Entre 1952 et 1978, Guy Debord réalise six oeuvres cinématographiques. En 1994, peu avant sa mort, il y ajoute un film de télévision. Dans sa critique de la société du spectacle, qui réduit la vie à une représentation, Guy Debord fait pleinement usage de l'image. Avec la pratique du détournement, le cinéaste révolutionnaire remet en cause le conditionnement social propre au capitalisme et évoque son itinéraire sur un mode à la fois héroïque et intime. En prenant pour fil d'Ariane le cinéma de Guy Debord, ce livre retrace le combat du réalisateur dans le labyrinthe de l'Histoire de la seconde moitié du XXe siècle. II étudie sa poétique, indissociable d'un refus politique de tout compromis. Son oeuvre s'appuie sur le principe de la négativité, qui s'inscrit au coeur d'une contradiction dialectique: produire un art tout en insistant sur son impossibilité. Au fur et à mesure de l'abandon de l'horizon révolutionnaire, Debord transforme cette négativité en "mal", seul moyen d'échapper à l'idéologie bourgeoise du bonheur. Cet ouvrage retrace le parcours singulier d'un créateur, dans et contre la culture contemporaine.
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Nombre de pages
233
Date de parution
23/02/2011
Poids
476g
Largeur
160mm
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EAN
9782912539427
Titre
Le cinéma de Guy Debord. 1952-1994
Auteur
Danesi Fabien
Editeur
PARIS EXPERIMEN
Largeur
160
Poids
476
Date de parution
20110223
Nombre de pages
233,00 €
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A observer l'art du XXe e siècle, le ready-made est une pierre d'achoppement contre laquelle il est difficile de ne pas venir buter. S'il fut tout d'abord un objet non identifié par l'art de son temps, il est devenu une référence incontournable pour la création contemporaine qui ne cesse encore aujourd'hui de s'y rapporter. Faire de l'art avec ce qui n'en est pas : voilà la définition aporétique du ready-made qui a été progressivement invalidée par sa postérité. En obtenant une légitimité au sein du champ de la création plastique, l'invention de Marcel Duchamp s'est transformée en un paradoxal " objet-dard " dont l'instabilité semble continuer à inquiéter même si elle a rejoint les musées. Au coeur de ces " coins de chasteté " où toutes les provocations de la modernité ont été rassemblées, le ready-made demeure en effet le lieu d'une césure impossible à résorber. Il a ouvert la catégorie de l'oeuvre d'art à ce qui lui était soi-disant le plus étranger lorsqu'elle se limitait encore à l'illusion : la réalité même.
"Quant à l'art, il est trop superficiel pour être vraiment nul. [...] Comme pour l'anamorphose : il doit y avoir un angle sous lequel toute cette débauche inutile de sexe et de signes prend tout son sens, mais pour l'instant, nous ne pouvons le vivre que dans l'indifférence ironique." Cette phrase est extraite de l'article de Jean Baudrillard intitulé "Le complot de l'art", paru dans le quotidien Libération du 20 mai 1996. A l'époque, le propos fut reçu comme une provocation, un jugement à l'emporte-pièce qui faisait de la création contemporaine une monnaie de singe et plaçait son auteur dans le camp de la réaction. Il était facile, en effet, de réactiver le combat historique de la modernité contre l'académisme [...] Sauf que cette posture avait pour principal défaut de reprendre un schéma obsolète auquel Baudrillard ne se conformait pas, tant sa position ne partageait rien avec les cris d'orfraie qu'à la même période un Jean Clair proférait. Nulle volonté, pour le théoricien de la simulation, de préserver une grandeur esthétique disparue, nul désir de s'en remettre à une bienheureuse transcendance de l'oeuvre sous les noms de beauté ou de vérité. Au contraire, son jugement lapidaire était avant tout une manière d'en finir avec la transgression alors que celle-ci était - depuis plus d'un siècle - l'un des moteurs de l'art moderne."
« Qu est-ce que c est? » « Que voyons nous? » Ou, plus précisément: « Que s est-il passé? ». La vision est soudain confrontée à un trauma: nous sommes saisis par l urgence et l intensité d une présence qui tout à la fois captive la vue et incite à détourner le regard. Three Horizontals a la force d une énigme. À qui sont ces corps mutilés? D où proviennent-ils? Ce sont des corps génériques en mal d appartenance. Corps de Louise Bourgeois. Corps de sculpture. Corps de la féminité. Corps aussi d une nécessité aveugle. Corps enfin de nos sociétés contemporaines. Fabien Danesi replace Three Horizontals dans l ensemble du corpus de Louise Bourgeois ainsi que dans les explorations esthétiques et théoriques de cette fin du xxe siècle. Evelyne Grossman retrouve dans les motifs biographiques de l oeuvre les affres de l identité confrontée à l instabilité des différences sexuelles. Frédéric Vengeon voit dans cette oeuvre la puissance d un sphinx contemporain qui interroge la condition humaine. Sculpteur et plasticienne américaine d origine française, Louise Bourgeoiss (1911-2010) a reçu le Lion d or de la Biennale de Venise en 1999. Une rétrospective lui a été consacrée à Paris, au Centre Pompidou, en 2008.
Je ne ferai, dans ce film, aucune concession au public." C'est en ces termes que Guy Debord ouvre ln girum imus nocte et consumimur igni en 1978. La formule donne le ton de l'ensemble de ses oeuvres cinématographiques, où le regard rétrospectif sur son parcours de révolutionnaire se mêle à la critique radicale de la société capitaliste. A rebours de tout cinéma, Debord élabore ainsi, de 1952 à 1978, une oeuvre filmée unique en son genre, exigeante et corrosive. Il fait appel à la technique du détournement et plonge au coeur de la culture visuelle de son époque. Cet ouvrage présente le matériel collecté par Debord pour ses films, telles les pin-up exprimant le désir aliéné par la marchandise tout autant que la promesse d'une émancipation. Il rassemble une vaste documentation de manuscrits, notes préparatoires et images employées dans son assaut contre le spectacle.
Mon approche de l'art est celle des Egyptiens, je veux travailler pour l'éternité. " (Kenneth Anger) L'auteur de cet ouvrage élucide les sources iconographiques qui structurent la fascinante imagerie caractéristique de l'univers de Kenneth Anger. Pour cela, il a mis en évidence les relations étroites qui unissent l'œuvre du cinéaste aux écrits " magicks " de l'occultiste anglais Aleister Crowley. Il a pu ainsi établir la véritable signification des symboles mystérieux, des rituels étranges et des personnages hiératiques qui hantent ce cinéma. Le lecteur s'apercevra qu'il se trouve face à une logique rigoureuse qui offre une autre perception du monde et attribue les plus grands pouvoirs au cinéma.