En bouleversant profondément l'équilibre social, la Première Guerre mondiale engendre une modification du rôle imparti aux femmes: la revendication égalitaire, le refus des contraintes et le désir d'émancipation vont se traduire dans leur façon de se vêtir. La nouvelle femme des années vingt abandonne les cheveux longs, raccourcit ses jupes, taillées désormais dans des tissus souples. Plus que jamais les artistes participent à la mode, qui se révèle attentive aux avancées du cubisme comme aux découvertes de divers folklores.Mais la crise économique met fin à l'euphorie de l'après-guerre et le costume prend dans les années trente une certaine gravité classique. La garçonne laisse la place à une femme plus naturelle, qui retrouve sa taille et ses formes, tandis que les hommes adoptent une silhouette eux aussi plus sportive, préfigurant l'évolution de la mode après la Seconde Guerre mondiale.
Nombre de pages
79
Date de parution
01/11/1998
Poids
195g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782080112354
Titre
LE COSTUME. De 1914 aux années folles
Auteur
Delpierre Madeleine
Editeur
FLAMMARION
Largeur
155
Poids
195
Date de parution
19981101
Nombre de pages
79,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Avec les robes longues et larges des années cinquante, la femme prend sa revanche sur les frustrations de la guerre en affirmant sa féminité. S'ajoutant aux plus anciennes, une floraison de jeunes maisons de couture apparaissent pour répondre à ces besoins, comme Dior, Carven ou Balmain. Mais c'est à partir des années soixante que se dessinent les tendances essentielles du costume contemporain: décontraction, liberté dans le choix des vêtements, apparition d'une mode spécifique pour les jeunes, fin du règne exclusif de la haute couture qui doit partager son rôle avec les jeunes créateurs et le prêt-à-porter. C'est aussi l'époque de la généralisation des fibres synthétiques, faciles d'entretien, et de l'apparition du jean, qu'adoptent jeunes et moins jeunes de toutes origines. Simplification et démocratisation ont ainsi conduit à une certaine uniformisation du costume. Héritière d'un passé prestigieux, la haute couture est aujourd'hui un art de luxe expérimental plutôt qu'un modèle a initier dans la vie quotidienne.
En s'inscrivant à la fois dans l'histoire de l'art et celle des mentalités, dans l'histoire des techniques et celle de l'art décoratif, le costume occupe à travers les siècles une place singulière. Ce statut particulier en fait précisément la richesse. L'étudier, c'est à la fois rendre compte des mutations sociales, des codes culturels et des échanges commerciaux, mais aussi proposer une approche de l'histoire des sensibilités. Car la recherche du beau, du goût et du plaisir ont évolué, comme s'est modifiée l'image du corps, tour à tour contraint et rendu à la liberté. Cet ouvrage présente, aussi clairernent qu'un guide, les transformations qui ont affecté le vêtement en France, depuis l'adoption du costume drapé emprunté à l'Antiquité et le passage au costume coupé avec l'arrivée des Barbares. Ont suivi, au fil des siècles et des modes, les influences italienne, espagnole ou anglaise, sans que jamais soit perdue la spécificité française. Cette identité, nourrie d'emprunts variés, a généré en effet un "costume français" qui connut son apogée au XVIIIe siècle: il a été, dès lors, le dispensateur d'une mode dont le rayonnement international perdure aujourd'hui. Tissus, coupes, accessoires du costume sont étudiés ici dans leur détail, accompagnés d'une abondante illustration et de patrons qui permettent d'en aborder la composante technique.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.