Le sensible et le cruel. La passion érotique des étoffes chez la femme
Gatian de Clérambault Gaëtan
ETEROTOPIA
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EAN :9791093250847
Dans ce texte, Clérambault, il nous offre une analyse lucide de certaines "perversions" féminines qui se distinguent nettement du sadomasochisme et du fétichisme masculins. La "froide passion"des femmes pour les tissus et surtout pour la soie, témoigne de l'apparition de ce que Clérambault définit comme l'automatisme primitif, c'est-à-dire l'affirmation d'instances qui dissolvent le moi incapable de les contrôler, la voix d'un désir qui ne se rapporte pas à l'autre mais se complète en lui-même. L'automatisme mental L'automatisme mental, tel que l'a défini Gaëtan Gatian de Clérambault, désigne une irruption silencieuse et tyrannique du psychisme en dehors de toute maîtrise du sujet. Ce ne sont plus les pensées qui naissent de l'âme, mais des pensées qui s'imposent à elle , ce ne sont plus les actes qui procèdent de la volonté, mais des mouvements qui se produisent comme d'eux-mêmes. Le sujet ne pense plus : il est pensé. Enfin, l'automatisme atteint l'action elle-même. Les gestes s'accomplissent sans intention, les actes se produisent sans décision. Le sujet n'agit plus : il est agi. Sa propre corporéité devient le théâtre d'une puissance anonyme. La passion érotique des étoffes chez les femmes Dans la passion érotique des étoffes, telle que l'a décrite Gaëtan Gatian de Clérambault, le tissu cesse d'être un simple objet pour devenir un foyer d'excitation autonome, détaché de toute finalité sexuelle ordinaire. La matière, par sa texture, son plissé, sa souplesse ou son éclat, acquiert une puissance affective propre, immédiate, irréductible à la représentation de l'autre. Il ne s'agit pas d'un goût, ni même d'une préférence, mais d'une véritable passion, au sens clinique du terme : un état où le sujet se trouve saisi, captif, gouverné par un mécanisme qui s'impose à lui. Le contact de l'étoffe, son froissement, parfois sa seule vue, provoque une émotion intense, souvent accompagnée d'un apaisement profond ou d'une jouissance muette, presque impersonnelle. Ce que la clinique isole comme phénomène pathologique peut être relu, à la suite de Deleuze et Foucault, comme un indice critique du fonctionnement ordinaire du pouvoir sur les corps. Ce sentiment de froideur qui règne aujourd'hui se révèle être un état de masse, c'est pourquoi le présent ouvrage revêt une importance extrême.
Nombre de pages
72
Date de parution
09/06/2026
Poids
120g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9791093250847
Auteur
Gatian de Clérambault Gaëtan
Editeur
ETEROTOPIA
Largeur
150
Date de parution
20260609
Nombre de pages
72,00 €
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Comme toujours avec Clérambault (1872 - 1934), la classification psychiatrique s'accompagne de récits de cas de patients, vivants, écrits dans une langue superbe : Clérambault est aussi un grand écrivain. Ici des patientes croient que des personnages plus ou moins célèbres (le curé de leur quartier, mais aussi le roi d'Angleterre !) sont amoureux d'elles et communiquent avec elles de manière secrète. C'est l'illusion délirante d'être aimé. Dans un premier temps, la patiente couvre celui qui est sensé l'aimer de cadeaux... mais vient le dépit... qui peut se terminer par un assassinat. Nous avons dans ce livre tous les récits des cas célèbres de Clérambault avec le compte-rendu des interrogatoires. Un véritable feuilleton !
Clérambault (1872 - 1934) reçoit des femmes dont l'essentiel de la sexualité est en relation avec les tissus les plus divers et leur maniement. Ces femmes peuvent lui être amenées par la police car elles ont été surprises dans un grand magasin à voler de la soie et à se masturber sans avoir eu la force de résister avant même d'être rentrées chez elles. Clérambault va les écouter avec passion car lui-même est un amoureux du tissu et des drapés. Il rapporte leurs propos avec beaucoup de soins. Il va aussi distinguer cette passion du fétichisme.
Ce livre traite d'un « moment » du parcours de Lacan, où il rencontre les leçons de Clérambault, son seul Maître en psychiatrie. Nouant la philosophie, la psychanalyse et la fantaisie, la trame est celle d'un apologue entre Maître Clérambault et son élève Lacan. Nous y avons conçu les ressorts d'une relation complexe. La démarche de l'ouvrage suit les trois scansions du « temps logique » lacanien : « l'instant de voir », « le temps pour comprendre » et le « moment de conclure », à l'oeuvre dans la rencontre du Maître et de l'élève. La première donne un aperçu sur l'inconscient et une transgression de l'élève à l'endroit du Maître. Le second souligne les leçons du Maître sur la passion des étoffes, la folie à deux et le délire collectif couplé au crime de masse. Le troisième signe le tournant de Lacan vers la psychanalyse, après la seconde guerre, centré sur la criminologie, la psychiatrie anglaise et le trait singulier du sujet. Loin de constituer un simple antécédent embaumé, à ranger dans les limbes du surgissement de Lacan sur la scène psychanalytique, le « moment Clérambault » est constitutif de la fraîcheur du discours psychanalytique, attentif aux conditions de sa naissance.
Mumford Lewis ; Cruz-Pierre Azucena ; Paquot Marti
Les Brown Decades ont commencé après la guerre de Sécession : elles ont pris fin avec l'adoption de la frontière. La couleur de la vie en Amérique a changé par la suite. L'électricité a effectué des progrès pour notre civilisation mécanique : la période néotechnique était née. Les nouveaux appareils de libération du territoire, l'automobile, l'avion et la radio, ont été inventés : l'atome a révélé la complexité insoupçonnée et la psychologie a mis en lumière des profondeurs jusqu'alors intactes dans l'esprit. A côté de ces impulsions vives à la réflexion et à l'action sont des éléments plus sombres, aussi sombres que tout ce qui a été généré par la guerre de Sécession : la journée du pionnier industriel finie, un impérialisme agressif commençait la recherche de nouveaux marchés et par une centralisation constante du pouvoir et de la richesse, des villes monstrueuses ont commencé leur existence : l'embrigadement des hommes et de la culture de choses ont suivi. Les Brown Decades finissaient : leurs créateurs et initiateurs ont été négligés, jetés avec mépris de côté, leurs espoirs sont devenus insolvables ; leurs seuls monuments ont ironiquement défié le temps. Nous avons gagné et nous avons perdu. Qui peut pleinement montrer où, qui peut estimer combien ? Un changement définitif dans notre vie a eu lieu vers 1895 et il y a quelque chose derrière celui qui se perd dans un simple compte des choses, des forces, des machines, des institutions, des événements : quelque chose qui nous échappe encore et semble détenir un indice. C'était peut-être que seulement une couleur. Mais ce qui était valable dans l'art et dans la pensée des Brown Decades n'a pas cessé d'exister, même si cela a été temporairement oublié. Si l'on met l'accent sur les personnes négligées des Brown Decades, il n'y a pas a dénigrer les leaders reconnus ou a rabaisser tout à fait leur travail : il s'agit plutôt de placer la totalité de la somme des réalisations dans une meilleure perspective et de mettre en premier plan les noms les plus illustres. Quand les artistes s'appelaient - Olmsted, Roebling, Richardson, Ryder - les Brown Decades devenaient dans les arts ce qu'était le Guilded Age dans la littérature : l'accomplissement du passé et un point de départ pour l'avenir. Ce travail mène-t-il vers notre propre génération ? Oui, au moins, dans une certaine mesure. Vers une réalisation encore plus solide que la nôtre ? Espérons-le.