Ce livre n'est pas une histoire de la colonisation et de la traite négrière, mais un essai sur leur mémoire nantaise, sur l'évolution et les lacunes de cette mémoire. Un livre citoyen donc, sur une question ô combien sensible, comme nous le rappelle régulièrement l'actualité. Les auteurs n'entendent pas juger, mais expliquer, aider à comprendre. Avec des choix forts, comme de resituer la traite négrière dans son contexte colonial, essentiel pour comprendre les troubles de la mémoire. La mémoire dans toutes ses formes possibles : les noms de lieu (des voies publiques aux écoles), les plaques commémoratives, les statues et les monuments, les "lieux de mémoire" (cimetières par exemple), les paysages (ah, toutes ces plantes coloniales ! ), les pratiques militantes de toutes sortes (associations, manifestations...), nos habitudes et nos goûts en matière d'alimentation aussi bien que de musique et de chanson, les liens économiques aussi. Le rapport à la "grande histoire" tout autant que la manière dont nos sens sont littéralement colonisés. Mémoire de la colonisation, et mémoire des critiques et des oppositions à la colonisation. Les trous de mémoire aussi bien que les efforts consentis pour les combler par les associations, les institutions, les historiens, l'école, avec une grande diversité d'outils. En prenant en compte l'ensemble des éléments qui font nos mémoires, et les grands bouleversements intervenus depuis trente ans, ce livre est le premier à proposer une synthèse sur la question.
Extraordinaire, l'histoire de ces immigrés d'outre-Manche qui font de l'ancienne Armorique une Bretagne capable de survivre aux Vikings et de résister au voisin franc. Chrétiens, mais de si originale manière, à l'identité si forte qu'ils maintiennent le même territoire presque jusqu'à nos jours. Seigneurs et paysans, corsaires et pêcheurs de morue, commerçants et armateurs. Un temps si riches qu'il couvrent le pays de milliers de chapelles et d'enclos paroissiaux, un temps si pauvres qu'ils émigrent, miséreux, vers Paris et les Amériques. Alain Croix raconte avec passion cette Bretagne de Du Guesclin et de la duchesse Anne, des ploucs et de Bécassine, du petit LU et de la sardine, de la route du rhum et des Vieilles Charrues, qui a fini par concilier identité et ouverture en une nouvelle manière d'être breton.
Résumé : La sainte et la sardinière, l'agricultrice et l'aristocrate, la dévote et la militante : la première histoire des femmes de Bretagne de la préhistoire à nos jours. Une iconographie d'un intérêt exceptionnel, souvent totalement inconnue, les textes des meilleur(e)s historien(ne)s à la portée de tous les publics : de quoi nourrir la passion de l'Histoire, le plaisir des yeux et l'amour de la Bretagne.
Pays de forte tradition agricole, le Trégor (Côtes-d'Armor) connaît, entre le milieu du 18e et la première moitié du 19e siècles, une extraordinaire fièvre constructrice. Dans une zone privilégiée en retrait de la côte au nord et en deçà des "montagnes" au sud, des paysans aisés, au fait des idées nouvelles, rénovent leurs fermes, les agrandissent, en construisent de nouvelles en s'inspirant aussi de modèles architecturaux venus des villes voisines. Ce particularisme architectural n'avait jusqu'à présent fait l'objet d'aucune publication. Explorant l'histoire locale, les spécificités du régime foncier des "convenants" et l'économie rurale, l'ouvrage fait le lien entre lecture architecturale, témoignages et sources écrites. Il porte un éclairage vivant sur la naissance de ces imposantes fermes aux lignes un peu austères qui restent aujourd'hui des marqueurs forts des paysages trégorrois. La collection "Invitation Patrimoine" a été créée à l'initiative de la Région Bretagne pour partager les recherches menées par le service régional de l'Inventaire du patrimoine culturel. Ses livres invitent chacun à (re)découvrir la richesse des territoires bretons.
Le balisage en mer et dans les ports recourt à des objets flottants pratiques, techniques, pour signaler un danger, marquer une route. Les formes et couleurs de ces artefacts enchaînés, au destin solitaire et lointain (pour les terriens), familiers des oiseaux et animaux marins, suscitent des évocations poétiques, artistiques. C'est ce thème des balises qu'embrassent ici une quarantaine d'artistes contemporains qui sculptent et soudent le métal pour le Port-musée de Douarnenez. Petits formats animés et ingénieux comme des mobiles de Calder ou géants d'acier dressés sur le quai, la centaine d'oeuvres présentées dans ce livre sont diverses et toutes de création récente. Leurs auteurs sont réunis autour de la figure de Fred Barnley. Avec une oeuvre personnelle internationalement reconnue depuis 50 ans, Fred Barnley a formé des générations d'artistes du métal à l'école Olivier de Serres à Paris (les Arts appliqués) comme dans ses ateliers. Certains comme Mik Poullard ont eux-mêmes à coeur de transmettre, notamment au lycée Vauban de Brest (BTS Métal), partenaire du projet. 3 axes organisent les oeuvres, toutes inspirées par l'univers du balisage en mer : milieu naturel ; artefacts ; fonds et abysses. A côté d'un texte général par les commissaires de l'exposition, un aperçu historique sur l'usage du balisage depuis les origines, avec images documentaires et oeuvres anciennes (P. Péron...). Un texte de S. Desplanques narre le voyage vrai d'une balise perdue à Terre-Neuve, retrouvée à La Rochelle des mois plus tard ! En annexe, présentation synthétique des grands types de balises et leur fonction / dimensions / chiffres. Un beau-livre qui mêle art contemporain et découverte d'un domaine maritime méconnu.
Une biographie très complète et un hommage filial pour un personnage qui compta au coeur des amateurs de cyclisme dans les années 30 à 50. Une redécouverte pour le lecteur d'aujourd'hui. L'occasion aussi de se replonger dans une Bretagne cycliste et populaire d'avant-guerre où les critériums du week-end alternaient avec les grandes soirées indoor dans les vélodromes encore très nombreux à l'époque : Lesneven, Landerneau, Brest etc. Celui de Kerabécam à Brest (sur le site actuel de l'hôpital Morvan) est resté fameux dans les mémoires. Il revit ici avec un de ses champions emblématiques aux côtés des frères Le Drogo, Goasmat, Pierre Cloarec... avant de parrainer le jeune Jo Thomin. Paris-Rennes, Châteaulin, Tour de l'Ouest rassemblent alors les foules sur le bord des routes pour voir peiner des hommes qui, bien que déjà réunis en équipes sponsorisées, font l'exploit avec peu de moyens. Même sur le Tour de France, que Fanch Favé court en 1928 et 1931, en y gagnant une étape dans sa catégorie, l'héroïsme ordinaire des forçats de la route galvanisait le pays entier. Fanch Favé a aussi été le premier vainqueur de Plouay (Morbihan). On y retrouve aussi les sacrifices familiaux du champion sans cesse en déplacement, le système des primes et des reconversions, une fois le vélo raccroché. Les droits d'auteur d'Yves Favé sont reversés à la lutte contre le cancer, dont est décédé Fanch Favé à l'âge de 45 ans.