L'oeuvre d'Alain Boureau, multiple et dense, se déploie sur les quarante dernières années en abordant de nombreux domaines de l'histoire du Moyen Age et du christianisme latin. Elle suit les pérégrinations personnelles et professionnelles d'un chercheur à travers un monde peuplé de silhouettes incertaines : figures de l'hagiographie, faux-semblants de l'Etat moderne, anges, démons, cadavres et somnambules, vagues individus scolastiques qui eux-mêmes parlent de créatures étranges. Autant de fantômes d'un passé persistant qu'il a suivis avec ténacité tout au long de sa carrière, et qui nous embarquent à leur tour à travers l'histoire. Ce volume entend garder la trace vivante des deux journées qui furent organisées à Paris en mai 2015 autour de l'oeuvre d'Alain Boureau. Ce Liber amicorum d'un genre un peu particulier, production scolastique en quelque sorte, donne à voir les membres d'un studium, ce qu'était le séminaire d'Alain Boureau : les amis, les collègues, les proches, celles et ceux qui l'ont accompagné au cours de ses années passées à l'EHESS. Les textes rassemblés rendent compte de trajectoires et de réalisations, ils en montrent les apports scientifiques et les enjeux intellectuels. Ils racontent, aussi. Ainsi se manifeste la richesse d'une oeuvre singulière, construite aux croisements de différentes pratiques des sciences sociales dans une démarche souvent collective, toujours originale et novatrice.
Nombre de pages
240
Date de parution
05/05/2017
Poids
335g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782251447032
Titre
L'historien et ses fantômes
Auteur
Delaurenti Béatrice ; Dufal Blaise ; Nagy Piroska
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
150
Poids
335
Date de parution
20170505
Nombre de pages
240,00 €
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Une laitière de Carcassonne écrit à son mari et à son frère, tous les jours, sans relâche, pendant la première année de la Grande Guerre. Que trouve-t-on encore à dire lorsque l'on écrit deux fois par jour à la même personne ? La correspondance de Marinette livre un point de vue de femme en période de guerre. Elle forme une collection exceptionnelle de 253 cartes postales de guerre, aux illustrations tantôt politiques, tantôt romantiques. C'est un parcours dans cette correspondance, ici intégralement publiée, que propose Béatrice Delaurenti.
Les mots ont-ils un pouvoir ? La question était en débat dans l'Europe médiévale. On s'est interrogé sur l'origine divine, démoniaque ou peut-être naturelle de la virtus verborum, la puissance des mots, et en particulier sur le pouvoir des incantations. L'incantation pouvait-elle avoir une cause naturelle et, dans ce cas, était-elle une pratique licite ? Des théologiens, des philosophes, des médecins de renom ont soutenu l'idée d'une efficacité non démoniaque de la parole humaine, une efficacité naturelle. On trouve ainsi, dans les textes doctrinaux de l'époque scolastique, une ample matière pour reconstituer la naissance et l'histoire d'une interprétation des incantations que l'on pourrait dire naturaliste. La notion même de virtus verborum trouve une première formulation dans les années 1230-1270 par la voix du franciscain Roger Bacon ; celui-ci contredit l'interprétation théologique de l'incantation qui faisait la part belle aux pouvoirs des démons. De 1280 à 1348, la question du pouvoir des mots prend une tournure plus spécifiquement médicale, elle est portée par les réflexions des médecins Pietro d'Abano et Gentile da Foligno. Après 1350, le théologien et homme de science Nicole Oresme analyse la virtus verborum de façon résolument rationaliste ; il confère à l'interprétation naturaliste des incantations sa forme la plus étendue et la plus aboutie. Mais au début du XVe siècle, le chancelier Jean Gerson déclare son hostilité à l'encontre de la notion d'incantation naturelle et revient à l'interprétation démoniaque : le débat est clos. Les discussions sur la virtus verborum renaîtront plus tard, à l'époque moderne. Les débats médiévaux sur les incantations représentent un moment à part dans l'histoire intellectuelle du Moyen Age. Entre le début du XIIIe siècle et la fin du XIVe siècle, la réflexion sur la virtus verborum aura dessiné une parenthèse naturaliste au sein d'un contexte radicalement autre, celui d'une société préoccupée par les démons et leur possible intervention dans les affaires des hommes.
Un regard peut tuer. Il peut rendre muet, anéantir les récoltes, projeter du sang sur un miroir. Qu'on l'appelle " fascination ", " mauvais oeil ", " Evil Eye ", " Böser Blick ", " malocchio " ou " jettatura ", le pouvoir destructeur du regard est attesté depuis plus d'un millénaire, en divers endroits de la planète, par des croyances, des pratiques et des discours. Au Moyen Age, c'est dans les sources savantes qu'il a laissé le plus de traces. Philosophes, médecins et théologiens se sont interrogés sur les causes du mauvais oeil. Ils réagissaient à la lecture d'un texte traduit en latin au XIIe siècle : dans son De anima, Avicenne affi rme que l'homme peut agir sur d'autres corps par son seul regard, grâce à la force de son âme. Cette proposition polémique a connu une impressionnante postérité, l'idée d'un pouvoir de l'âme en dehors du corps posant toutes sortes de problèmes aux auteurs latins. La réception de cette doctrine d'Avicenne constitue le fi l conducteur d'une enquête dans les débats et les pratiques savantes du Moyen Age. L'ouvrage montre comment, dans les années 1140-1440, des intellectuels se sont saisis de la croyance dans le mauvais oeil pour la transformer en un problème scientifique.
Résumé : Tuer, rendre muet, anéantir les récoltes : tel est le pouvoir qu'on prête au regard. On appelle cela le mauvais oeil. Au Moyen Age, philosophes, médecins et théologiens s'interrogent sur ses causes. Pour eux, ce n'est ni une superstition, ni une merveille de la nature. C'est un problème à résoudre, un défi à relever. Avicenne, dans son Traité sur rame, n'affirme-t-il pas que l'homme est capable d'agir au-delà des limites de son corps par la seule force de son regard ? Cette théorie a connu une impressionnante postérité. Elle a été louée, critiquée, condamnée, modifiée. L'histoire de sa réception constitue le fil conducteur de cette formidable enquête. Parcourant trois siècles de débats, Béatrice Delaurenti montre ainsi comment des intellectuels se sont saisis de cette croyance. Leurs réflexions interrogent, avec une étonnante modernité, la place respective du corps et de l'âme dans les interactions humaines. Une analyse inédite et cruciale pour notre société ; le regard critique d'une époque passée sur un phénomène encore actuel.
Résumé : "Une enfance pieuse, studieuse, où déjà, comme un mot d'Hadrien en témoigne, se révèle le trait spécifique du caractère, l'entière sincérité ; une jeunesse chaste, de bonne heure associée aux responsabilités du gouvernement, sans que les soucis et les charges portent aucune atteinte à la spontanéité ou à l'intensité de la vie intérieure ; l'âge mûr et la vieillesse voués sans réserve au service de l'Etat et aux intérêts de l'humanité, en un temps où les difficultés furent rudes et qui connut même des dangers graves ; enfin, laissé après soi et parvenu jusqu'à nous, un petit livre, quelques feuillets, mais si pleins, où survit et transparaît une âme aussi haute que pure, tel fut le destin de Marc-Aurèle, destin privilégié, auquel semblent avoir également collaboré - comme pour justifier les dogmes de l'école à laquelle l'empereur philosophe a adhéré si fermement - la raison souveraine qui distribue son lot à chacun et la volonté éclairée de l'homme à qui ce lot était échu." Aimé Puech, extrait de l'introduction (1947).