Introduction à la Politica methodice digesta de Johannes Althusius. Extraits traduits et commentés
Demelemestre Gaëlle
CERF
15,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782204097833
Le texte dont nous traduisons et commentons ici des passages choisis est inédit en français, et n'est traduit que partiellement en anglais. Ce n'est pas un hasard : la théorie qu'Althusius y développe, au début du XVIIe siècle, est à l'opposé de la centralisation des pouvoirs caractérisant l'institution étatique française. Considérant la théorie bodinienne de la souveraineté, qui cristallise entre les mains du souverain la compétence absolue, perpétuelle et indivisible de commander, Althusius soutient que sa conséquence inéluctable est de priver la société de son dynamisme en la rendant intrinsèquement dépendante du pouvoir. Il entreprend alors d'en inverser la logique en conférant les droits de souveraineté au peuple organisé. Partageant la souveraineté entre l'ensemble des multiples associations sociopolitiques créées par les hommes pour subvenir à leurs besoins, Althusius fonde une théorie politique qui donne à la société la puissance nécessaire à son auto-organisation. À l'heure où la République représentative connaît un déclin de légitimité, l'accès à ce texte permet de présenter une pensée politique atypique, dont l'une des vertus est de décentrer la plupart des concepts modernes en mettant à distance nos certitudes sédimentées.--In this book, we have translated and commented selected passages from a text that has never been published in French, and only partly translated into English. This is no accident: the theory that Althusius develops here, at the beginning of the 17th century, is totally alien to the centralisation of powers so characteristic of French State institutions. Considering the Bodinian theory of sovereignty, which places the absolute competence to command - perpetual and indivisible - in the hands of the sovereign, Althusius argues that unavoidably, this system would deprive society of its dynamism by making it intrinsically dependant on the power. He then inverses that logic, conferring rights of sovereignty on an organised people. By attributing sovereignty to an ensemble of many socio-political associations, created by men to fill their needs, Althusius founds a political theory that gives society the power it needs for self-organisation. At a time when the representative Republic is losing its legitimacy, this text provides an atypical political notion one of whose virtues is to decenter most modern concepts by distancing our eroded certitudes.
Vitoria Francisco de ; Demelemestre Gaëlle ; Krieg
Présentation de l'éditeur Le dominicain espagnol Francisco de Vitoria (1486-1546) fut le précurseur du droit international et l'ardent défenseur des populations amérindiennes face aux conquérants espagnols. Gaëlle Demelemestre donne une traduction inédite du cours qu'il a prononcé pendant l'année 1533-1534, consacré à un commentaire du De Lege, ou Traité des Lois, contenu dans la Somme théologique de Thomas d'Aquin. Face à une représentation exclusivement volontariste de la loi, Vitoria tente une interprétation moderne de la pensée thomasienne et une méditation de ce qu'elle apporte pour affronter les nouveaux problèmes émergeant au début du XVIe siècle. On trouvera les termes d'une dispute sans concession avec les autres tendances intellectuelles de l'époque, en particulier certains courants radicaux de la pensée nominaliste, et avec Luther.
Qu'est-ce qu'une révolution ? Après les révolutions arabes, Hamit Bozarslan et Gaëlle Demelemestre réinscrivent enfin cette question dans toute sa profondeur historique, philosophique, sociologique. La société démocratique est née, au xviiie siècle, de deux révolutions fondamentales : celle du peuple américain secouant le joug de la puissance coloniale britannique, et celle du peuple français renversant une monarchie millénaire. Ce même mouvement de désaveu des systèmes politiques en place a traversé deux siècles, et la même dynamique vient d'animer, de la Tunisie à l'Égypte, les peuples de Méditerranée orientale en quête de leur autonomie politique. Un bouleversement de ces sociétés a été initié, et est loin d'être achevé. Qu'est-ce qu'une révolution ? Autrement dit, comment son irruption dans le temps court devient-elle histoire ? Comment l'ordre nouveau qu'elle crée s'installe-t-il ... Les situations prérévolutionnaires et les trajectoires postrévolutionnaires, ce que les révolutions font aux sociétés et le sort que ces sociétés réservent à leurs révolutions : tels sont les objets de ce maître-ouvrage, savant et lumineux, qui dépeint avec vigueur hier pour mieux comprendre, de façon critique, aujourd'hui.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...
Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".
Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.