De Masi Franco ; Sciommeri Manlio ; Collet Muriell
ITHAQUE
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EAN :9782916120508
Le mot "psychopathologie" est souvent tenu pour discriminant et objectivant, et le langage psychanalytique l'emploie rarement. Je suis pour ma part convaincu que la psychopathologie est la composante de base qui imprègne et structure le processus analytique, et qu'elle en détermine les moments d'impasse ou de transformation. Plus précisément, il existe une tension dialectique constante entre la psychopathologie et l'ensemble des outils dont nous disposons pour comprendre et favoriser le changement." - F De Masi Une question cruciale est celle de la limite de la cure psychanalytique de certains patients - pervers, borderlines, psychotiques, dits dès lors "inanalysables". Il faut reconnaître que notre bagage actuel nous permet de faire face plus facilement au vaste domaine des névroses, dont nous connaissons les mécanismes de base et les modalités de développement, plutôt qu'à d'autres formes de souffrance mentale. Le patient névrosé fait usage de l'inconscient dynamique, fournissant à l'approche analytique un point de repère solide dans l'interprétation de ses rêves, de ses défenses et de ses clivages. Selon De Masi, approfondir l'étude des structures psychiques qui déforment l'usage de l'inconscient permettrait d'éclaircir le mystère des pathologies plus complexes, et de voir le fonctionnement de la pensée d'un oeil nouveau, soutenu par l'intuition de liens, processus et réalités psychiques non codifiés par la métapsychologie traditionnelle. L'objectif de cet ouvrage est précisément d'élargir la recherche et le champ d'application de la psychanalyse à ces patients qui, parce qu'ils mettent en évidence nos limites, ne peuvent qu'être nommés patients difficiles.
Nombre de pages
330
Date de parution
10/03/2015
Poids
448g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782916120508
Titre
Travailler avec les patients difficiles
Auteur
De Masi Franco ; Sciommeri Manlio ; Collet Muriell
Editeur
ITHAQUE
Largeur
154
Poids
448
Date de parution
20150310
Nombre de pages
330,00 €
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Pourquoi le travail avec les patients psychotiques est-il aussi long et difficile? Quelle est la véritable nature des psychoses? Comment le thérapeute doit-il procéder pour obtenir le meilleur résultat possible? Considérant les apports récents de la théorie psychanalytique et des neurosciences, De Masi ouvre de nouvelles perspectives au traitement psychanalytique des états psychotiques. Rédigé dans un style accessible et clair, l ouvrage (traduit de l italien) passe en revue les différents modèles théoriques, les confrontant à la longue expérience clinique de l auteur. Il s adresse ainsi à tous ceux médecins, psychiatres, analystes, infirmiers, soignants ou parents qui ont affaire à l accompagnement des sujets psychotiques. Préface d'Alain Gibeault
L'homme est cet être mortel qui, précisément, a la perception de la limite de l'existence. Nous pouvons craindre ou pressentir la mort d'un proche bien avant qu'elle n'ait lieu - nous savons que nous aurons à affronter le vide qui s'en suivra. Mais se préparer au vide qui se rapporte à nous-mêmes ne va pas de soi. Lorsque nous nous demandons comment nous saisissons notre propre mort, nous nous confrontons aux limites de notre pensée. Mais, alors, si notre mort n'est pas pensable, qu'entendons-nous par « peur de la mort »? Qu'est-ce que cette chose que nous nous représentons comme la « mort »? Par quoi sommes-nous tourmentés? Comment, du point de vue psychanalytique, conceptualiser la perception qu'a l'être humain de sa propre mort? Et de quelle façon la théorie psychanalytique rend-t-elle compte de la mort? Bien que la littérature psychanalytique ait exploré la douleur liée aux séparations et aux pertes, jamais elle n'avait traité aussi en profondeur le désarroi que nous éprouvons face à la pensée de notre propre mort. Il Limite dell'Esistenza a remporté, en 2003, le Prix Gradiva du meilleur essai psychanalytique de l'année. Cette édition comporte une bibliographie ainsi qu'un index des noms et des notions. Traduit de l'italien par Marco Barbon, avec la collaboration de Sika Fakambi
A l'opposé des hypothèses avancées par Robert Stoller (selon laquelle la perversion est une forme érotique de la haine) et par différents chercheurs contemporains, Franco De Masi soutient que la perversion est éminemment anobjectale: si la haine est bien un sentiment dirigé contre un objet, le véritable pervers sadique ne s'intéresse absolument pas à sa victime; il ne la hait pas, pas plus qu'il ne hait à travers elle un quelconque objet, plus ou moins originaire. Pour De Masi, la perversion sadique n'a rien à voir avec le développement de la psychosexualité; dénuée de toute signification évolutive ou régressive relativement à une phase ou à une position données, elle n'est pas l'expression d'une fixation et pas davantage celle d'une défense contre des risques d'anéantissement. Née d'une destructivité primaire qui se dévoile à travers des états sexualisés de l'esprit, elle est le visage pur de Thanatos. Si Freud avait situé la perversion dans la continuité du développement "normal", avec ses conflits, ses angoisses et ses mésaventures - l'ayant pour ainsi dire "dépathologisée" comme une possibilité intrinsèque et irréductible de l'être humain -, De Masi la rend définitivement pathologique, sous la forme d'un noyau destructif indépendant du cours du développement psychosexuel et relationnel ou des aléas de la vie mentale "normale". Aussi, contre une bonne partie de la littérature psychanalytique, De Masi refuse-t-il toute continuité entre la sexualité normale et la sexualité perverse et affirme la différence essentielle, sur le plan clinique, entre la véritable perversion sadomasochiste (dite "structurée") et le domaine plus fluctuant et varié des agirs et des comportements pervers épisodiques et défensifs, à caractère compulsif, symptomatiques d'états dépressifs ou d'angoisses de dissolution (comme il arrive dans les états limites). Après un examen attentif des diverses hypothèses psychanalytiques sur la perversion, De Masi avance ses propres thèses, pour la distinguer clairement de la nébuleuse de haine, d'agressivité ou de contrôle des objets plus ou moins sadomasochistes qui se manifestent dans une série assez complexe, mais plus courante, de scénarios relationnels ou de situations cliniques (comme dans la mélancolie). Ses hypothèses radicales, inspirées notamment des travaux de Meltzer, constituent sans doute une contribution fertile, et pleine d'érudition, à la compréhension de cette pathologie.
Qu'appelle-t-on "symptôme" en psychiatrie ? Et de quel talent d'observateur faut-il créditer le clinicien qui essaie de regrouper les symptômes en syndromes, voire en maladies mentales ? Steeves Demazeux, après son enquête sur les classifications contemporaines (Qu'est-ce que le DSM ? , Ithaque, 2013), continue ici sa remontée dans le temps, en examinant l'émergence de la clinique psychiatrique, de ses origines chez Pinel à la crise qui la secoue au tournant des années 1950. A cette fin, il fouille le sol de la relation clinique, en amont du diagnostic, quand, au plus proche du patient, le psychiatre se met en quête des "signes" de la maladie. Les aliénistes ont longtemps cherché à constituer une "sémiologie" de la folie aussi respectable que celle des autres branches de la médecine. Très vite, cependant, ils ont hésité. Fallait-il voir dans ces signes et ces symptômes les éléments formels d'un tableau, les indices d'un trouble sous-jacent qui en serait la cause, ou les lettres d'un texte dont le sens nous échappe ? Une sémiologie psychiatrique n'est-elle pas au fond une chimère ? La psychanalyse n'a-t-elle pas hérité de ses impasses ? Et si c'était à des auteurs méconnus, voire méprisés, "numéristes" et modestes statisticiens d'asile, qu'il fallait enfin accorder la palme de l'objectivité ? L'histoire et la philosophie des sciences croisent ici des personnages inattendus, et pourtant tous nécessaires : Edgar Poe et Jacques Lacan, Carlo Ginzburg et Michel Foucault, les habitants de Manhattan, un photographe victorien spécialisé dans les gouttelettes, et plusieurs neurologues le marteau à la main. Au terme de ce parcours, Steeves Demazeux propose une refondation vigoureuse de notre épistémologie de la psychiatrie, qui doit changer et d'objet et de but
Dans cet ouvrage Thomas H. Ogden présente sa conception originale de la pratique analytique contemporaine. Reprenant huit articles parus entre 2016 et 2020, l'auteur montre le cheminement le conduisant à postuler ce qu'il appelle un "changement d'orientation" de la psychanalyse, en réponse aux transformations radicales, bien que silencieuses, subies par la discipline depuis la fin du XXe siècle. Selon Ogden, ce changement nous fait passer d'une psychanalyse épistémologique à une psychanalyse ontologique : si la première s'efforce de comprendre et d'interpréter les conflits psychiques et le monde interne du patient, en privilégiant les contenus (rêves et associations libres) apportés en séance, la seconde, appuyée sur le contenant (l'appareil à penser les pensées, la capacité de penser), vise plus directement, à travers le lien intersubjectif analyste/analysant, non pas la connaissance de soi mais l'expérience de soi, qui que l'on soit. Dans la psychanalyse épistémologique, la technique principale est l'interprétation du transfert ; dans la psychanalyse ontologique, où il est question d'être et de devenir, plutôt que de (se) connaître, l'essentiel se joue par un maniement très particulier du contre-transfert. Inspiré par Harold Searles, Donald W. Winnicott et W. R. Bion, Ogden parachève dans cet ouvrage 40 années de recherches analytiques au-delà de la névrose, en démontrant la validité de la psychanalyse face aux défis de la clinique du XXIe siècle.
Steeves Demazeux est philosophe des sciences. Il est actuellement rattaché, en tant que post-doctorant, au Centre d Histoire des sociétés, des sciences et des conflits (CHSSC, université de Picardie Jules Verne) ainsi qu à l Institut Faire Faces IFF.