Au départ, une relecture d'Antigone avec l'étonnement de retrouver, dans la tragédie de Sophocle, le scénario de la dissidence, dégagé des études antérieures de l'auteur à partir d'analyses de cas du XXe siècle. Puis, cet étonnement se mue en question : qu'est-ce qui se joue, au Ve siècle avant J.-C., qui s'exprime dans Antigone mais aussi dans Electre et qui continue à nous concerner d'aussi près ? L'émergence de l'individu face aux nomoï - ces lois à dimensions à la fois sociales, politiques et sacrées - qui ont régi Athènes auparavant. Cet Ordre se fracture, laissant se dessiner des ordres multiples : social, politique et éthico-religieux... qui ne se recoupent plus. L'individu dans la cité a alors le choix. " Choix d'Antigone " ou transgression des normes et des lois pour réaffirmer publiquement les principes qui constituent la référence symbolique menacée d'une institution, d'une société ou de l'Humanité tout entière, selon les formes et les enjeux de la dissidence. " Choix d'Ismène " ou retrait vers l'intérêt privé de qui s'abrite derrière son statut et se juge impuissant, engendrant toutes les démissions qui permettent à un ordre injuste de triompher. Ce choix, vingt-cinq siècles plus tard, reste celui du citoyen dans certaines situations limites. L'affaire du sang contaminé nous montre qu'il demeure pertinent au sein de nos sociétés démocratiques occidentales et que les institutions ne peuvent dispenser l'individu-citoyen d'options à dimension éthique, qui décident du devenir d'une société.
Nombre de pages
160
Date de parution
15/02/2000
Poids
208g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738486479
Titre
Antigone ou L'aube de la dissidence
ISBN
2738486479
Auteur
David-Jougneau Maryvonne
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
208
Date de parution
20000215
Nombre de pages
160,00 €
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Qu'arrive-t-il à l'individu qui défend des principes en s'en prenant aux normes de son institution, dans la France contemporaine ? L'analyse sociologique des affaires Papinski - cet instituteur qui écrit un pamphlet contre l'inspection -, Bidalou, le juge d'Hayange, Blache, "prof de philo" à Villeurbanne ou de ce père qui a enlevé son enfant..., nous le montre en produisant, pour la première fois, une théorie de la dissidence institutionnelle. Si ces individus qui se sont faits exclure de leurs institutions n'ont pas été repérés, jusqu'à présent, comme "dissidents", c'est que nous rejetons nos dissidents comme des "paranoïaques" : ce "diagnostic" est l'expression de la défense des normes dont nous sommes tous porteurs... Eclairés par Lewis Carroll, nous suivons avec bonheur Alice au Pays des Normes : chacun doit y rester aux dimensions qui lui sont assignées, en tant qu'instituteur, juge, père, etc. Le dissident, lui, ne s'en tient pas aux "dimensions normalisées". Proposant une autre manière de jouer son rôle, il est à la recherche de la "bonne dimension" et connaît des métamorphoses, tel Alice au Pays des Merveilles : tantôt il "grandit" démesurément, tantôt il est menacé d'"être soufflé comme une bougie". Cette quête de la dissidence, d'Antigone à Sakharov, en passant par les formes moins visibles analysées ici, nous interpelle : que peut faire l'individu face à des pratiques sociales qu'il juge injustes ? Comment réagit le corps social face à celui qui prétend changer l'"ordre" dominant ? Toutes questions qui hantent la société occidentale dès ses origines, mais qui trouvent des formes et des réponses particulières dans la France d'après 1968.
Les Athéniens du Ve siècle av. J-C. ont inventé la démocratie, la loi, la raison et la liberté du citoyen pour gérer les affaires publiques. Mais, en dehors de ce champ politique, la plupart d'entre eux - démocrates comme aristocrates- se laissaient guider par les nomoi, ces coutumes des ancêtres qui définissaient les rôles de chacun, selon un ordre à la fois social, moral et... religieux. Socrate, en s'en remettant au seul sujet pensant, clans sa recherche de ce qui est véritablement "bon" pour l'homme, brisa la légitimité de cette transmission générationnelle. Il se mit à la place du père pour proposer une éducation à la réflexion, un autre accès à la vertu. Tous ceux qui perpétuaient l'ordre des nomoi se sentaient réellement menacés dans leurs repères par les idées nouvelles des "physiciens", sophistes ou philosophes, qui venaient les ébranler. Comme système de défense, ils projetaient une représentation fantasmée de ces intellectuels qu'ils accusaient, sans distinction, de "corruption de la jeunesse et d'impiété". Aristophane, clans sa comédie les Ailées, ne faisait que mettre en scène ce rejet idéologique, lorsqu'il proposait de brûler clans "son pensoir" un certain Socrate... Quand, vingt-quatre ans plus tard, Anytos intente un procès à Socrate, l'opinion est sans doute de son côté. Anaxagore et Protagoras eurent aussi leur procès et connurent l'exil. C'est la démarche "dissidente" de Socrate, transgressant sciemment codes et normes du tribunal, qui le fit condamner à une mort choisie. Il sauva ainsi la philosophie en péril dont il devint l'emblème. Le Socrate que nous découvrons, en lisant Platon mais aussi Xénophon, est à la recherche de ce qui est "essentiel" en l'homme, pour en tirer le meilleur parti. Son "souci de soi", que l'on ne peut dissocier du "souci de l'autre", prend en compte les différentes dimensions de l'humain: la pensée critique et dialectique, mais aussi la santé, l'amitié, les rôles sociaux, la loi. II fait émerger l'individu, articulant sa capacité de rupture avec la responsabilité vis-à-vis de lui-même et du monde qui l'entoure. Il propose alors une éthique qui se confoncl avec une forme supérieure de civisme. Une utopie d'actualité! L'auteur, en conclusion, confronte la notion de dissidence avec celle de parrêsia que Foucault définit ainsi: "Il y a parrêsia lorsque le dire-vrai se dit clans les conditions telles que le fait de dire la vérité et le fait de l'avoir dite va ou peut ou doit entraîner des conséquences coûteuses pour ceux qui ont dit la vérité."
Aufiere Pierrette ; Babu Annie ; David-Jougneau Ma
Pour cette nouvelle réédition, entièrement remaniée et mise à jour en tenant compte de l'évolution du droit de la famille, notamment, ce guide reprend l'ensemble du processus de médiation familiale. Il permet de comprendre sa logique, son impact, sa place, son mode d'intervention et d'appréhender son évolution à tous égards. En France, la médiation familiale a maintenant une place reconnue et organisée dans la société : d'une part avec les textes législatifs (Loi du 8 février 2005 sur la médiation civile, Loi du 4 mars 2002 sur l'autorité parentale, Loi sur le divorce, réforme du mariage ?), d'autre part dans une structuration professionnelle (diplôme d'Etat de médiateur familial). Ce livre, devenu une référence, décrit la médiation familiale sous son aspect pragmatique dans l'alliance du champ psychosocial et du champ du droit. Il présente les connaissances les plus actuelles, indispensables, à l'exercice du métier de médiateur familial.
Pour David, détenu dans une prison française, l'écriture s'est imposée comme un salut, une façon de dire et de se dire. Ce recueil rassemble une petite partie de sa production. Un témoignage lucide où pointe une lueur d'espoir pour un avenir meilleur.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
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