Dans ce volume d'hommages, qui rassemble les contributions de vingt-huit universitaires renommés, spécialistes du XVIIIe siècle et comparatistes, le lecteur trouvera, revivifiés par l'amitié, les figures et les courants qui ont passionné Jacques Lacant, dans un siècle à la fois un et divers, paradoxal. Au coeur du volume, Marivaux, objet de la prédilection et des principales études du destinataire, est examiné comme poète de la parole et du regard, ainsi que dans ses rapports, plus complexes qu'on ne le croit, avec Voltaire. D'autres écrivains du XVIIIe siècle, français et allemands surtout, donnent lieu à des analyses qui les rattachent à des sources étrangères ou à un impact immédiat à l'étranger : Saint-Simon est présenté comme l'auteur d'une Espagne imaginaire, Voltaire comme critique aussi brillant que piètre adaptateur de Shakespeare, Rousseau comme probable tributaire de Gellert, Maupertuis comme continuateur de Newton, Schiller dans ses rapports avec l'esprit de la Révolution française, Goethe dans ses premiers contacts avec la langue et le théâtre français, avant de devenir le père d'un genre romanesque européen problématique, Riederer comme traducteur libre et décisif de Challe. D'autres écrivains encore sont abordés plutôt selon une image inattendue d'eux-mêmes et de l'Europe du XVIIIe siècle : un Diderot maître de l'allégorie, un Lessing scrutateur des ambiguïtés et non des défaillances de la vertu, un Hölderlin dont la Diotima transfigure une prêtresse qui ne doit pas seulement son existence à Platon, mais aussi un Cazotte et un Crébillon fils amateurs voire auteurs de chansons !
Nombre de pages
182
Date de parution
01/01/1990
Poids
350g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782878410259
Titre
Dix-huitième siècle européen
Auteur
De Grève Claude
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
350
Date de parution
19900101
Nombre de pages
182,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Situé entre l'Europe et l'Asie, l'empire des tsars a longtemps excité la curiosité et l'imagination des Français. A moins qu'il ne les terrifiât. Le plus souvent, les voyageurs espéraient lever un coin de voile afin de percer d'épais mystères. Qu'ils hissent diplomates, savants, journalistes ou touristes, ils ont peu ou prou été tiraillés entre le mirage et la réalité, le rêve et le cauchemar, la légende et l'histoire. Multiple et contrastée était cette " Russie " que la plupart de nos voyageurs-écrivains ne virent que partiellement. La présente anthologie le prouve, qui entraîne le lecteur des palais de Saint-Pétersbourg, l'Européenne, aux tentes des Tchoukchas, de Moscou, la Rome tartare, à la célèbre foire de Nijni-Novgorod et aux forêts luxuriantes de l'Oural, de Kiev, berceau de la sainte Russie, et des steppes de l'Ukraine aux côtes d'une Crimée des Mille et Une Nuits, et parfois de là jusqu'aux villes d'eaux presque irréelles d'un Caucase encore en révolte. Parmi ces voyageurs, figure une série de grands écrivains : Mme de Staël, Custine, Gautier, Diderot, joseph de Maistre, Balzac, Dumas et d'autres peut-être moins connus dont les témoignages sont tout aussi pittoresques et révélateurs. Tous ont rapporté des observations ou critiques ou humoristiques sur les m'urs et la politique, des descriptions somptueuses ou simplement pittoresques des monuments, des paysages et des fêtes, des anecdotes piquantes à propos des fameux bains, des femmes, des auberges, des récits dramatiques ou romanesques sur les péripéties de leur voyage ou l'histoire du pays. Autant de documents et visions poétiques qui constituent eux-mêmes une invitation au voyage.
Lorsque Khlestakov, jeune voyageur pétersbourgeois endetté et affamé, arrive dans "un petit trou de province", il ne s'attend pas à un tel accueil. Hébergement, vins, cigares, vêtements et équipages élégants : rien ne lui est refusé par Anton Antonovitch, le gouverneur qui vient à sa rencontre. D'abord surpris par tant d'hospitalité, il comprend bientôt qu'on le prend pour un révizor, c'est-à-dire un inspecteur envoyé par le gouvernement... Miroir de la société sous Nicolas Ier ? Satire de l'administration russe ? Comédie de tous les temps et de tous les pays ? Autant d'interrogations qui font la richesse du Révizor (1836), parabole à l'humour corrosif sur la corruption et l'imposture.
L'évocation et la fréquence du thème européen dans la littérature, de l'Antiquité à nos jours, ont conduit une cinquantaine de chercheurs à analyser l'image de l'Europe dans la production littéraire nationale et internationale. De la fable, de l'ode à la grande construction romanesque, en passant par l'essai, la lettre ou le récit de voyage, c'est dans toutes ces variétés de formes littéraires que critiques et historiens de la littérature évoquent, dans cet ouvrage, l'esprit européen. Les recherches des comparatistes ou spécialistes des diverses formes de littératures françaises et étrangères ont dégagé l'image de l'Europe dans une production littéraire qu'ils ont scrutée et analysée afin que se dessine sous nos yeux une Europe mouvante et bien souvent proche de la nôtre. Qu'elle ait été transmuée en mythe, renouant avec ses origines grecques, qu'elle ait été un décor, bariolé ou exotique, ou l'objet d'une interrogation politique, sociale ou philosophique, ou simplement "a thing of beauty" , l'Europe des écrivains n'a jamais pu se couper de la réalité géographique et humaine bien vivante appelée "Europe" .
Récit historique, épopée et extraordinaire roman d'aventures tout à la fois, Tarass Boulba est l'oeuvre de Gogol la plus lue et la plus souvent traduite. Véritable plongée au coeur de l'Ukraine du XVII ? siècle, ce roman retrace, à travers l'histoire d'un chef cosaque haut en couleur et de ses deux fils, le destin d'une communauté en lutte, d'un côté, contre l'occupation polonaise, et, de l'autre, contre les agressions tatares. Par-delà les expéditions guerrières, les chevauchées dans la steppe et le récit des séjours au camp - cette étrange république où l'on festoie autant que l'on s'entraîne -, le romancier met en scène une idylle interdite, celle qui unit le fils cadet de Tarass Boulba à une jeune Polonaise... Nul mieux que Gogol n'a su faire jaillir avec tant d'acuité l'éclat de ce "siècle à demi sauvage", ainsi que l'a noté Henri Troyat : "Malgré l'horreur de ce drame, tout éclaboussé de sang, une sorte d'optimisme s'en dégage. [... ] La robuste santé des protagonistes, la simplicité de leurs passions, la grandeur homérique de leurs exploits, la beauté des paysages qu'ils traversent, tout cela, mystérieusement, réconforte le lecteur [... ]. Au vrai, Tarass Boulba est un roman écrit par un peintre".
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.