Accusé par un correspondant de considérer sa propre philosophie comme la meilleure de toutes, Spinoza rectifie : il sait seulement qu'est vraie celle qu'il comprend. Mais on ne trouvera chez lui ni réelle thématisation ni véritable définition de l'idée de philosophie, pas plus qu'un programme des connaissances comme s'appliquent à en dresser Bacon, Descartes ou Hobbes. Cet ouvrage enquête alors sur la présence, chez Spinoza, d'une conception précise voire singulière de l'idée de philosophie. Il collecte les indices d'une telle idée conçue comme praxis de distinction ou, selon l'expression Althusser, comme activité de tracer des lignes de démarcation. Mais il établit encore que la philosophie prend elle-même sens en ce geste, et seulement en ce geste, c'est-à-dire par le biais de relations nécessaires avec ce qui a priori n'est pas elle : le vulgaire, l'ignorant, le théologien, le souverain ou même d'autres philosophes. L'idée de philosophie, en d'autres termes, s'autoproduit dans un système de rencontres singulières. En analyser les fruits permet alors de recomposer la nature de la "vraie philosophie" : une pratique de production d'idées et de leur communication. Mais se fait jour, en outre, comme un naturel philosophe, effort s'éprouvant selon une réjouissance propre au "vrai philosophe", déjà sage en vertu de son mouvement de se perfectionner et d'accroître sa puissance.
Date de parution
16/10/2014
Poids
780g
Largeur
160mm
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EAN
9782859447953
Titre
MEILLEUR OU LE VRAI
ISBN
2859447954
Auteur
DANINO
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
160
Poids
780
Date de parution
20141016
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Le mythe aryen, enfant illégitime de l'indianisme, de la linguistique et des doctrines racistes du XIXe siècle, contribua à la montée du nationalisme allemand. Si sa composante européenne s'effondra avec la défaite du nazisme, la théorie d'une "invasion aryenne" de l'Inde persiste contre toute attente et demeure la base de notre interprétation de cette civilisation. Michel Danino montre comment les trouvailles récentes de l'archéologie, de l'anthropologie et de la génétique, entre autres disciplines, s'accordent avec la littérature et les traditions indiennes à exclure toute migration, durant la préhistoire de l'Inde, de soi-disant "Aryens" - qui ne sont que la création de nos fantasmes d'affrontements épiques et de glorieuses conquêtes. Ecrit dans un style vivant, parfois irrévérencieux, cet ouvrage richement illustré nous convie à explorer les origines de la civilisation et de la culture indiennes, depuis la vallée de l'Indus et les débuts de la quête védique. C'est un plaidoyer pour une perspective nouvelle de l'Inde, qui permet de mieux saisir le secret de la survie millénaire de cette civilisation.
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Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.