Datés tantôt d'une bonne pinte de bon sang prise dans le jardin d'un couple d'amis – jour de pinte ! –, tantôt du jour d'une descente plus intériorisée sur une pente personnelle plus amère – jour de pente ! ça arrive –, les poèmes de Bernard Bretonnière nous parlent de tous ces petits riens qui ne sont pas rien ! Il y évoque tout aussi bien ses proches – les siens qu'il a à coeur ou les vieux qui l'émeuvent et le touchent ! – que les poètes qu'il apprécie : Pierre Tilman et Jacques Rebotier ou Valérie Rouzeau et les Nantais Jean-Pascal Dubost, Daniel Biga ou Guy Bellay, l'inoubliable auteur de "Léone, mets-toi nue", ou encore Lucien Suel, le rocker de Star Scriwer, qui comme lui appartient à la Confrérie des Camés de l'Oreille, la grande Internationale de ceux qui entendent un mot pour un autre comme disait Tardieu ! On connaît la virtuosité de Bretonnière pour litaniser les glissements de sens, les dégelées de noms propres, les à-peu-près langagiers, les répétitions insistantes et révélatrices que l'on retrouve, entre autres, dans cette déclinaison caustique faite d'une suite de "naturellement" : Naturellement Mercedes. / Naturellement décapotable. / Naturellement dimanche midi. / Naturellement grand soleil. / Naturellement route de l'océan. / Naturellement lunettes noires. / Naturellement beaucoup plus jeune que lui. / Naturellement blonde. / Naturellement ? jusqu'à cette interrogation finale plus expressive que bien des longs discours. On la redécouvre ici et là bien sûr mais, pour le reste, le propos est plus humainement fibreux si j'ose dire, plus tendrement désabusé. Personnellement j'aime beaucoup cette alternance et ce regard à la Buster Keaton que Bretonnière porte sur certaines choses anodines comme ses chaussettes par exemple – un divin cadeau de Reine ! sa Reine ! Allez-y voir au jour de ponte daté du mercredi 22 mai et revenez ensuite à la case départ. C'est tout un bonheur, tout un bonhoeufs.
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Nombre de pages
82
Date de parution
17/10/2016
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782930607696
Auteur
Bretonnière Bernard
Editeur
DESSERT DE LUNE
Largeur
140
Date de parution
20161017
Nombre de pages
82,00 €
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Ce dictionnaire de citations a pour ambition de distraire, et, s'il se peut, instruire... Drôles ou énigmatiques, lapidaires ou bavards, certains articles font hurler (de rire ou d'indignation), ou bien encore, nous plongent dans des océans de perplexité.
Mon père pudique est-ce que j'ai droit de te dire je t'aime le droit d'écrire sur toi maman veut pas ça : "impudeur indiscrétion" elle dit "pas étaler sur la place publique pas révéler des secrets de famille les gens n'ont pas à savoir quand même" alors si j'ai pas droit pardon pardon pardon." Cette nouvelle édition de Pas un tombeau, publié une première fois en 2003, remet à jour un texte inépuisable dans lequel un fils dit son père vivant, sans idolâtrie ni règlement de compte.
Constatant que 11 millions de lits sont vides en France alors que 300 000 personnes (dont de nombreux migrants) dorment à la rue, l'auteur dans un élan de générosité et d'humanisme exhorte les français à accueillir les migrants chez eux.
Poète ? Oui et définitivement oui. Poète, elle l'est, Anita Conti. Poète, bien avant que d'être océanographe et bien après l'avoir été. Poète par son regard, son appréhension du monde, sa modestie face à la science et son ironie face aux hommes qui prétendent tout maîtriser en faisant souvent le choix du pire. Et pourtant, elle n'a cessé de nous alerter sur la petitesse de nos connaissances scientifiques qu'elle considérait comme encore balbutiantes et a bien souvent préféré rire de la bêtise humaine, de la prétention masculine à se penser immortel alors que tous les signes de la nature lui indiquaient le contraire. Sa parole était sans doute en avance sur son temps. Aujourd'hui, elle est d'une terrible actualité. Il est donc urgent de la lire. De la faire entendre. De l'apprécier dans sa force et dans sa lucidité. D'autant qu'elle est à la fois la parole d'une poète et d'une scientifique : la parole d'une femme.
Imposture. Dès le titre on est jeté sans ménagement dansl'univers "lyrico-décadent" de Jean-Christophe Belleveaux. Trèsvite, il en fixe le décor : "Cendrier : cormoran qui dégueule son trop plein depoisson. Mauvais whisky. "... On s'attend à retrouver un Bukowski échoué dans unvieux divan fatigué, revenu de tout, même de lui-même. Mais peu à peutransparait au fil des mots une rage, une soif inextinguible de liberté qui neveut ou ne peut se taire. En clamant l'imposture, l'auteur nousinvite à tracer, comme le fou de l'échiquier, des diagonales. Il nous invite àflirter avec la normalité "sur le bord ébréché du monde" et à repousser lesbarbelés qui marquent les frontières du dicible. Un défi qui mérite grandementd'être relevé. L'imposture est son quatrième livre publié auxCarnets du Dessert de Lune.
Daniel Simon fait partie de ces auteurs profondément attachants et son dernier livre vient encore le confirmer. Au-delà de la tendresse même de sa langue, il y mène une réflexion profonde et lucide sur le peu qu'il nous reste une fois le chemin parcouru. Nostalgique, oui, mais pas seulement. Même si "le temps s'est pris les pieds dans le tapis de l'impuissance" , ce qui nous touche ici, au lieu de nous faire miroiter un passé qui aurait été meilleur, c'est le besoin de refaire union avec ce qui vit encore, s'éloigner doucement des lumières avec le souci permanent de "ne pas esquiver ce qui meurt, ne plus séparer le monde qui s'en va" . "C'est ici" est un livre ouvert qui ne se referme pas sur lui-même et qui ne veut surtout rien empêcher de ce qui viendra. Un livre bienveillant. Emouvant. Et un bel hommage rendu à la vie, avec délicatesse et modestie.