Les romans de Roger Rosfelder, alias Roger Curel sont invraisemblables comme la vérité des mondes qu'ils décrivent, démasquent ou dénoncent : les expéditions ethnographiques en Afrique, le Front de libération nationale et la guerre d'Algérie, l'Afrique du gaullisme, les réseaux d'espionnage. Fatalement autobiographiques, ces récits et essais entendent corriger les bévues ou l'amnésie de la postérité selon la méthode des vases communicants : le témoin vient prêter la main à l'historien, le polémiste éclaire la lanterne du moraliste, le philosophe négocie avec le rebelle. L'homme aime en gourmet la langue française : il faut écrire avec appétit, enseigne-t-il, sinon les mots sont fades. La gourmandise de l'esthète, elle est dans l'ambiance de l'action (au coeur de la campagne de France en 1940), dans les décors de la narration (au plus intime d'un Madrid inattendu), dans les parfums des lieux (quand les effluves du pain blanc lui taquinent les narines au plus secret de la casbah algéroise). Elle est aussi dans une joie rabelaisienne à manipuler les personnages, ces miniatures de camée, peu importantes en volume mais ciselées, suivant les caractères, avec précision, corrosion ou tendresse. Roger Curel a été dépossédé de sa propre histoire dans la mémoire collective et les archives publiques. Il a été, par intermittence, privé de ses faits et gestes par son frère André, exclu de l'exécution de l'amiral pétainiste Darlan qu'il a été seul à imaginer à Alger en 1942, dépouillé par Jean Rouch de la réalisation de cinq courts-métrages ethnographiques durant la mission Niger chez les Dogon et les Songhaï en 1950 et 1951, effacé de la mise en scène de ""Crin Blanc' par le réalisateur Albert Lamorisse en 1953 ainsi que du scénario et des dialogues de "Traitement de choc" par le cinéaste Alain Jessua en 1973. Soldat valeureux, ethnologue et linguiste, écrivain et journaliste, il importait de revenir sur la vie multiple et aventureuse de ce personnage hors normes et de rendre à Rosfelder ce qui appartient à Curel et vice-versa. Il était temps d'écrire la contre-histoire du marcheur à l'étoile, de la manière la plus juste, la plus éthique et la plus équitable, sans visée subversive et en écartant les facilités du réquisitoire.
Date de parution
08/03/2024
Poids
272g
Largeur
155mm
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EAN
9782351206935
Titre
Roger Curel. Le marcheur à l'étoile
Auteur
Darras Claude
Editeur
COMPLICITES
Largeur
155
Poids
272
Date de parution
20240308
Nombre de pages
0,00 €
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Quand bien même ils s'en défendent, nos contemporains du XXIe siècle utilisent des termes et des locutions sans en connaître le sens précis et l'histoire. Cette méconnaissance entraîne de nombreux contresens, emplois abusifs que l'usage perpétue trop souvent hélas, favorisant l'introduction de ces mots et expressions altérés dans le langage courant et dans les dictionnaires.Le présent manuel se propose de corriger un certain nombre d'emplois fautifs et de rétablir la vérité historique sur un pan de notre lexique si profus.L'information sur l'étymologie, la signification et la carrière historique des mots et locutions n'est naturellement pas exhaustive. Elle s'adresse à tous les francophones curieux de la langue qu'ils parlent et écrivent, et à tous les étrangers désireux de trouver une information précise sur le contenu et l'emploi des termes de la langue qu'ils apprennent à parler et à écrire.
Des premiers paysagistes du XVIIIe siècle aux artistes les plus contemporains, la Côte bleue est un paradis pour les peintres. Ce petit territoire allie la sauvagerie primitive des calanques, la mélancolie de l'étang de Berre et la modernité des paysages née de l'industrialisation, de la pétrochimie et de l'aéronautique. Ce contraste et les chocs visuels qui en résultent ont beaucoup inspiré les peintres, à la suite de Cézanne, des fauves et des cubistes L'Estaque a été l'un des laboratoires de l'art moderne. Cet ouvrage très abondamment illustré montre toute la diversité des paysages et la variété des regards portés par les peintres. Il comprend cinq parties: L'Estaque: Monticelli, Cézanne, Braque, Derain, Renoir; Calanques: Friesz, Quilici, Toubon; Martigues: Ziem, Guigou, Richebé, Dufy; Etang de Berre: Seyssaud, Chabaud, Picabia, Stefanini; De Fos à Marignanne: Lebon, Serra, Surian, Nadal, Rabczuk.
La triple idée d'indépendance, de musique et de métamorphose semble commander le destin exceptionnel de Zhou Shichao. Né en1965 à Qingdao (Shandong), le peintre chinois rejette très tôt la dictature du sujet et les conventions de l'Académie. Devenu professeur à l'université de Jinan (Shandong), il expose à Pékin, Shanghai et Hong Kong entre 1998 et 2000, puis à Marseille en 2010. Dans ses gouaches comme dans ses huiles, il divise la matière, disloque la lumière du prisme et fait éclater les couleurs. À l'image des compositeurs qui pratiquent toutes les formes de la fragmentation, du morcellement, de la décomposition des sons et des timbres, il restitue sur la toile de lin ou le vergé du papier les sensations subtiles de coups de foudre et les impressions fugitives de visions prophétiques, portées à leur maximum d'intensité par une imagination souveraine. La puissance du souffle ancestral qui le porte est issue des profondeurs d'une civilisation millénaire : antiques épigraphes gravées sur la maison natale de Confucius, peintures rupestres des grottes bouddhiques de Mogao à Dunhuang, contes des preux chevaliers des wuxia qui enchantent les écoliers de l'empire du Milieu depuis la fin du XIXe siècle. L'ouvrage, bilingue français-anglais, a été rédigé par Claude Darras à partir de ses rencontres avec des professeurs, des amis, des collègues et des familiers de Zhou Shichao. Il dresse ainsi un portrait complet de l'artiste, illustré de très nombreuses oeuvres rassemblées par périodes, des croquis d'écolier aux peintures entrées dans la collection de l'État chinois.
Sept destins marqués par la franc-maçonnerie. Sept hommes qui, s'ils ne se sont (probablement) jamais rencontrés, ont au moins eu connaissance les uns des autres par le biais de leurs écrits et de leur volonté de développer une fraternité conforme à leurs attentes respectives, différentes en apparence mais similaires en définitive. En effet, cette société mystérieuse, née en Angleterre, qui inquiète les Eglises et les Etats, représente pour certains esprits un lieu propice à la création d'un " contre-monde " où régneraient la paix et la tolérance, après des siècles de guerres politiques et religieuses qui ont ravagé l'Europe. Cependant, cette tolérance, tout comme l'égalité, autre idéal recherché, est " bien comprise " : on ne veut ni rompre avec la chrétienté, ni accepter les athées, les matérialistes, ou les hommes sans principes et sans morale. On pense également que ce nouveau monde, où science et savoir occuperaient une place prééminente, ne pourra émerger que sous l'égide d'un prince éclairé, et on se tourne alors vers ces Grands supposés philosophes : Louis XV, Charles VII, Frédéric II, Catherine II... Parmi ces sept hérauts, Louis François de La Tierce, Dufresne de Francheville, James de La Cour, Joseph Uriot, et Michael Ramsay appartiennent aux premières décennies de la Fraternité. Ils sont des philosophes partisans de la Loi Morale, du progrès, de l'éducation, et du respect de la valeur personnelle des individus. Claude Le Bauld-de-Nans, fervent adepte de la franc-maçonnerie anglaise, est passionné par les développements ésotériques de la société et l'histoire des initiations anciennes. Il s'enthousiasme pour tout ce qui permet le développement de l'individu et la quête de soi, prônant une franc-maçonnerie comme école de la vertu, ouverte sur le monde et faisant du maçon un citoyen engagé dans la dynamique sociale. Enfin, le Chevalier de Beauchaîne, l'un de ces chevaliers d'industrie ayant cherché à vivre de la maçonnerie, s'est lui-même pris à son propre piège et a pu croire que ce qu'il présentait de pays en pays depuis sa roulotte avait une véritable valeur humaine, philosophique et maçonnique.
1939. Dans le hameau isolé de la Montagnette, au coeur du Morvan rural, la famille Rivière survit tant bien que mal sur une terre pauvre et exigeante. Autour d'eux gravitent Fernand, ancien poilu mutilé de 14-18, et trois enfants dont le destin sera bouleversé par la Seconde Guerre mondiale : Benoît, mobilisé puis prisonnier évadé, traqué par l'Occupation allemande ; Jean, envoyé de force au STO ; Yvonne, réfugiée à la ferme des Godards, prise elle aussi dans la tourmente. Lors de l'exode, un bébé handicapé est abandonné au village. Recueillie puis adoptée par Fernand, la petite Edith grandit dans l'affection de tous, mais aussi dans les secrets. A l'école, elle découvre la cruauté des moqueries ; à la maison, elle nourrit l'espoir insensé que ses parents la retrouveront un jour. Fernand, qui connaît la vérité, hésite à briser ce fragile équilibre. Autour d'eux, la guerre étend son ombre : dénonciations, fuites dans les bois, engagements au maquis, descentes de soldats, drames silencieux, amours contrariées... Même les fermes perdues du Morvan occupé ne seront pas épargnées par la violence des années 1940. Roman profondément humain, Les ombres de la Montagnette retrace le quotidien d'un monde paysan en train de disparaître, tout en rendant hommage aux paysages majestueux du Morvan, à la solidarité de la France rurale et à ces familles qui, malgré la pauvreté, surent tendre la main à plus vulnérables qu'elles.
Dans Le jeune Le Clézio en blanc et noir, Kenichiro Otani explore la jeunesse littéraire de Jean-Marie Gustave Le Clézio, écrivain franco-mauricien majeur et prix Nobel de littérature. A travers une analyse sensible et documentée de ses premiers romans – Le Procès-verbal, Le Déluge, Terra Amata, Le livre des fuites, La Guerre, Les Géants, Voyages de l'autre côté – cet essai met en lumière la naissance d'une voix singulière dans la littérature française et francophone contemporaine. En proie à un profond solipsisme, Le Clézio y apparaît à la fois en révolte et en quête, tiraillé par le bruit du monde moderne et un désir irrépressible de pureté. Entre noirceur urbaine et lumière intérieure, il cherche à réinventer un langage neuf, capable d'entendre la parole de l'Autre, de dire le corps, la nature et la liberté. A la croisée de l'analyse psychocritique et de l'anthropologie culturelle, Le jeune Le Clézio en blanc et noir dévoile la lente transformation d'un écrivain en marche vers l'essentiel, un créateur habité par la spiritualité, la sensualité et l'humanisme, aujourd'hui devenu l'un des grands témoins de notre temps.
Une succession de petites nouvelles, inspirées de la vraie vie – ou peut-être inventées, qui le sait ? Tour à tour drôles, grinçantes ou émouvantes, elles nous entraînent dans les méandres d'une fiction contemporaine où l'humour noir côtoie la tendresse et la cruauté du quotidien. Emy, vieille dame acariâtre, découvrira le bonheur dans la maladie. Camille vous bouleversera. Des politiciens, des avocats ou quelques médecins vous agaceront, parfois vous attendriront. Vous croiserez des tribunaux, des assises, des balances, des lunettes ou des habits qui vous rappelleront peut-être vos propres histoires. Entre satire sociale et réalisme, Philippe Lambert de Montmollin observe avec une ironie bienveillante les travers de notre société moderne : dépendance à la technologie, dérives de l'intelligence artificielle, illusions médiatiques et fragilités humaines. Ces nouvelles de la vie ordinaire, pleines d'esprit et de justesse, vous feront sourire, réfléchir, parfois pleurer. Le but ? Vous surprendre. Et, qui sait, vous émouvoir.