Patricia Bartok n'est pas la seule à changer de sexe à volonté. Rita Remington rétrécit de quelques centimètres. Rosetta Stone a sorti ses fleurs artificielles. Colonel Fawcett effectue un de ces sauts périlleux dont il a le secret. Major Osiris Walcott vient de froisser le col de sa veste. Inspecteur et Flippo se prend pour un personnage de série télévisée. Jimmy Ravel sait ce qu'il faut faire pour égarer les philosophes. Et Monsieur Typhus ? Il se pourrait qu'il apparaisse à l'occasion comme un phénomène de foire bicéphale. Ils sont à Londres, Cuba, Berlin, Belgrade, Bagdad, Kaboul, Kinshasa, Macao, Moscou et même Copenhague entre 1967 et 2010. Dans notre société liquide, ces exterminateurs-là ne meurent jamais longtemps. Note : Monsieur Typhus est un des personnages de Made in USA, film de Jean-Luc Godard sorti en 1966, très libre adaptation d'un roman de Richard Stark, Rien dans le coffre, lequel appartient à la série Parker, où l'auteur a supprimé systématiquement tout ce qui pouvait ressembler à de l'émotion. Mon Typhus, froid, méthodique, efficace, dont on ne connaîtra jamais le " vrai nom ", est précisément inspiré du Parker de Richard Stark (En coupe réglée, Travail aux pièces, Planque à Luna-Park) mais aussi du Reiner/Raner de Claude Klotz (Alpha-Beretta, Dolly-Dollar, Tchin-tchin Queen). La lecture du polar californien glacé Diamondback de Jacques Monory n'a bien sûr pas été sans produire ses effets. Typhus est tantôt un voleur professionnel, tantôt un tueur à gages, tantôt un mercenaire, un justicier, un espion ou un contre-espion. Autour de 1980 (cf. Souvenirs of you et Chocolat bleu pâle), il copie un peu trop le Serge Godorish imaginé par Daniel Odier alias Delacorta (Nana, Diva, Luna). Je l'appelle " Typhus " pour toute la période de sa vie qui court jusqu'à fin 1980 : au-delà, il est " Monsieur Typhus ". Apparu en 1977 ou 1978, Typhus fait équipe avec Rita Remington (je venais d'utiliser ce pseudonyme pour signer quelques articles de propagande féministe). Jimmy Ravel et Patricia Bartok forment un duo dès leur création en 1980 (dans Un Roman raté, extraits publiés dans le n°47 de la revue Minuit). Major Osiris Walcott vient ensuite : il trouve son origine dans le Jerry Cornelius de la bande dessinée Le Garage Hermétique de Moebius (qui lui-même l'a emprunté au grand auteur de science-fiction Michael Moorcock). Suivront Colonel Fawcett (homonyme de l'explorateur britannique disparu en 1925 en recherchant une cité mythique perdue dans le Matto Grosso) et Inspecteur et Flippo (clin d'oeil au Mister Bradley Mister Martin de William S. Burroughs). Rosetta Stone est la dernière venue en date : elle est supposée décrypter les messages codés les plus retors mais elle a bien d'autres capacités. Ce ne sont pas des héros et héroïnes classiques, et pas non plus des caractères : ils changent constamment de physique (de sexe, d'apparence), de comportement, passent d'une idéologie à l'autre, ce sont comme des acteurs qui enchaînent des rôles, qui incarnent ou combattent la sauvagerie fondamentale de l'homme (et de la femme) de plus en plus banalisée dans notre société de consommation (de colonisation) ultime. Dans la trilogie Le Privilège du fou/Sur les ruines de l'Europe/La Vie est un cheval mort, ils tentent en vain de rivaliser avec les tueurs les plus cruels et sanguinaires de l'Histoire contemporaine.
Nombre de pages
84
Date de parution
10/03/2017
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782930607894
Auteur
Fano Daniel ; Octave Jean-François
Editeur
DESSERT DE LUNE
Largeur
140
Date de parution
20170310
Nombre de pages
84,00 €
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Quelque chose de ténébreux guide la main de l'écrivain Lester Godard. Depuis les touches de sa Remington portative "qui crépite de poésie beatnik et de Série Noire" jusqu'au volant de la Ford Mustang jaune dans laquelle il est précipitamment monté pour fuir l'ennemi comme en 1940, route d'Arras. Jusqu'au revolver Beretta dont l'ultime détonation aura raison des erreurs d'une "Histoire" qu'il n'a jamais écrite. Car le drame de Lester Godard, c'est bien d'être devenu, au fil du temps, la chose de cette implacable critique littéraire aux pouvoirs de plus en plus déformants. Et tandis qu'il fuit, la police aux trousses, c'est ce qu'il se répète : voilà ce que je n'ai jamais été. "Ni dandy de droite ni esthète virtuose de gauche, ni idiot utile ni révolutionnaire clandestin." L'homme qui n'a vécu que pour et par la fiction voudrait forcer les innombrables barrages du pays où hélas, la littérature n'alimente plus qu'un jeu social sans surprises. Voilà ce qu'il se raconte au moment de quitter la scène, dans le décor massacré où continuent à osciller des 33-tours mythiques... La cavale d'un homme seul, écrivain à part, à la fois excentrique et intègre, déroulant le film d'une oeuvre tour à tour adulée, démolie et incomprise. Un récit tout en résonances, vintage, très Nouvelle Vague années 1960, subtil et caustique.
La ville, chez Daniel Fano, est "sale comme un rêve inachevé" . Le monde aussi, et le lecteur ne sait pas sur quel pied danser. Pas plus que les personnages d'ailleurs, fragments imaginaires d'histoires plus grandes, désossés des vieux polars américains, qui confondent la fin du monde avec la prochaine danse. On navigue entre le crime et le cartoon, la vivacité de la bande-dessinée et la profonde mélancolie des closing-times. On saute d'un continent et d'une époque à l'autre, en changeant de vers, on fait de grands voyages, dictés par la seule logique de la fantaisie, dans une forme de tendresse poétique ; le décousu comme une approche du monde. Et tout semble se passer au même moment, dans une tranquille équivalence, les drames comme les broutilles, l'extinction des espèces et une robe froissée ; on sait maintenant "que la mémoire est une folie de plus" . Fano déploie des dizaines de narrations simultanées, où apparaissent brièvement, parfois en souvenir, parfois en ricochets d'évocation, parfois en figures clownesques de carton-pâte, les visages de Catherine de Médicis, Cy Twombly, Barack Obama, Serge Gainsbourg, Steve Reich, Eric Dolphy, Usain Bolt ou Claude Debussy. C'est un bombardement de flegme, de soie, puisé dans la mythologie des films noirs et des romans d'espionnages. Ces poèmes sont des coffres à jouets débordants de femmes fatales, de détectives un brin ratés, d'hommes d'affaires et de dictateurs, dans un bazar de révolutionnaires et de sex-symbols. C'est plein de pierres précieuses, de feutres mous et de Berreta, de Cadillac et de films pornos. Tous ces personnages soudain pris sous les projecteurs des télévisions, en flagrant délit de crime irrésolu : celui de la condition humaine. Car le monde tourne rond, mais à une allure folle, à la vitesse des nuages, et toutes les histoires se valent : ce n'est pas un parc d'attraction, c'est la vie même, mais éclairée par une lumière de dancing et on ne sait plus très bien qui appartient vraiment à la fiction. C'est la vie avec ses personnages découpés dans les journaux à scandale, et rassemblés dans un collage géant, par un démiurge facétieux qui s'accroche à ses fantaisies avec une joie féroce, sur le tableau d'une époque de la mémoire totale qui a "tué l'histoire" .
Résumé : Créé en 1953 par Henri Vernes (né en 1918), Bob Morane est le héros d'une série de romans d'aventures mythiques dont l'essentiel a paru dans la non moins mythique collection Marabout Junior. Plus de deux cents histoires ont conté ses combats contre les pires ennemis de l'Humanité, parmi lesquels l'immortel Monsieur Ming, alias l'Ombre Jaune, ou l'envoûtante Miss Ylang-Ylang à la tète de l'organisation Smog. Longtemps méprisé par l'establishment littéraire, le créateur de Bob Morane trouve peu à peu sa juste place. On découvrira ici des entretiens complices et malicieux avec Henri Vernes dans son propre rôle; des pages choisies qui révèlent la richesse stylistique et la diversité thématique de la série; les témoignages de personnalités littéraires, artistiques et politiques; un essai où sont relevés, entre autres, l'importance de l'humour et des rôles féminins. Daniel Fano nous invite à une expédition captivante dans l'univers de l'un des grands maîtres de l'aventure.
Poète ? Oui et définitivement oui. Poète, elle l'est, Anita Conti. Poète, bien avant que d'être océanographe et bien après l'avoir été. Poète par son regard, son appréhension du monde, sa modestie face à la science et son ironie face aux hommes qui prétendent tout maîtriser en faisant souvent le choix du pire. Et pourtant, elle n'a cessé de nous alerter sur la petitesse de nos connaissances scientifiques qu'elle considérait comme encore balbutiantes et a bien souvent préféré rire de la bêtise humaine, de la prétention masculine à se penser immortel alors que tous les signes de la nature lui indiquaient le contraire. Sa parole était sans doute en avance sur son temps. Aujourd'hui, elle est d'une terrible actualité. Il est donc urgent de la lire. De la faire entendre. De l'apprécier dans sa force et dans sa lucidité. D'autant qu'elle est à la fois la parole d'une poète et d'une scientifique : la parole d'une femme.
Imposture. Dès le titre on est jeté sans ménagement dansl'univers "lyrico-décadent" de Jean-Christophe Belleveaux. Trèsvite, il en fixe le décor : "Cendrier : cormoran qui dégueule son trop plein depoisson. Mauvais whisky. "... On s'attend à retrouver un Bukowski échoué dans unvieux divan fatigué, revenu de tout, même de lui-même. Mais peu à peutransparait au fil des mots une rage, une soif inextinguible de liberté qui neveut ou ne peut se taire. En clamant l'imposture, l'auteur nousinvite à tracer, comme le fou de l'échiquier, des diagonales. Il nous invite àflirter avec la normalité "sur le bord ébréché du monde" et à repousser lesbarbelés qui marquent les frontières du dicible. Un défi qui mérite grandementd'être relevé. L'imposture est son quatrième livre publié auxCarnets du Dessert de Lune.
Daniel Simon fait partie de ces auteurs profondément attachants et son dernier livre vient encore le confirmer. Au-delà de la tendresse même de sa langue, il y mène une réflexion profonde et lucide sur le peu qu'il nous reste une fois le chemin parcouru. Nostalgique, oui, mais pas seulement. Même si "le temps s'est pris les pieds dans le tapis de l'impuissance" , ce qui nous touche ici, au lieu de nous faire miroiter un passé qui aurait été meilleur, c'est le besoin de refaire union avec ce qui vit encore, s'éloigner doucement des lumières avec le souci permanent de "ne pas esquiver ce qui meurt, ne plus séparer le monde qui s'en va" . "C'est ici" est un livre ouvert qui ne se referme pas sur lui-même et qui ne veut surtout rien empêcher de ce qui viendra. Un livre bienveillant. Emouvant. Et un bel hommage rendu à la vie, avec délicatesse et modestie.
Résumé : Ça vibre et vibrionne, ca pique trompe et suce, ça cocoone, larve, se transforme et ça s'envole, les insectes. Ça passe, perche, nid et plume, jour et nuit, ça siffle, chante et crie, ça gazouille, ça glousse et ça s'envole les oiseaux. Volants, pas voleurs, dans l'eau, l'air ou l'imaginaire, de conte et d'histoire, toujours avec ailes ne volent pas forcément. Et les autres qui ont aussi des ailes. Réel ou imaginaire, animal ou objet, il faut deviner qui va avec ailes.