dans la République ou le Phédon ? Est-elle un discours parmi d'autres, - un système de représentations destiné à donner de la cohérence à la pensée, - ou recherche-t-elle toujours, par-delà la pensée, l'unité de l'être ?
La réception de la philosophie rousseauiste est rendue difficile par le retentissement de l'oeuvre et les passions suscitées par son auteur, lesquelles, en lui prêtant des thèses caricaturales et contradictoires, en déforment les enseignements. Ce livre se propose d'en reconstituer l'architecture en analysant dix notions cardinales, afin de permettre au lecteur soucieux d'aborder les textes de Rousseau de saisir leur unité et leur intention.
La réception de la philosophie rousseauiste est rendue difficile par le retentissement de l'oeuvre et les passions suscitées par son auteur, lesquelles, en lui prêtant des thèses caricaturales et contradictoires, en déforment les enseignements. Ce livre se propose d'en reconstituer l'architecture en analysant dix notions cardinales, afin de permettre au lecteur soucieux d'aborder les textes de Rousseau de saisir leur unité et leur intention.
Dans une région montagneuse et tourmentée de l'Afrique Occidentale, où le problème de la subsistance se pose de façon aiguë, une population a frappé depuis longtemps les observateurs par la hardiesse de son architecture, la qualité de son artisanat, la vitalité de ses rites et la beauté de ses manifestations culturelles. Depuis les travaux classiques de Marcel Griaule, les Dogon sont un des hauts lieux de la littérature ethnographique. Geneviève Calame-Griaule, sa fille, en renouvelle l'étude. Civilisation du verbe : le mythe même de la création y atteste le rôle primordial de la parole. Les ancêtres des hommes, êtres proches du poisson, descendus sur la terre avec "l'Arche du monde", reçoivent le miracle de la parole de Nommo, leur compagnon, lui-même fils de l'oeuf fécondé par la "parole" d'Amma. Dans ce monde créé, tout "parle". L'homme cherche son reflet dans tous les miroirs d'un univers à son image, dont chaque brin d'herbe, chaque moucheron, est porteur d'une "parole", d'un symbole. Si la réalité est ainsi comme un livre dont il faut, pour un esprit dogon, interpréter les signes et décoder le message, il est clair que ces "archives de la parole du monde" se sont constituées, au cours des siècles, selon des habitudes et des lois qui dominent la mentalité dogon. D'où une théorie et une mythologie de la parole ; d'où l'inventaire de ses rôles dans la vie amoureuse et religieuse comme dans la solution des conflits sociaux ; d'où sa place enfin parmi les autres moyens d'expression que sont la plastique et la musique. C'est toute la conscience qu'une collectivité a d'elle-même et du monde qui nous est ainsi restituée. Vaste inventaire. Patient déchiffrement. Mais cette analyse exemplaire que fait Geneviève Calame-Griaule des rapports entre le langage et une société particulière revêt alors un sens universel." (Présentation de la première édition, Paris, Gallimard, 1965) Geneviève Calame-Griaule.