Dire le savoir-faire. Gestes, techniques et objets
D'Onofrio Salvatore ; Joulian Frédéric ; Cobbi Jan
L'HERNE
12,20 €
Epuisé
EAN :9782851973702
Nous vivons dans une époque de mutation anthropologique provoquée, dans une large mesure, par la séparation entre les hommes et leurs outils. Cette véritable " catastrophe anthropologique ", dont nous sommes tous en même temps responsables et victimes, s'accompagne de la désintégration qu'ont produite dans les sciences sociales les notions réductrices d'Homo oeconomicus, d'Homo religiosus, ludens, ou videns. Cette désintégration est illustrée aussi bien par la création de clones que de nouveaux individus capables de tout consommer, depuis les produits transgéniques jusqu'à la viande d'animaux que nous avons transformés en " cannibales ". Etudier le savoir-faire dans les sociétés traditionnelles peut donc devenir une vraie ressource, puisqu'on fait alors appel à des modèles qui peuvent montrer à plusieurs niveaux la relativité des idéologies dominantes. Ce programme apparaît d'autant plus intéressant que nous vivons dans une civilisation capable de constituer des archives très sophistiquées de la mémoire sociale, alors même qu'elle est en train de vider l'humanité des appareils symboliques et conceptuels élaborés tout au long de son histoire. Dans diverses sociétés, les savoir-faire s'expriment par des concepts et des mots dont la valeur sémantique dépasse souvent le cadre des gestes techniques, tâches ou contextes d'utilisation. Et quoique dans certaines cultures le savoir-faire puisse être très développé sans avoir pour autant d'expression linguistique, il existe néanmoins, couramment, une relation étroite entre l'investissement corporel et les catégories stylistiques auxquelles appartiennent les objets. Les articles qui composent ce numéro explorent ces questions dans des sociétés fort éloignées dans le temps et dans l'espace et relancent le débat autour des pratiques techniques et de leurs modes de transmission.
Nombre de pages
143
Date de parution
16/02/2006
Poids
236g
Largeur
176mm
Plus d'informations
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EAN
9782851973702
Titre
Dire le savoir-faire. Gestes, techniques et objets
Auteur
D'Onofrio Salvatore ; Joulian Frédéric ; Cobbi Jan
Editeur
L'HERNE
Largeur
176
Poids
236
Date de parution
20060216
Nombre de pages
143,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le sauvage et son Double est une étude comparative de quelques figures de double dans la littérature mythique de l'Occident. Du Poème de Gilgamesh à l'Odyssée, de la Bible à la Chanson de Roland, beaucoup de textes racontent l'histoire dramatique de deux amis ou deux ennemis, deux jumeaux ou deux frères dont l'un d'entre eux, souvent figuré en sauvage, doit mourir de mort violente ou bien subir des mutilations permanentes afin que l'autre puisse fonder une civilisation. L'introduction propose de regrouper ces textes sous l'intitulé de littérature mythique en discutant les choix de méthode et des sujets abordés. Les cinq chapitres du livre analysent respectivement les couples 1) Gilgamesh et Enkidu; 2) Ulysse et Polyphème, comparé surtout avec le couple mésopotamien; 3) Jean-Baptiste et Jésus, précédé par l'étude de quelques figures de double de l'Ancien Testament, de Caïn et Abel à Jacob et Esaü; 4) Renart et Ysengrin, dont l'opposition est étudiée dans le cadre du rapport incestueux du renard avec la louve Hersent; 5) Roland et ses doubles, dont en particulier l'oncle-père Charlemagne. La lecture de ce livre peut nous aider à mettre au jour les racines profondes de nos attitudes vis-à-vis d'autrui, ou de ce sauvage éternel qui est en nous.
Le lait, le sang et le sperme maintiennent et reproduisent la vie, mais sont aussi les substances que toutes les cultures humaines manipulent, du point de vue symbolique, pour affirmer la domination masculine. Du lait d'épaule au lait de coeur, du miracle du sang de saint Janvier de Naples à la consommation des « os de morts » sous forme de biscuits en Sicile, de l'attribution des « cornes » aux époux trompés, au versement de sang des Vattienti de Calabre en l'honneur de la Vierge pendant la semaine sainte, ce livre aide à comprendre le rôle des fluides du corps dans les mythes, les croyances et les rites du Sud de l'Italie. Deux raisons justifient le titre, Les fluides d'Aristote : les représentations du lait, du sang et du sperme ont été étudiées dans une aire culturelle homogène comprenant autrefois la Grande-Grèce, et elles relèvent en partie du système des fluides établi par le philosophe grec dans son ?uvre De la génération des animaux. Elles nous permettent également de remonter jusqu'à l'Égypte ancienne ou à la Mésopotamie. Un flux coule ininterrompu depuis des millénaires dans les veines des cultures méditerranéennes puis européennes en s'adaptant aux changements de toutes sortes : économiques, sociaux et religieux. Ce livre permettra au lecteur d'avoir une vue d'ensemble sur un phénomène complexe dont les traits particuliers se lient à des évidences élémentaires ? donc universelles ? de la culture humaine. Salvatore D'Onofrio est Professeur à l'université de Palerme, chargé de cours à l'EHESS et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France. Spécialiste de la parenté spirituelle, il a publié L'Esprit de la parenté. Europe et horizon chrétien (Préface de F. Héritier, 2004) et édité de Françoise Héritier, Une pensée en mouvement (2009). Aux Belles Lettres il a publié Le sauvage et son double (2011) et édité le livre de Françoise Héritier : Sida. Un défi anthropologique (2013).
En 2009, l'Unesco inscrit Norouz, la fête du Nouvel An iranien et celle des autres peuples qui faisaient partie de l'Empire persan, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. En 2010, l'Assemblée générale des Nations unies reconnaît le 21 mars comme Journée internationale de Norouz, encourageant ainsi tous les pays du monde à s'inspirer des traditions printanières de cette fête pour promouvoir la paix. Norouz intéresse 300 millions de personnes. Lors des célébrations auxquelles la fête donne lieu, des tables rituelles sont dressées avec sept éléments, des pousses que les femmes font germer dans les maisons pour marquer un nouveau commencement : " Le matin des dieux ". Ce livre interroge les possibles origines zoroastriennes de ce rituel, de sa diffusion et déclinaison de l'Inde jusqu'à l'Europe. Il en résulte un voyage passionnant dans le temps, qui nous révèle les similitudes, surprenantes, entre ces différentes traditions.
Nous vivons dans un « temps de catastrophes » que le progrès technologique ne semble plus à même de contrer. Or, les crises écologiques récentes (de Tchernobyl à la « vache folle ») ne seraient-elles pas liées à d'autres événements qui ont marqué à jamais le destin de lhumanité - comme les génocides qui suivirent la Conquête de lAmérique, ou encore la Shoah ? Voilà la question à laquelle s'attaque ce livre, à travers une lecture originale de loeuvre de Claude Lévi-Strauss. Dressant un portrait intellectuel inédit de l'anthropologue français, Salvatore D'Onofrio montre en quoi les idées de cet intellectuel rebelle et non consensuel fournissent des clés pour penser à la fois l'avènement de la catastrophe et les possibilités d'en sortir. Véritable manifeste anthropo-écologique, ce livre propose d'envisager un nouveau rapport à la nature. Cest ce que Lévi-Strauss avait appris au contact des Amérindiens du Brésil et dont lhumanité a grandement besoin.
Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction. Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.
L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir "échoué", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.
Madame la vicomtesse de Beauséant était blonde, blanche comme une blonde, et avait les yeux bruns. Elle présentait noblement son front, un front d'ange déchu qui s'enorgueillit de sa faute et ne veut point de pardon. Ses cheveux, abondants et tressés en hauteur au-dessus de deux bandeaux, qui décrivaient sur ce front de larges courbes, ajoutaient encore à la majesté de sa tête. L'imagination retrouvait, dans les spirales de cette chevelure dorée, la couronne ducale de Bourgogne ; et, dans les yeux brillants de cette grande dame, tout le courage de sa maison ; le courage d'une femme forte seulement pour repousser le mépris ou l'audace, mais pleine de tendresse pour les sentiments doux." Honoré de Balzac.