L'humanité de Bruno Dumont. Les cinq premières minutes
Darmon Maurice
YELLOW NOW
14,00 €
Epuisé
EAN :9782873404871
Les mots du roman, les espaces et les temps du livre laissent loisir au lecteur de postuler à son rythme l'intériorité des êtres et la vie secrète des choses et des paysages. Mais le cinéma n'ouvre à l'impalpable et à l'invisible que par des corps d'acteurs dans un monde construit par des machines optiques et leurs servants, pour les contraintes d'une séance. C'est de son impureté même que, dans l'éphémère retrait d'un lieu profane et la durée d'une représentation, il tire son irremplaçable puissance à illuminer et animer autrement tous les autres arts. Les peintres y deviennent chorégraphes et les musiciens sculpteurs du temps. L'hypothèse de L'humanité est dans son titre : l'humanité minuscule aux prises dès l'origine du monde avec le mal, mais armée de ses invincibles petites bontés. Mieux qu'un générique, ses cinq premières minutes déterminent son engendrement. J'arrive, dit-il. Rédigés par Bruno Dumont, son synopsis en ouverture du livre et ses notes de tournage, confiants dans la force des mots. Maurice Darmon, professeur de philosophie et de sciences humaines, traductions de l'italien, romans et essais sur le cinéma, direction de la revue semestrielle Le Cheval de Troie, 1990-1997.
Nombre de pages
144
Date de parution
07/10/2022
Poids
150g
Plus d'informations
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EAN
9782873404871
Titre
L'humanité de Bruno Dumont. Les cinq premières minutes
Auteur
Darmon Maurice
Editeur
YELLOW NOW
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Poids
150
Date de parution
20221007
Nombre de pages
144,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Maurice Darmon a enseigné durant toute sa carrière les sciences humaines en classes supérieures. Il est traducteur de l'italien, romancier et essayiste. II a dirigé durant sept ans la revue des littératures et cultures méditerranéennes le Cheval de Troie (1990-1996) et anime depuis mars 2007 le site Ralentir Irai ana. Sur le cinéma, il a publié en 2011 Pour John Cassavetes et La question juive de Jean - Luc Godard / Filmer après fusa Auschwitz, aux éditions Le Temps qu'il fait.
A partir d'écrits et d'entretiens de Jean-Luc Godard sur l'extermination, les juifs, l'Etat d'Israël et le conflit du Moyen-Orient, cet essai (sous-titré Filmer après Auschwitz) prend l'occasion critique d'un montage récurrent de deux célèbres photographies de déportés légendées par lui, pour se confronter à ses thèmes obsédants, ses interrogations sur la légitimité de la représentation et la pensée par images, dans son cinéma et celui dont il s'est fait l'historien. Une pensée par images à vivre ici par le pouvoir des mots, des rapprochements et des affects, sans autre ambition discursive. Il faut revenir sur les accusations d'antisémitisme dont le cinéaste est souvent l'objet de la part de chroniqueurs superficiels et parfois ignorants. Au prétexte d'apparences non questionnées, ce contre-sens absolu nie ce qui, depuis plus de trente ans, et surtout après Shoah de Claude Lanzmann, est explicitement l'âme de l'oeuvre de Jean-Luc Godard : placer au contraire l'extermination et la présence vitale de la pensée juive dans l'histoire européenne et occidentale, et donc les responsabilités incombant aujourd'hui à l'Etat d'Israël, au coeur de sa création cinématographique. Nous publions enfin en annexe un article de Jacques Ellul paru dans Réforme du 23 juin 1945 : Victoire d'Hitler ? et demeuré inédit jusqu'à présent.
Muette présence dès les origines du cinématographe – vues de Lumière ou films de Méliès – et dans les premières épopées historiques de Cecil B. DeMille, Jeanne a failli parler français avec Dreyer dans ce qui aurait été le premier film parlant. Mais ce furent les nazis qui lui volèrent sa parole, avant qu'Hollywood s'empare de sa légende guerrière, où Rossellini l'emporta en Italie dans un tourbillon de lumière. Preminger d'abord, Bresson qui lui donna enfin ses mots dans sa langue, fondèrent les insolences du nouveau cinéma européen. Alors Jeanne devient le passage obligé des auteurs modernes, que ce soit le soviétique Panfilov, ou les français Alain Cavalier, Jacques Rivette, Marcel Hanoun et Bruno Dumont. Jeanne d'Arc à l'écran, c'est-à-dire l'histoire et la légende de tout notre cinéma.
Entre 1956 et 1960, au crépuscule du cinéma classique hollywoodien, Budd Boetticher réalise en indépendant sept westerns incisifs, tous portés par le même acteur granitique, Randolph Scott, considéré par beaucoup comme son inamovible double de fiction. De ce cycle émerge une trilogie, tendue tel un arc, dont Comanche Station assure la quintessence. Dans ce film, pas de graisse, aucune fioriture, nul happy end et encore moins de sentimentalisme, sinon asséché, tout juste une succession de déplacements et de pauses, de trajectoires entêtées et de bivouacs faussement réparateurs, menant en droite ligne vers une apparente résolution finale qui, au personnage central, n'offrira ni repos, ni romance, le laissant seul avec ses tourments initiaux. Il fallait bien le visage impassible de Randolph Scott pour ainsi sortir le western du lyrisme ou des chevauchées fantastiques et oser tendre vers l'épure, voire l'abstraction, où la modernité l'attendait. S'il analyse le film avec rigueur ou, mieux, le psychanalyse avec gaieté, Pierre Gabaston s'adresse aussi directement au cinéaste, dans une forme de dialogue imaginaire et complice, convoquant leurs passions communes pour la tauromachie et les paysages indomptés, présence concrète, matière vivante, partenaire à part entière de l'intrigue. Autant dès lors avertir : bien plus qu'une exégèse, cet essai se veut d'abord livre d'amitié cinématographique et probablement un des ouvrages les plus intimes jamais écrits sur un western.