Monsieur PierreAndré Irnois fut un des marchands d'argent qui, sous la République, firent le mieux leurs affaires. Sans arriver aux splendeurs quasi fabuleuses des Ouvrard, M. Irnois devint très opulent, et ce qui le distingua surtout de ses confrères, c'est qu'il eut le talent de conserver son bien. Enfin, il n'imita pas Annibal : il sut vaincre d'abord, puis conserver sa victoire ; sa race, si elle eût duré, eût pu le comparer à Auguste. Dans sa sphère, son élévation avait été plus étonnante encore que celle de l'adopté de César. M. Irnois était parti de rien. Ce n'est pas là ce qui m'émerveille ; mais il n'avait pas de talent ; il n'avait pas l'ombre non plus d'astuce ; il n'était que médiocrement coquin. Quant à se faufiler auprès des grands ou des petits, à capter d'utiles bienveillances, il n'y avait jamais songé, étant bien trop brutal, ce qui remplaçait chez lui la dignité. Mal bâti, grand maigre, sec, jaune, pourvu d'une énorme bouche mal meublée, et dont la mâchoire massive aurait été une arme terrible dans une main comme celle de l'Hercule hébreu, il n'avait dans sa personne rien qui, par la séduction, fût de nature à faire oublier les défectuosités de son caractère et celles de son intelligence. Ainsi, matériellement et moralement, M. PierreAndré Irnois ne possédait aucun moyen de faire comprendre comment il avait pu réaliser une énorme fortune et se placer au rang des puissants et des heureux".
Nombre de pages
66
Date de parution
08/03/2024
Poids
99g
Largeur
148mm
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EAN
9791041990580
Titre
Mademoiselle irnois
Auteur
De Gobineau arthur
Editeur
CULTUREA
Largeur
148
Poids
99
Date de parution
20240308
Nombre de pages
66,00 €
Disponibilité
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Joseph Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain français, né le 14 juillet 1816 à Ville-d'Avray et décédé le 13 octobre 1882 à Turin, est l'auteur d'une oeuvre littéraire romantique, d'essais polémiques et de travaux historiques et philologiques sur l'Iran ancien.L'une de ses premières nouvelles, Scaramouche, a connu un certain succès. Elle suit les aventures d'une troupe de la commedia dell'arte en l'Italie. Elle fut publiée en 1843 dans L'Unité. Cette édition reprend celle de 1922 chez Léon PICHON, imprimeur et graveur, avec les illustrations de M. Dethomas.
Le récit "Adelaïde" d'Arthur de Gobineau, bien que fictif, s'inspire de l'histoire vraie du naufrage de la frégate Medusa en 1816, un événement tragique qui a marqué l'histoire maritime française. Le texte décrit les circonstances désastreuses qui ont conduit à l'échouement de la frégate sur le banc d'Arguin, au large des côtes africaines. La mauvaise gestion et l'incompétence des officiers, succession du capitaine Lachaumareys, sont mises en avant comme les principales causes de la catastrophe. Le récit suit la famille Picard, qui se retrouve piégée à bord du navire en perdition. Face à l'abandon par les officiers et à l'absence de plan de sauvetage alternatif, une décision est prise de construire un radeau pour évacuer une partie des passagers. Cependant, ce radeau devient rapidement un symbole de désespoir et de mort, car il est surchargé et mal approvisionné. Le texte met en lumière les dilemmes moraux et les actes de courage ou de lâcheté qui émergent dans des situations de survie extrême. La famille Picard, après avoir été initialement laissée pour compte, parvient finalement à embarquer sur une petite embarcation, mais leur sort reste incertain. Ce récit poignant illustre les conséquences tragiques de l'ineptie humaine et la lutte pour la survie dans des conditions désespérées.
Charles Cabert était fils d'un homme devenu passablement riche dans des affaires où il était question de zinc. Il avait été élevé au collège comme tout le monde, en était sorti sans plus de science que ses camarades, et, en garçon distingué, s'était fait recevoir membre d'un club où il perdait assez d'argent pour être traité avec considération. Ses amis lui firent connaître des dames, et afin de ne pas se singulariser, il se résolut un matin à épouser une figurante. Son père avait d'autres desseins, et il éleva contre ce projet une assez vive opposition. Pendant huit jours, le club fut tenu en haleine par les hauts et les bas de cette crise. Charles déclara qu'il épouserait, ou mettrait fin à ses jours par un de ces moyens remarquables que les progrès de la science offrent aux désespoirs modernes. Heureusement une invasion du Géronte irrité, dans son délicieux appartement de la rue Taitbout, écarta cette cruelle alternative, Charles ne se tua pas et ne se maria pas non plus ; il consentit à partir dans la semaine pour un pays quelconque. Il est à craindre que l'ancien industriel, fort agité, ne se soit abandonné à une pantomime indigne d'un galant homme."
Dans 'Du sang, de la volupté et de la mort', Maurice Barrès explore des thèmes profonds tels que la mort, la sensualité et le deuil. A travers une prose sombre et éclatante, il évoque la mémoire de Jules Tellier, un ami disparu, et médite sur la condition humaine. Le livre aborde également des réflexions sur l'art, la passion et la solitude, à travers des récits poignants et des portraits saisissants.
Présenter en aperçu l'histoire de ce grand mouvement de l'esprit humain qui nous éleva graduellement de la magie et de l'astrologie à la science moderne, tel est le but de ce petit ouvrage. On a écrit déjà plusieurs fois l'histoire de la magie. Les uns ont cherché dans l'ensemble de ces croyances chimériques des preuves à l'appui de leur solidité ; les autres n'ont voulu que nous inspirer un profond dédain pour tant de folies et d'absurdités ; nul n'a songé à tirer de la comparaison des faits un enseignement réellement philosophique, et à marquer les différentes phases par lesquelles a passé une science qui, toute chimérique qu'elle est, a été cependant le début nécessaire des grandes découvertes qui devaient en ruiner les fondements. Je tenterai de le faire. J'aurais pu accumuler bien des témoignages et grossir ce volume d'une foule de détails intéressants ; mais j'ai voulu me borner à indiquer la voie qu'a suivi l'esprit humain, et je n'ai demandé à mes lectures que les citations indispensables à la démonstration de la vérité. (A. Maury)
Pendant la guerre de 1870 une diligence est pleine de gens qui fuient l'armée prussienne ; au milieu des gens "honnêtes" et bien-pensants, se trouve "Boule de suif" , une prostituée que ses compagnons de voyage méprisent. La diligence est arrêtée dans une auberge par des soldats prussiens dont l'officier exige, pour la laisser repartir, les faveurs de "Boule de suif" . "Boule de suif" qui refuse d'abord par patriotisme, va-t-elle finir par accepter ? Ses compagnons de voyage lui sauront-il gré de sa rigueur patriotique ou de sa complaisance ? Ce court récit est le premier que Maupassant a publié (en 1880). Son maître, G. Flaubert, n'en avait pas jugé dignes ses écrits précédents.
La religion des Celtes constitue un système de pratiques et de croyances basé sur un panthéon mythologique, civique et philosophique des Celtes. Comme les autres peuples de la protohistoire/Antiquité d'Europe, les Celtes ont développé un système religieux polythéiste, dans le cadre duquel officiait la classe sacerdotale des druides. Cette religion s'est progressivement dissoute dans la culture de l'Empire romain à partir du ier siècle av. J. -C. , à l'exception de l'Irlande où la civilisation celtique a continué d'exister jusqu'à l'évangélisation de l'île au ve siècle. Le celtisme fait donc partie intégrante de la tradition occidentale. Les Celtes ont su résister aux invasions romaines, puis aux évangélisations chrétiennes en gardant leur identité principale, une forme originale de paganisme qu'incarnent les druides. Ces prêtres anciens, dont le temple était la nature, maîtrisaient les sciences de la vie, de la mort et de la magie. Ils honoraient les Dieux qui n'étaient pas encore humanisés. Leurs présences invisibles apparaissaient aux Celtes sous la forme d'animaux que les druides et les héros pouvaient reconnaître. Les récits et les épopées celtiques irlandais témoignent de ce panthéon vivant qui influence encore notre imaginaire. Le plus connu des dieux celtes à forme d'animal est le Minotaure, moitié homme et moitié taureau. Ce dieu primitif apparaît sur les enseignes romaines où il occupe le troisième rang après l'aigle et le loup, avant le cheval et le sanglier. Ces conceptions mythologiques constituent-elles une phase intermédiaire entre la notion plus ancienne des dieux à forme animale et la notion des dieux à forme humaine ? C'est la question que, dans son inventaire des figures mythologiques de la Gaule et de l'Irlande, se pose Henri d'Arbois de Jubainville. Il en conclut que, contrairement à l'opinion répandue chez les géographes et les historiens grecs, les druides n'enseignaient pas "la métempsychose pythagoricienne" mais d'autres rites racontés dans cet ouvrage richement documenté.