Alternatives Sud Volume 26-2019/3 : Les nouveaux territoires de l'agrobusiness. Points de vue du sud
Delcourt Laurent
SYLLEPSE
13,00 €
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EAN :9782849507711
Une nouvelle et terrible «révolution verte» gagne le monde, l'agrobusiness. Dopée par une demande alimentaire croissante, elle gagne du terrain au Sud et dévaste tout sur son passage. Son modèle commercial et productiviste colonise de nouveaux territoires, du bassin amazonien aux confins de la Papouasie-Occidentale en passant par le continent africain, l'«ultime frontière». Avec l'appui de gouvernements, d'institutions internationales, d'agences de coopération et d'une poignée de fondations philanthropiques, ce nouveau mode de production et de commercialisation agricole s'impose peu à peu sur la planète. Pointées du doigt pour leur responsabilité dans la crise alimentaire de 2008 et dans le mouvement d'accaparement des terres qui a suivi, les grandes firmes de ce secteur ont renouvelé leur discours et remodelé leurs stratégies. Comble! Elles se veulent désormais actrices «incontournables» de la lutte contre la faim. Épousant le langage onusien de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, elles se positionnent comme les garantes d'une transition durable et inclusive, axée sur la modernisation des agricultures familiales. Séduits par leurs promesses financières et techno- logiques, les pays en développement leur déroulent le tapis rouge et scellent avec elles des alliances décisives. Tandis que les organisations paysannes dénoncent l'imposture, les recettes proposées, prétendument «gagnant-gagnant» risquent d'aggraver le morcellement des communautés rurales, d'accentuer la dépendance des petits producteurs et d'accélérer le processus de privatisation des ressources au profit des acteurs dominants. Fort de la contribution de plusieurs spécialistes de différents pays du Sud, l'ouvrage offre toutes les données factuelles et éclaircit les enjeux actuels et futurs de cette folie agricole et écologique.
Nombre de pages
161
Date de parution
03/10/2019
Poids
208g
Largeur
135mm
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EAN
9782849507711
Titre
LES NOUVEAUX TERRITOIRES DE L'AGROBUSINESS - POINTS DE VUE DU SUD
Auteur
Delcourt Laurent
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
135
Poids
208
Date de parution
20191003
Nombre de pages
161,00 €
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Au-delà du célèbre carnaval de Rio et de sa légendaire équipe de football, que savons-nous du Brésil? À travers ce livre, nous découvrons la diversité et la richesse de ce pays gigantesque l'Amazonie, la ville de São Paulo, les disparités entre les différentes régions du pays, notamment au niveau agricole, et la culture métisse qui fonde l'identité de la civilisation brésilienne. Laurent Delcourt, spécialiste de l'Amérique latine, aborde aussi l'histoire politique du Brésil, des premières révoltes des paysans à la présidence de Lula.
En juillet dernier, les Nations unies ont tenu la première réunion du Groupe de travail intergouvernemental sur les droits des paysans afin de promouvoir les droits des paysans au motif de leur longue histoire de discrimination et de violations de leurs droits fondamentaux. En Asie, Afrique et Amérique latine, les mouvements paysans mènent des dynamiques soutenues de contestation. Plus sourdes, moins médiatisées, ces « résistances » aux formes et aux revendications renouvelées, se sont multipliées au cours des deux dernières décennies. En cause, les stratégies de « modernisation conservatrice » des campagnes et l'adaptation mimétique des politiques agricoles aux exigences de l'économie mondialisée, qui érodent en profondeur la condition paysanne. Luttes des plus pauvres parmi les pauvres, des paysans sans terre, des communautés indigènes marginalisées, des travailleurs agricoles en situation précaire... elles dénoncent les menaces qui pèsent sur le devenir des systèmes alimentaires et des équilibres environnementaux : montée en puissance de l'agrobusiness, accaparement des terres, expansion des monocultures d'exportation au détriment des cultures vivrières, pressions sur les ressources naturelles, etc. Sur le terrain, ce paysage contestataire demeure toutefois très fragmenté et contrasté. L'intensité et la portée des mobilisations dépendent des contextes sociopolitiques, des capacités organisationnelles et de l'articulation entre acteurs, lesquels entretiennent parfois des rapports concurrentiels, voire de franches rivalités. En fédérant les secteurs populaires ruraux autour de l'idée mobilisatrice de « souveraineté alimentaire », le mouvement international Via Campesina entend surmonter ces limites et contrer l'avancée d'un modèle de développement agricole socialement excluant et écologiquement destructeur.
Plus d'une décennie après la dernière crise alimentaire, la pandémie de Covid-19 a de nouveau mis en lumière les dysfonctionnements et l'extrême vulnérabilité du système agro-industriel mondialisé. En dépit des engagements de la communauté internationale à éradiquer la faim dans le monde, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire augmente, les disparités se creusent et la crise écologique s'aggrave, à mesure que le modèle d'agriculture commerciale et productiviste se généralise. Face à ce constat d'échec, un consensus se fait jour sur la nécessité et l'urgence d'une révision en profondeur des systèmes alimentaires. Mais l'orientation d'une telle transformation fait débat. Reprenant à leur compte la rhétorique du changement, les grandes firmes agro-industrielles entendent garder le contrôle. Fortes du soutien des puissances agro-exportatrices, elles comptent imposer leur modèle de "? révolution verte ? " , c'est-à-dire leur approche techno-productiviste rebaptisée "durable" , comme seule réponse possible au triple défi de la faim, du changement climatique et de la croissance démographique. Les mouvements paysans et leurs alliés dénoncent cette mainmise. Contre les nouvelles logiques d'accumulation à l'oeuvre, ils en appellent une démocratisation de la gouvernance internationale et à un changement radical de paradigme : la transition vers un modèle de souveraineté alimentaire qui s'appuie sur des modes de production agroécologiques et fasse du droit à l'alimentation une réalité.
Coalition hétérogène de puissances émergentes, les Brics+ s'affirment sur la scène mondiale, bousculent les équilibres géopolitiques et mettent en question les hiérarchies du système postcolonial dominé par l'Occident. oeuvrant à la construction d'un monde multipolaire, plus en phase avec leur poids économique et démographique, ils cristallisent les aspirations du «Sud global» à s'affranchir d'un ordre international injuste, incapable de répondre à ses besoins de développement et aux grands défis de l'humanité. La montée en puissance des Brics+ est-elle pour autant synonyme d'alternative anti-impérialiste, voire anticapitaliste, pour ces majorités marginalisées, comme d'aucuns s'en félicitent?... Préfigure-t-elle l'émergence de relations plus équilibrées et de nouvelles formes de solidarité entre pays en développement... Ou traduit-elle d'abord la volonté de ses membres de rebattre les cartes en leur faveur, sans changer fondamentalement les règles du jeu... En dépit de leur rhétorique progressiste, ne tendent-ils pas à reproduire, dans leur sphère d'influence respective, les logiques de domination et d'exploitation qui caractérisent les rapports Nord-Sud, sur fond de rivalités interimpérialistes... Au-delà d'une idéalisation ou d'une diabolisation a priori, des voix s'élèvent pour pointer ces contradictions, ces limites et ces risques. Si elles saluent l'avènement d'un monde moins asymétrique et plus inclusif, elles n'en dénoncent pas moins les pratiques prédatrices et antidémocratiques de ces forces montantes.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.