1848 signe bien sûr le "printemps des peuples", soit une révolution très largement européenne, nationalitaire et démocratique. La courte séquence ouverte par 1848 dessine probablement la plus européenne des révolutions ; des soulèvements agitent en quelques mois une bonne partie de l'Europe occidentale, centrale et méditerranéenne. Et s'il manquait, dans ce récit dominant, certaines pièces du puzzle ? Cet ouvrage propose de déplacer le regard, en prenant au sérieux la dimension globale, atlantique, impériale et coloniale des révolutions de 1848. En croisant les approches et les échelles d'analyse, il vise à exhumer la pluralité des "mondes de 1848" et des expériences vécues au coeur ou à l'écart de ces révolutions. Saisir 1848 depuis la Californie, l'Algérie, le Mexique ou Ceylan modifie les manières de comprendre ce moment révolutionnaire, en abandonnant toute approche diffusionniste depuis un "centre" européen. Au fil des pages se côtoient des révolutionnaires traversant l'Atlantique, des exilés et des utopistes en quête de nouvelles "colonies agricoles", des féministes réunies à Seneca Falls (Etats-Unis), et des esclaves aspirant à l'émancipation après la deuxième abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Ce livre souligne, s'il en était besoin, les fortes résonances entre ces révolutions de 1848 et notre présent : en échappant à un récit strictement européen de 1848, c'est une histoire à portée plus universelle que dessinent les historiens et les historienne ? , qui laisse sa part à une multiplicité d'acteurs effacés ou oublies.
Nombre de pages
400
Date de parution
09/06/2023
Poids
554g
Largeur
154mm
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EAN
9791026710653
Titre
Les mondes de 1848. Au-delà du Printemps des peuples
Biographie de l'auteur Agrégé, docteur en histoire, maître de conférences en histoire à luniversité Paris XIII-Nord, QuentinDeluermoz sintéresse à lhistoire sociale et culturelle des ordres et des désordres au XIXe siècle, dansles grandes capitales occidentales et coloniales, et lors du « moment communard » en 1871. Il arécemment publié Chroniques du Paris apache (Mercure de France, 2008). Sa thèse, Policiers dans laville. La construction dun ordre public à Paris (1854-1914), paraîtra aux Publications de la Sorbonneen avril 2012.
La période 1848-1871 est marquée par deux nouvelles révolutions, tout à la fois singulières et baignées du souvenir de 1789-1793, dans une Europe en pleine transformation. La Révolution, qui paraissait unique dans l'histoire, semble ne pouvoir cesser de se rejouer. Pourtant, ces réitérations, ces ruptures, ces réarrangements incessants forgent une culture post révolutionnaire plus discrète mais qui, en l'accoutumant au suffrage universel et à la proclamation des libertés civiles modifient le cadre sociopolitique du pays et le feront basculer dans la République parlementaire.
Figure majeure des sciences sociales, Norbert Elias (1897-1990) a expliqué la rationalisation progressive des comportements par la conjugaison de la civilisation des moeurs et du développement de l'Etat à partir du XVIe siècle. Dépassant l'opposition traditionnelle entre individu et société, ses "maîtres livres", en particulier La société de cour et La dynamique de l'Occident, ont bouleversé l'histoire des idées. Cet ouvrage comble un vide en soulignant la modernité de sa pensée et en discutant sa pertinence pour comprendre les dérives du XXe siècle.
Quentin Deluermoz Maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris 13-Nord, membre du laboratoire Pleiade, il a publié chez Points Le Crépuscule des révolutions (1848-1871) (2014)et, avec Pierre Singaravélou, Pour une histoire des possibles (2019).
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...