Extrait du prologue Elle se retourne sous les draps si usés qu'ils sont devenus doux comme de la soie et se glisse de son côté, là où demeurent encore sa chaleur et son odeur. Il est parti sans faire de bruit pour ne pas la réveiller. Elle a le droit de faire la grasse matinée, de se lever quand il lui plaît, de dormir tout son saoul. Comme une patronne... C'est une découverte, elle n'a jamais connu une existence si luxueuse. Rêve-t-elle? Son corps est alangui, sa peau frémissante de plaisir, elle sent encore les bras fermes et tendres qui l'ont étreinte et bercée. Aussi loin que remontent ses souvenirs, personne ne l'avait jamais prise dans ses bras. Ni bercée. Si sa mère l'a fait, sa mémoire ne l'a pas retenu. Une mère fantôme, morte quand elle avait six mois. Lorsque mémé est venue la chercher, elle était dans une pouponnière. Des mains étrangères ont dû la saisir, la retourner, la changer, la laver, la coucher, ça, ce n'est pas prendre dans les bras. Mémé avait des principes: un bébé, moins on le touche, mieux il se porte. S'il pleure, il faut le laisser pleurer, il finira bien par se fatiguer et s'endormira. Donc, Gabrielle s'était endormie, solitaire dans son berceau sombre comme un tombeau. Mémé l'aimait sans doute, d'un amour silencieux et bourru, empli de regrets, de chagrin, de révolte jamais résignée. Elle n'avait eu qu'une fille, son mari, maréchal-ferrant à Bonnières-sur-Seine, s'était fait tuer au mois de mai 1915 au cours d'une offensive dans l'Artois. Une jolie petite fille qu'elle n'avait jamais prise dans ses bras, il ne fallait pas «tripoter les bébés». On l'avait appelée Fernande comme son père, Fernand Robin, un bel homme grand et costaud. Fernande était grande, elle aussi, mais fluette. A dix-huit ans, elle partit à la ville, à Mantes, où elle rencontra un homme marié, un bourgeois, bel homme fringant qu'elle aima éperdument mais imprudemment. A vingt et un ans, elle mettait au monde Gabrielle, puis mourait. «Elle est morte de chagrin, avait dit mémé, ce bourgeois, cet homme de la haute, un professeur, ou je ne sais trop quoi, l'a bel et bien abandonnée quand il a su qu'elle était enceinte. Quelques billets... et au revoir, ma p'tite. Une bâtarde, t'imagines le scandale, la légitime qui se tord les mains de désespoir et ameute toute la ville, les autres enfants - car il y en avait sûrement d'autres - accrochés à ses jupes. Pauvre Fernande, elle avait honte, elle ne m'a rien dit, elle est allée dans un institut où les religieuses l'ont recueillie. Ce sont elles qui m'ont avertie, ma fille était morte et une petite fille m'attendait.» Et elle jetait un regard troublé sur Gabrielle où se mêlaient confusément reproches retenus et amour frustré.
Nombre de pages
231
Date de parution
04/10/2012
Poids
325g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782258096516
Titre
Gabrielle ou le désarroi
Auteur
Dana Jacqueline
Editeur
PRESSES CITE
Largeur
142
Poids
325
Date de parution
20121004
Nombre de pages
231,00 €
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