Dans la joie du voyage, le plaisir du flash-back et des remontées en surface, Yann Dedet, monteur, revient ici sur cinquante ans de carrière et une bonne centaine de films. Avec un sens unique du détail, mais attentif aux grandes lignes, il se rappelle ses collaborations au long cours avec Truffaut, Stévenin, Pialat, Garrel, Poirier et tous les autres. Pourquoi n'avoir jamais monté plus d'un film avec la même réalisatrice ? Comment oublier le scénario et regarder le film en fac ? Qu'est-ce qui fait du monteur un psychanalyste d'occasion, un amant passager et un philosophe platonicien ? Et quel étrange syndrome pousse les cinéastes à lui demander des plans qu'ils n'ont pas tournés ? Dans cette seconde chambre obscure, le gardien ultime de la mémoire parvient-il toujours à retrouver le rêve du film ? Entretiens avec Julien Suaudeau, romancier, collaborateur à Positif et réalisateur de plusieurs films. Il enseigne à Bryn Mawr College, non loin de Philadelphie.
Nombre de pages
352
Date de parution
28/05/2020
Poids
464g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782818049921
Titre
Le spectateur zéro. Conversation sur le montage
Auteur
Dedet Yann ; Suaudeau Julien
Editeur
POL
Largeur
140
Poids
464
Date de parution
20200528
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
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Je regardais pour la 87e fois Passe Montagne, mon film préféré, tout en écoutant "What's The Ugliest Part of Your Body", ma chanson préférée, en relisant Insomnia, mon livre préféré, rêvant devant L'Ile des morts de Böcklin, mon tableau préféré, et regrettant de ne pas pouvoir caresser ma sculpture préférée, la Galatée de la fontaine Médicis, située loin de la Franche-Comté - ma province préférée -, alors que Stévenin, mon radoteur préféré, me racontait pour la millième fois les hors-champs des brumes de Passe Montagne.
Le chemin vers la lanterne magique, tu l'apprendras en commençant par les aventures de la pellicule dans un laboratoire de cinéma qui transforme les négatifs en positifs tout comme un rêveur de films transmute ses idées en plans. Passant de la songeuse adolescence à cette concrétisation, tu voyages ébloui à travers une autre couche sociale qui ouvre les yeux du petit mâle que tu risquais de rester sans cet apprentissage, autant sur le métier que sur le précieux contact avec les Cariatides. Vers la fin du chemin, quand tout part en eau de boudin, c'est le souvenir de ces métamorphoses qui te tiendra debout jusqu'au bout.
J'avais commencé un carnet de montage sur Van Gogh, consignant les hauts et les bas des jours et humeurs du travail. Je le cachais chaque soir en partant dans une grande boîte de pellicule, sur une étagère en hauteur. Un jour, arrivé en avance, Pialat le déniche, et quand j'entre dans la salle il brandit le carnet ouvert, l'agite comme feuille au vent, et avec son large sourire de fauve : - Rapport de police ...
Qui se souvient aujourd'hui de Louis Emile Bertin, ingénieur du Génie maritime ? C'est pourtant lui qui est à l'origine de la puissance moderne du Japon. En 1885, à l'âge de quarante-cinq ans, ce grand novateur des techniques et des conceptions du navire se voit chargé de créer de toutes pièces la marine du Mikado. En compagnie de sa femme et de ses trois enfants - Anna, Charles et Henri - il séjournera cinq années à Tokyo. Fabuleuse réussite que celle de cette famille française précipitée par toutes les affinités du c'ur et de l'esprit dans l'intimité de la famille impériale, des princes du sang et de l'empereur d'essence divine Mutsu Hito. La jeune Anna, dans son journal, se fera le chroniqueur de ce dépaysement total. Intrigues diplomatiques, frivolités des dames de la cour saisies par la folie de la mode, effort acharné de l'ingénieur Bertin pour faire triompher son ?uvre : rien ne manque au tableau d'un Japon saisi entre l'armure moyenâgeuse et le port du haut-de-forme. Emile Bertin quitte l'archipel avec sa famille en 1890. Cinq ans plus tard, ses croiseurs-cuirassés font merveille dans la guerre contre la Chine. En 1905, devant l'île de Tsushima, la flotte de l'amiral Togo remporte sur l'armada du Tsar la plus grande victoire navale de tous les temps.
Ce coffret contient les deux films documentaires et autobiographiques réalisés par Paul Otchakovsky-Laurens. Dans son premier film Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, Paul Otchakovsky-Laurens raconte son enfance dans cette petite ville. On lui a imposé le silence. Il partage son secret. Avec notamment Marie Chaix, Anne Devauchelle et Jean-Paul Hirsch. Images : Emmelene Landon. Éditeur, le deuxième film de Paul Otchakovsky-Laurens, met en scène les raisons singulières pour lesquelles il exerce son métier. Sa vérité. Avec Jocelyne Desverchère et Antony Moreau, et la participation notamment d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Olivier Cadiot, Antonie Delebecque, Paul Fournel, Kiko Herrero, Jean-Paul Hirsch, Vibeke Madsen, Michel Manière, Serge Ramon, Julie Wolkenstein.
Collobert Danielle ; Faye Jean-Pierre ; Morvan Fra
Ce premier volume des ?uvres de Danielle Collobert reprend tous les livres publiés de son vivant et aujourd'hui épuisés: Meurtre, 1964; Dire I et II, 1972; Il donc, 1976; Survie, 1978
Rencontrer un meurtrier, un homme de la même matière humaine que soi, le côtoyer du lundi au vendredi, constater sa dangerosité, être sidérée, avoir peur, croiser réalités et fictions, penser aux ouvrages de Stephen King, relire L'Etranger d'Albert Camus, se souvenir de L'Adversaire d'Emmanuel Carrère, lu quelques années plus tôt. Ici cependant, l'assassin n'est pas en prison, derrière des barreaux. Lire. Prendre le parti de la littérature. Ecrire soi-même pour tenter de comprendre".
Les silos détruits, tout devenait possible, rien n'empêcherait plus Beyrouth de sombrer dans les ténèbres. J'ai ressorti une carte de la ville. Elle est dépliée par terre depuis des semaines. Je mesure les distances. L'appartement de mes parents est à 825 mètres des silos du port. La maison de ma grand-mère, rue Pasteur, à 650 mètres. Sahar, elle, était sur le quai. Elle a filmé la dernière scène.