La première fois que je suis allé à Venise je n'étais pas encore né. Papa et Maman font partie de ces jeunes gens de bonne souche qu'on envoyait là-bas pour faire la noce après les cérémonies d'usage. Quoique je n'étais pas né j'étais j'avoue déjà conçu et bien accroché dans le ventre de Maman tout secoué de hoquets et de soubresauts, dégoûtée qu'elle était vomissante entre les gondoles : une première famille de Papa était en construction à son corps défendant et sur des bases heureusement pour lui aussi fragiles que les fondations vénitiennes laminées sous l'érosion de l'acqua alta. J'étais conçu mais pas désiré j'avoue : finalement je m'y suis pris tout seul pour le désir aussi et j'ai envie de parler à propos de ma venue au monde, une fois les eaux perdues, une fois l'aqua alta retirée, d'immaculée conception : pas moins. En intention en tout cas -c'est-à-dire abstraction faite de la vie dissolue de Maman -or c'est l'intention qui compte. D'une voix discrète où l'humour pointe toujours, tour à tour tendre ou cruelle et jouant sur les cordes de la mémoire, Comme un charme est la chronique des émotions d'une enfance solitaire. Entre douleur, émerveillement ou sentiment d'abandon, une singulière musique qui parcourt le temps.
Nombre de pages
102
Date de parution
05/01/2006
Poids
165g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782207257579
Titre
Comme un charme
Auteur
Cremer Stéphane
Editeur
DENOEL
Largeur
142
Poids
165
Date de parution
20060105
Nombre de pages
102,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce recueil, forme un ensemble de trente sonnets et vingt-six gouaches Les vingt-huit "Tombeaux",accompagnés de portraits gouachés, sont des hommages à Platon ou Samuel Beckett, en passant par Rembrandt, Geronimo, Liszt, mais aussi Rimbaud, Edgar Poe, Flaubert ou, bien sûr, Mallarmé.
Tout le monde se souvient de Bruno Cremer, un des plus célèbres acteurs du cinéma français du XXe siècle. Du Bon et les méchants de Claude Lelouch à Une histoire simple de Claude Sautet et Noces blanche de Jean-Claude. Brisseau, en passant par sa célèbre interprétation du commissaire Maigret à la télévision, il est resté dans la mémoire collective comme l'incarnation de la virilité bienveillante.Dans ce récit, son fils Stéphane nous raconte tout autre chose. « Qu'est-ce que ça te ferait si ta mère se prostituait ? ». Telle est la question que son père lui a posée, alors qu'il avait treize ans. Et ce n'est là qu'une des multiples cruautés qu'il a eu à subir. « Je ne veux pas tenir le rôle du père », lui a dit l'acteur. Là, il n'a pas menti. L'envers d'une légende.D'une écriture précise, qui mêle force et humour, lucidité et ironie, sans s'épargner lui-même, Stéphane Cremer nous fait vivre la duplicité d'un homme qui en était un autre, jusque contre son fils.Notes Biographiques : Stéphane Cremer travaille depuis de nombreuses années dans l'édition de livres d'art. Il est l'auteur de plusieurs recueils de poésie et de Comme un charme (Denoël, 2006).
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...