Deluermoz Quentin ; Dodman Thomas W. ; Kunth Anouc
ANAMOSA
23,00 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782381910604
Le partage du sensible suppose aussi un partage de l'insensible, une insensibilité dont la définition et la valorisation varient selon les moments, les individus et les sociétés. De fait, observer le social au prisme de l'insensibilité s'avère ainsi d'une stimulante et déconcertante fécondité, en temps de grande anesthésie générale. Après 10 numéros et comme pour explorer les frontières d'un concept, la revue " sensibilités " s'intéresse ici aux insensibilités. Si la revue aborde habituellement la balance des sens, l'arc des émotions et des sentiments, les jeux de la douleur et du désir ou les systèmes d'appréhension du temps et de l'espace, elle se penche cette fois sur l'absence de sensation, l'atonie, l'apathie, l'indifférence, les flat affects ou la recherche d'une froide rationalité. Et ce monde du manque se révèle, étonnamment, un monde en plein. Aussi verra-t-on dans ce numéro la manière dont l'ascèse religieuse valorise le détachement des sens, dont l'exercice de certaines professions (comme celle de bourreau ou de pompier) imposent un lent désapprentissage de l'empathie, celle dont l'avènement de la Raison en Occident a marginalisé le sensible ou encore la manière dont les crimes de masse supposent une déshumanisation de l'ennemi. La montée de l'indifférence dans des sociétés qui paraissaient pourtant avoir développé une singulière faculté à s'émouvoir à distance n'est évidemment pas occultée : qu'on songe aux solitudes accrues des âgés, au sort des SDF ou aux maux endurés ces dernières années par les migrants en Méditerranée, tout se passant comme si, à la sidération émue des premiers temps, succédait presque chaque fois un désintérêt croissant face à la banalisation de ces images de souffrance humaine.
Nombre de pages
160
Date de parution
26/01/2023
Poids
426g
Largeur
213mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782381910604
Titre
Sensibilités N° 11 : Insensibilités
Auteur
Deluermoz Quentin ; Dodman Thomas W. ; Kunth Anouc
Editeur
ANAMOSA
Largeur
213
Poids
426
Date de parution
20230126
Nombre de pages
160,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Biographie de l'auteur Agrégé, docteur en histoire, maître de conférences en histoire à luniversité Paris XIII-Nord, QuentinDeluermoz sintéresse à lhistoire sociale et culturelle des ordres et des désordres au XIXe siècle, dansles grandes capitales occidentales et coloniales, et lors du « moment communard » en 1871. Il arécemment publié Chroniques du Paris apache (Mercure de France, 2008). Sa thèse, Policiers dans laville. La construction dun ordre public à Paris (1854-1914), paraîtra aux Publications de la Sorbonneen avril 2012.
Résumé : La période 1848-1871 est marquée par deux nouvelles révolutions, tout à la fois singulières et baignées du souvenir de 1789-1793, dans une Europe en pleine transformation. La Révolution, qui paraissait unique dans l'histoire, semble ne pouvoir cesser de se rejouer. Pourtant, ces réitérations, ces ruptures, ces réarrangements incessants forgent une culture post révolutionnaire plus discrète mais qui, en l'accoutumant au suffrage universel et à la proclamation des libertés civiles modifient le cadre sociopolitique du pays et le feront basculer dans la République parlementaire.
Résumé : Figure majeure des sciences sociales, Norbert Elias (1897-1990) a expliqué la rationalisation progressive des comportements par la conjugaison de la civilisation des moeurs et du développement de l'Etat à partir du XVIe siècle. Dépassant l'opposition traditionnelle entre individu et société, ses "maîtres livres", en particulier La société de cour et La dynamique de l'Occident, ont bouleversé l'histoire des idées. Cet ouvrage comble un vide en soulignant la modernité de sa pensée et en discutant sa pertinence pour comprendre les dérives du XXe siècle.
Résumé : Quentin Deluermoz Maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris 13-Nord, membre du laboratoire Pleiade, il a publié chez Points Le Crépuscule des révolutions (1848-1871) (2014)et, avec Pierre Singaravélou, Pour une histoire des possibles (2019).
Partant de cette sentence éternelle lors de débats sur l’immigration, les auteurs dissèquent les mots et les informations pour redonner des données chiffrées et des faits sur la question et sortir ainsi des contre-vérités qu'ils condamnent. Ce court essai permet de répondre aux arguments fallacieux et préjugés masquant des réalités tragiques. Il est essentiel de le glisser entre toutes les mains.
Résumé : "On ne peut plus rien dire..." La complainte de celles et ceux qui dénoncent la "censure", à l'instar d'un Donald Trump, s'étire à longueur de plateaux télévisés. Toute contradiction est dénoncée comme une agression, la lutte contre le racisme est présentée comme une marque d'intolérance "woke". Par un incroyable retournement, tout effort de protéger le débat démocratique est aujourd'hui brocardé comme une atteinte à "liberté d'expression". Pourtant, la haine et le mensonge nuisent gravement à la délibération démocratique : les restrictions de l'expression publique, loin d'être en contradiction avec la liberté d'expression, lui sont consubstantielles. Le juriste Thomas Hochmann révèle la manière dont la réaction a accaparé la liberté d'expression pour mieux imposer ses manières de dire. Mais il montre également comment se réapproprier cette liberté fondamentale, après avoir rappelé et défendu, exemples à l'appui, les lois qui interdisent les discours de haine et les campagnes de désinformation. Leur mise en oeuvre constitue désormais une de nos dernières chances de repousser l'extrême droite.
Le Gall Laurent ; Lagadec Philippe ; Durand Sébast
Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'Etat-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, Etats-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.
Après Journalisme notamment, Le mot est faible s'empare d'une autre pratique : Edition. Un mot plastique, qui évoque une technique, mais aussi un monde, celui du livre, avec ses pratiques, ses usages et ses acteurs. Un mot/monde et ses maux, en particulier la surproduction et le conformisme, dans lequel il reste possible d'aménager une certaine liberté et d'opérer des choix. Surproduction, concentration éditoriale, crise de la lecture... Autant de sujets que l'on voit désormais régulièrement traités, de manière plus ou moins juste, dans certains médias au moment des rentrées littéraires ou des grands festivals du livre. Le livre fascine en France, encore et toujours (les ouvrages de personnalités politiques, qu'ils suscitent des ventes ou pas, montrent d'ailleurs que l'objet livre continue de représenter un enjeu, de vernis de noblesse a minima), mais " son monde ", l'édition, reste sans doute encore mystérieuse dans ce qu'elle recouvre pour nombre de nos concitoyennes. Dans cet ouvrage confié à Frantz Olivié, éditeur lui-même, il s'agit dès lors de confronter cette puissance de fascination du livre au réel, au trivial d'une activité sans doute pas comme les autres du fait de la nature de l'objet qu'elle s'emploie à façonner. L'édition est entendue ici comme un ensemble de pratiques qui consistent à faire advenir un livre et à le vendre, en identifiant aussi les tendances à l'oeuvre aujourd'hui, en particulier la surproduction et le conformisme, symboles/symptômes d'une mécanique productiviste qui s'emballe. Entrant de manière critique dans le plus concret des pratiques et des différents maillons de la chaîne du livre (édition, diffusion, librairie), Frantz Olivié livre aussi de belles pages sur ce qui le meut encore : persister, dans cette atmosphère saturée et malgré les écrans, à vouloir et aimer faire des livres.