Si l'un de nous disparaissait, l'autre aurait assez de souvenirs pour meubler les années jusqu'à sa mort." Qui, de toi, de moi, s'exprime ainsi? Puisque dire de soi n'est, après tout, que dire qui est au coeur de soi. "... Puis, quand l'un sera mort, - car la vie était trop belle, - que l'autre garde précieusement sa mémoire pour lui faire un rempart contre les bassesses, un recours contre les défaillances, ou plutôt comme un oratoire domestique où il ira murmurer ses chagrins et détendre son coeur... Est-ce ainsi? que dois-je faire? réponds-moi! - Et si ce souvenir est l'éternel aliment de son désespoir, ce sera, du moins, une compagnie dans sa solitude" (Flaubert, préface aux Dernières chansons de Louis Bouilhet). Qui, de toi, de moi, prononce aujourd'hui ces paroles? Comme des fruits cueillis à la fin de l'été, disposés sur des planches, mis à mûrir jusqu'au printemps suivant, ainsi des souvenirs habitent la mémoire pour éclairer encore le temps qu'il nous reste à vivre. Mais, d'un été à l'autre, il y a la blancheur de la neige.
Date de parution
19/11/1992
Poids
144g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782080644084
Titre
LES DERNIERS OUTRAGES
Auteur
DELVAILLE BERNARD
Editeur
FLAMMARION
Largeur
140
Poids
144
Date de parution
19921119
Nombre de pages
0,00 €
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Un jeune Français de trente ans s'est volontairement exilé à l'Université de Greenlake, dans le Sud des Etats-Unis, pour fuir son passé. Il se comporte en voyeur curieux, se replie dans la solitude. Sa féroce description de la vie provinciale universitaire américaine forme un violent contraste avec l'univers des bas-fonds de New York où le héros, en proie à de secrètes et cruelles passions dérobées, se laisse prendre au vertige de sa propre chute.
Longtemps, Londres fut la capitale du monde. Rein ne permet de penser qu'elle ne l'est plus. Malgré les vicissitudes qu'elle a connues, du Grand Incendie au Blitz, elle n'a jamais fléchi et a su conserver sa fierté. De Samuel Pepys à Pierre-Jean Rémy, de Thomas de Quincey à Paul Morand et de Charles Dickens à Julien Gracq, tous ceux qui ont écrit sur elle l'ont fait avec amour. Londres était la plus cosmopolite des villes ; elle est désormais la plus jeune. Le lecteur, au fil de ces pages, pourra s'en convaincre.
J'aurais pu donner pour titre à ce premier volume " Les années d'apprentissage " ou " Un jeune homme d'autrefois ", tant il me paraît, aujourd'hui, qu'il est désormais impossible de vivre comme nous le fîmes. C'était un temps où l'on voyageait sans réserver sa place : il suffisait de soudoyer le conducteur du wagon-lit pour qu'il vous laissât seul dans le compartiment. Un temps où l'on coupait les pages des livres, frénétiquement, où il fallait deux années avant d'obtenir une ligne de téléphone, où l'on fumait dans les cinémas, où les médecins envoyaient leur note d'honoraires en fin d'année, où des orchestres tziganes jouaient dans les brasseries des Grands Boulevards, où les rencontres étaient faciles dans un Paris qui ne se souciait de personne. Bref, un temps heureux où on n'avait inventé ni la musique baroque ni les embarras de la circulation : on prenait l'autobus en marche, et on en descendait de même, au gré du plaisir. Loin de moi de penser que les années de jeunesse sont les plus belles : elles ont le charme du fugitif, de l'irremplaçable.
La quarantaine : le bel âge. Finis les états d'âme juvéniles, les enthousiasmes incontrôlés et les lectures en désordre. Ce n'est pas pour autant le temps de la sagesse, plutôt celui de la plénitude, physique et intellectuelle. Néanmoins, c'est encore et toujours l'époque des voyages : de New York à la mer Noire, du Cap Nord à Lisbonne, et Rome enfin ! Ce deuxième volume porte témoignage sur une époque disparue, où le plaisir et le bonheur avaient un sens, où les préoccupations esthétiques étaient les seules. A qui s'étonnerait, je répondrai : " C'était ainsi. "