"Suis-je un génie ?" A cette question posée en tête de son livre, Salvador Dali répond en trois cents pages. Pour lui, cela ne fait plus de doute depuis son enfance. Il a eu, jusqu'au vertige, la conscience de son génie. C'est, paraît-il, un sentiment intime très réconfortant. Ses parents l'ont prénommé Salvador parce qu'il était destiné à être le sauveur de la peinture menacée de mort par l'art abstrait, le surréalisme conformiste, le dadaïsme et, en général, tous les "ismes" anarchistes issus de la Première Guerre mondiale. Le premier, Dali réclame l'honneur de retrouver la Tradition, mais après avoir expérimenté lui-même toutes les tentatives désordonnées de son temps. Ces étapes, il les a parcourues à une allure foudroyante, rejoignant d'un bond le Surréalisme, le personnifiant un court instant, le dépassant ensuite d'un autre bond pour aboutir des "montres molles" à ces deux chefs-d'oeuvre contemporains que sont la "Madonne de Port Lligat" et le "Christ d'après Saint-Jean de la Croix". Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. L'auteur s'y dépouille de ses secrets avec une impudeur insolente, un humour débridé, une cocasserie étincelante. Les adversaires de Dali y puiseront leurs petits arguments. L'auteur s'en moque puisque sa peinture répond pour lui. Les admirateurs de Dali découvriront, au contraire, ce qui fait la grandeur profonde de ce Catalan parti à la conquête du monde, et luttant seul contre les forces obscures de l'informe et du nihilisme. On ne s'étonnera pas non plus que cet oeil infaillible de peintre ait su voir, noter, retenir et faire revivre pour nous le monde qui l'a entouré, le snobisme dont il se gorge, l'ambition qui le dévore". Michel Déon.
Nombre de pages
416
Date de parution
14/11/1979
Poids
220g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070354177
Titre
La Vie secrète de Salvador Dali
Auteur
Dali Salvador
Editeur
GALLIMARD
Largeur
108
Poids
220
Date de parution
19791114
Nombre de pages
416,00 €
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Suis-je un génie ? A cette question posée en tête de son livre, Salvador Dali répond en trois cents pages. Pour lui, cela ne fait plus de doute depuis son enfance. Il a eu, jusqu'au vertige, la conscience de son génie. C'est, paraît-il, un sentiment intime très réconfortant. Ses parents l'ont prénommé Salvador parce qu'il était destiné à être le sauveur de la peinture menacée de mort par l'art abstrait, le surréalisme conformiste, le dadaïsme et, en général, tous les "ismes" anarchistes issus de la Première Guerre mondiale. Le premier, Dali réclame l'honneur de retrouver la Tradition, mais après avoir expérimenté lui-même toutes les tentatives désordonnées de son temps. Ces étapes, il les a parcourues à une allure foudroyante, rejoignant d'un bond le Surréalisme, le personnifiant un court instant, le dépassant ensuite d'un autre bond pour aboutir des "montres molles" à ces deux chefs-d'oeuvre contemporains que sont la "Madonne de Port Lligat" et le "Christ d'après Saint-Jean de la Croix". Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. L'auteur s'y dépouille de ses secrets avec une impudeur insolente, un humour débridé, une cocasserie étincelante. Les adversaires de Dali y puiseront leurs petits arguments. L'auteur s'en moque puisque sa peinture répond pour lui. Les admirateurs de Dali découvriront, au contraire, ce qui fait la grandeur profonde de ce Catalan parti à la conquête du monde, et luttant seul contre les forces obscures de l'informe et du nihilisme. On ne s'étonnera pas non plus que cet oeil infaillible de peintre ait su voir, noter, retenir et faire revivre pour nous le monde qui l'a entouré, le snobisme dont il se gorge, l'ambition qui le dévore", Michel Déon.
Ce livre nous dévoile un Dali quotidien. Pour Dali, son propre génie ne fait pas de doute. Il ne le répète pas pour s'en convaincre, mais pour convaincre ses contemporains. Dans le Journal d'un génie Dali se contemple, mais va en même temps plus loin et, au-delà de son image, retrouve les ambitions métaphysiques de la peinture. Au-delà de cette publicité dont il s'inonde, Dali nous révèle aussi son caractère : celui d'un peintre qui pousse la conscience de son art jusqu'à la minutie exaspérante qui le conduit au bord de la folie.
« Suis-je un génie? » Pour Salvador Dali la réponse est oui. Pour lui, cela ne fait pas le moindre doute depuis l'enfance. « Regarde! Salvador Dali vient de naître. Le vent a cessé de souffler et le ciel est pur. La Méditerranée est calme et sur son dos lisse de poisson, on peut voir briller comme des écailles les sept reflets du soleil. Ils sont bien comptés et tant mieux car Salvador Dali n'en voudrait pas plus! C'est par un matin semblable que les Grecs et les Phéniciens ont débarqué dans les golfes de Rosas et d'Ampurias pour y préparer le lit de la civilisation et les draps propres et théâtraux de ma naissance, s'installant au centre de cette plaine de l'Ampurdan qui est le paysage le plus concret et le plus objectif du monde. » Ce livre est un monument élevé par Salvador Dali à sa propre gloire. Si toute modestie en est absente, en revanche sa sincérité est brûlante. Dali s'y dépouille de ses secrets avec une impudence insolente. Une autobiographie passionnante et outrancière à l'image du peintre.
Raymond Guérin est fasciné par la lettre, qu'il s'agisse de la forme littéraire qui structure certains de ses récits ou d'une véritable correspondance. A tous les titres, de la pratique de l'échange à l'exercice de l'imagination, il est un épistolier. Les Lettres à Sonia sont certes une correspondance réelle entre un écrivain et la femme qu'il aime, séparés par la guerre et la captivité, mais elles sont aussi et au moins autant un journal, et encore une projection, une mythologie, bref c'est un récit qui se donne. Journal ou récit qui est adressé à l'autre, destinataire et matière sacrée de l'écriture. En contre-point, Guérin brosse son portrait intérieur, il évoque le quotidien du prisonnier dont la vie personnelle, comme celle du monde, est soumise aux ruptures de l'histoire. Ecrivant ces Lettres qui sont un roman, Guérin s'inscrit dans une fièvre d'expression que son étrange disponibilité ne peut qu'aviver. Digne dans l'épreuve, répondant par les mots à la misère du temps, il dresse au jour le jour un monument de résistance à la barbarie, fondé sur l'amour et la foi dans le verbe. Le monde de l'intelligence le nourrit plus que jamais et s'érige en rempart contre la sottise. Dans les Lettres à Sonia, Guérin se montre bouleversant de droiture et de lumière.