Cédric Demangeot a la révolte chevillée au corps, sa rage est ce qui fait vibrer la corde du poème. Elle ne naît pourtant pas d'une impuissance dans la lutte, mais bien d'une rébellion contre quelque chose qui serait la réunion de forces destructrices liguées contre la vie. L'enjeu est alors la survie, de faire survivre le vivant en nous contre les vents et les marées qui l'accablent. Mais c'est moins d'un salut qu'il est question que d'un sursaut, un sursaut du vivant dans l'espace du poème, d'où le caractère heurté de son écriture. Quinze ans ont été nécessaires à l'écriture de ces poèmes, sans cesse remaniés, se révoltant contre eux-mêmes. Quinze ans pour aboutir à ce volume qui constitue à ce jour l??uvre majeure de ce jeune poète.
Nombre de pages
176
Date de parution
10/04/2014
Poids
350g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782851948946
Titre
Autrement contredit
Auteur
Demangeot Cédric
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
145
Poids
350
Date de parution
20140410
Nombre de pages
176,00 €
Disponibilité
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Et ce geste en pure perte de rage et cruelle compassion dont je risque avec toi l'échec ce geste d'agiter un lambeau d'être en remuant l'argile illumine les matières impensées que la danse a déposées dans les os.
Le vers est une maladie. Un dysfonctionnement du corps - qui ne peut pas ne pas intervenir dans la production de sens - intervenir par interruption. Le vers est ce qui se produit à chaque fois que le corps entrave le trajet de la langue - à chaque fois que la langue trébuche sur le corps - et le poème est le son de la chute ensemble de ces deux morceaux que l'Histoire a séparés.
Un Enfer prolonge et amplifie ce premier ensemble et traverse une décennie parallèle. On y retrouve cette vision noire, inquiète, qui caractérise l'écriture de Cédric Demangeot : portraits gravés au couteau, complaintes au vitriol témoignant à la fois de son jugement sans concession sur le monde mais aussi d'une faille originelle, ou d'une blessure plus secrète. S'impose, sans concession, cette poésie violente, crue parfois, mais toujours hantée dans sa quête expressionniste par l'effroi d'un monde dont le regard ne se détourne pas.
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !