L'anthropologie a longtemps vécu sur l'illusion que le schéma d'interprétation développé par Hubert et Mauss dans le classique Essai sur la nature et les fonctions du sacrifice avait une valeur universelle. Luc de Heusch s'en prend à ce dogme d'un rite de passage entre le profane et le sacré comme aux spéculations de René Girard. Sur la base d'une étude attentive de rituels africains et de leur minutie maniaque, l'auteur, sans s'interdire les comparaisons avec la Grèce ou l'Inde, force à reprendre l'ensemble du phénomène. Il commence par s'interroger sur le choix des victimes animales, qui, le plus souvent, est loin d'être indifférent. Mais l'homme est la victime sacrificielle par excellence lorsque le sort du monde est en jeu. Le roi, formidable machine symbolique, est au centre de la scène rituelle au Swaziland comme dans l'ancien Rwanda. L'auteur examine son destin sacrificiel dans une perspective renouvelée de Frazer qui l'amène à s'interroger sur la mise à mort des dieux : pourquoi le génie de l'eau, l'ancêtre primordial des Dogon, a-t-il été immolé au début des temps, pourquoi son corps dépecé, puis ressuscité, a-t-il servi à construire le monde ? Peut-on inscrire le christianisme, religion du sacrifice salvateur, dans cette lignée ? Les deux grands systèmes sacrificiels, qu'ils relèvent de la sphère domestique ou cosmologique, obéissent à la logique des transformations ; telle est l'hypothèse majeure de ce livre qui jette de nouveaux éclairages sur la pensée qui guide le geste du sacrificateur.
Nombre de pages
368
Date de parution
21/11/1986
Poids
394g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070705894
Titre
Le sacrifice dans les religions africaines
Auteur
De Heusch Luc
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
394
Date de parution
19861121
Nombre de pages
368,00 €
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Résumé : "Cette étude du mythe de la royauté sacrée au Rwanda et chez les Swazi prend ses sources dans les récits fondateurs que l'auteur nous invite à décrypter. Chaque roi apporte une "nouvelle pierre" à l'édifice symbolique. La royauté sacrée, d'origine céleste ou terrestre, participe à la lutte et à l'unité des contraires, essence du réel. Une structure temporelle est fixée par l'action magique du rituel. Toute atteinte à l'intégrité du roi menace l'équilibre de la nature. Admirable analyse d'un monde peu connu, ce livre offre une ample matière à réflexion pour cette histoire des symboles et des signes qu'un Claude Lévi-Strauss appelle de ses voeux." Bulletin Gallimard n° 309, oct. 1981.
Résumé : A l'origine de cet ouvrage, comme à celle des deux précédents - Le roi ivre ou L'origine de l'Etat (1972) et Rois nés d'un c?ur de vache (1982) -, il y a la volonté de découvrir dans le domaine bantou les systèmes de pensée sous-jacents à un certain nombre de pratiques rituelles et les discours susceptibles de les éclairer. Le terrain d'observation est privilégié et le matériau unique : l'aire linguistique et culturelle des Kongo d'Afrique centrale est homogène et continue, en sorte que, pour une fois, une société africaine peut être observée sur la longue durée d'un demi-millénaire. Il apparaît alors que la religion traditionnelle a subi des transformations dans le temps et l'espace liées, notamment, aux bouleversements majeurs du système politique de la royauté sacrée, à savoir l'introduction du christianisme et la traite des esclaves. On mesure particulièrement l'ampleur de ces transformations lorsque l'auteur dégage la part de matériau kongo dans le vodou haïtien, plus précisément dans le rituel appelé petro - une part liée à la tragique coupure de la traite. Avec cet ouvrage se marque toute l'originalité de l'?uvre de Luc de Heusch : interrogations structurales sur l'événement et interrogations historiques sur les réseaux de significations se croisent dans une enquête nourrie par un travail de terrain qui renoue avec la grande tradition anthropologique.
Résumé : "Ce qu'il y a de déprimant dans l'ethnologie, c'est que, chaque fois que l'on aborde une question, il faut faire la recension de toutes les inepties qui ont été écrites à son sujet par autant de Trissotin en toge, alors que dans les sciences vraies une seule expérience concluante abolit tous les errements précédents. C'est pourquoi, de temps en temps, je m'octroie des vacances." L. de H.
Au XIXe siècle, on distinguait les religions primitives des grandes religions de la planète sous deux aspects. En premier lieu, les religions primitives seraient inspirées par la peur; en second lieu, elles seraient inextricablement liées aux notions de souillure et d'hygiène: les primitifs étaient, disait-on à l'époque, convaincus que ceux qui par inadvertance traversaient quelque ligne interdite étaient victimes d'effroyables catastrophes. Mais les anthropologues qui, comme Mary Douglas, ont pénétré plus profondément dans ces cultures primitives ne trouvent pas trace de cette peur. L'hygiène, en revanche, se révèle une excellente piste si nous savons la suivre en profitant des connaissances que nous avons de nos propres sociétés: plus nous connaissons les religions primitives, plus il nous apparaît qu'il y a, dans leurs structures symboliques, une place pour la méditation sur la saleté qui est aussi une réflexion sur le rapport de l'ordre au désordre, de l'être au non-être, de la vie à la mort.
Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus". Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi". La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
Le richissime Philip Brooke vient de mourir, laissant derrière lui un patrimoine grandiose : le plus beau manoir du Sussex, datant du XVIII ? siècle et comprenant pas moins d'une vingtaine de chambres, entouré d'un domaine luxuriant de centaines d'hectares. Mari volage et père absent, il n'est regretté ni de sa femme ni de ses trois enfants. En revanche, sa vaste fortune déclenche des conflits galopants dans la famille car chacun veut mettre la main sur cette succession hors norme. Le clan Brooke réussira-t-il à ne pas voler en éclats avant le jour de l'enterrement ? Drame familial haut en couleur et en tensions, Nos héritages nous plonge dans les arcanes fascinants d'une famille d'aristocrates britanniques tiraillée par l'argent et les secrets du passé. Anna Hope signe ici son grand retour au roman, qui comblera les lecteurs de Nos espérances.