Nicolas de Cues compose le De venatione sapientiae en 1462, peu de temps avant sa mort. Cette oeuvre constitue, en quelque sorte, son testament philosophique. La lecture de la Vie des philosophes de Diogène Laërce lui offre l'occasion de faire un bilan personnel. En vérité, plus qu'un bilan, le De venatione sapientiae se révèle être un approfondissement de la pensée cusaine sans cesse en mouvement. Celle-ci s'enrichit à la lumière d'un nouveau concept : le posse fieri, le "pouvoir être fait". Déjà présente dans le De docta ignorantia depuis le Possest, la notion de puissance et sa priorité sur l'acte prend de plus en plus d'importance, elle deviendra le posse ipsum dans la dernière oeuvre du Cusain, le De apice theoriae. L'image de la chasse va lui permettre d'illustrer ce que fut, ce que continue d'être, la recherche de toute sa vie : la poursuite de la sagesse. Cette métaphore, d'autres parmi les plus grands y ont recouru avant le Cusain, mais ce dernier lui donne un sens nouveau, fruit de sa méditation. Le chasseur doit connaître les terres où il chasse, Nicolas les connaît bien pour les avoir parcourues sa vie durant, aussi peut-il les passer en revue. Il leur donne le nom de champs et en dénombre dix : la "docte ignorance" ; le "possest" ; le "non-autre" ; la "lumière" ; la "louange" ; l?"unité" ; l?"égalité" ; le "bien" ; la "limite" ; l?"ordre". La chasse de la sagesse se révèle être finalement la recherche de Dieu, ainsi que Nicolas l'avait formulée dans son De quaerendo Deum. En vérité, il s'agit moins de différentes parties de chasse dans différentes terres, que de différentes perspectives d'une même quête, qui est la quête de la Sagesse divine.
Nombre de pages
208
Date de parution
01/04/2015
Poids
284g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782130621140
Titre
La chasse de la sagesse
Auteur
Cues Nicolas de ; Pasqua Hervé
Editeur
PUF
Largeur
151
Poids
284
Date de parution
20150401
Nombre de pages
208,00 €
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« Je suis parce que tu me regardes. » Croire, c'est voir. La vision humaine est retenue par des formes, des figures et des images. Mais elle y saisit l'essence d'une présence. Par-delà le sensible, par-delà le visible, dans l'obscurité d'un insondable mystère, l'oeil de l'esprit se tourne vers Dieu dont il rencontre le regard paternel, vigilant. Cette source de vie lui est d'abord révélée par l'image peinte d'un visage au regard omnivoyant : remarquable démonstration du pouvoir de la peinture dans la découverte de la vérité de la foi ! Unique, le regard divin concilie les opposés absolu, il abolit les limites de la perception humaine éternel, il désigne l'au-delà de la coïncidence des contraires. Par l'Unité de la Trinité, la filiation de l'homme avec Dieu consacre l'indéfectible lien de l'amour aimant et de l'amour aimé en l'ultime ravissement de l'esprit dans le Verbe divin. La voix s'accorde à l'image et le « parler » au « voir » : leur étonnante articulation ne peut qu'éclairer notre intelligence du langage et de la peinture dans leur rapport avec la croyance. Écrit en 1453 par l'auteur de « La Docte Ignorance » (1440), « Le Tableau ou la vision de Dieu » nous communique mieux que tout autre texte la pensée incandescente d'un philosophe capable de renouveler notre regard. De nous rendre la grâce de l'étonnement.
Un homme simple et un érudit discutent ensemble des preuves de la perfection de l'être humain, de la sagesse éternelle et des moyens de s'en approcher. Sous la forme de dialogues, influencé par la théologie dite négative, le philosophe écrit en 1450 cet appel à savoir plus et mieux, tout en ayant conscience que la science ne sera jamais que finie.
Les sermons du cardinal Nicolas de Cues (1401-1464) présentés ici s'échelonnent de 1439 à 1456. Ils illustrent la profonde influence exercée sur la théorie cusaine par Maître Eckhart et par Denys l'Aréopagite, sans omettre l'influence diffuse d'Albert le Grand. Le sermon " Le jour de la sanctification " (décembre 1439) précède de peu la publication de l'ouvrage majeur du Cusain, La Docte Ignorance, suivi, quelques mois plus tard, des Conjectures, en 1440. On découvre, dans ce sermon, maintes traces des théories cusaines développées et amplifiées dans le premier de ces deux ouvrages. Les deux sermons " Le verbe s'est fait chair " (décembre 1453 et janvier 1454) se présentent comme une herméneutique concise du Prologue de Jean, où Nicolas esquisse une verbologie et une noétique de la Lumière divine, avant d'effleurer la question controversée de l'éternité de la création ou de la création éternelle dans le Verbe et par le Verbe, et de proclamer que la création du monde correspond à un procès de théophanisation de Dieu Lui-même dans le monde. Le sermon " Où est le nouveau-né ? " (janvier 1456) part du postulat selon lequel Dieu est le Lieu absolu de tous les élans ou de tous les existants. Enfin, le sermon " Tu es toute belle, ma bien-aimée " (septembre 1456) est la seule dissertation directement consacrée au thème du Beau en soi ou de la Beauté absolue, qui parcourt toute l'?uvre en filigrane. Un textualisme poussé le caractérise. Composé de citations de Denys l'Aréopagite et d'analyses scolastiques empruntées à Albert le Grand, il fournit au cardinal de Cues plusieurs notions fondamentales pour bâtir son ontologie esthétique.
Ce dialogue cusain est resté inédit jusqu'en 1888, date à laquelle le manuscrit fut découvert et publié par J. Uebinger. Nous offrons cette traduction française à l'occasion du sixième centenaire de la naissance de Nicolas de Cues (1401-1464). Il s'agit d'une ?uvre de la maturité publiée deux ans avant la mort du cardinal. D'où l'intérêt de ce texte écrit par le dernier des néoplatoniciens du Moyen Age, disciple de Maître Eckhart dont il fut un lecteur pénétrant. Le Directio speculantis seu De li non-aliud révèle un penseur profond et original. L'Un fait l'objet de sa spéculation. Nicolas offre un guide à celui qui veut penser l'impensable Un, nommé par lui " non-autre ". Pour lui, seule la vision apporte la certitude d'une connaissance authentiquement contemplative. Le Guide du penseur - du speculans : celui qui cherche du regard - se propose d'orienter la pensée vers l'objet de la contemplation, de la conduire sur le chemin qui la mène à la vision du Principe, c'est-à-dire du non-autre. Mais nous percevons toujours la vérité telle qu'elle est saisie dans le monde de l'altérité, jamais dans l'unité pure. Comment accéder à l'Un dans sa pureté inaltérable ? En dépassant le champ de l'altérité en vue d'atteindre le non-autre. L'effort admirable du Cusain consiste à distinguer intellectus et ratio en s'appuyant sur la distinction entre les deux premières hypothèses du Parménide. Ainsi la ratio parcourt le champ du savoir afin de permettre à l'intellectus de voir ce qui est au-delà du savoir. Tel est le chemin - la méthode - de la docte ignorance. Chemin ascensionnel que le dialogue de Nicolas nous enseigne à gravir pour nous élever de l'être, qui appartient à la sphère de l'autre, au non-autre qui désigne l'Un pur au-delà de l'être.
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Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
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