Les Hamadcha. Une étude d'ethnopsychiatrie marocaine
Crapanzano Vincent
EMPECHEURS
15,20 €
Epuisé
EAN :9782843240836
En quelques minutes, il fut plongé dans une profonde transe de " claquements " : sa bouche s'ouvrait et se fermait à une vitesse très au-delà des possibilités du comportement volontaire. Sa tête était rejetée loin en arrière, ses yeux exorbités. Il errait, désorienté, dans le centre du cercle. A ce moment-là, les ghiyyata modifièrent légèrement l'air qu'ils jouaient, et il fut immédiatement " attiré " vers eux. Il dansait devant eux, dos au public, d'une manière plus proche de la danse des femmes que de celle des hommes. Il paraissait plus fermé sur lui-même que les autres danseurs, plus séparé du public que les autres participants. Soudain, il se mit à se frapper la tête avec ce qui semblait être ses poings mais qui était, en fait, deux couteaux de poche, un dans chaque main. La femme à côté de moi chuchota : " Aïcha, Aïcha Qandicha ". Il se tailladait la tête de plus en plus vite (la musique paraissait également avoir accéléré), jusqu'à ce que le sang se mêle à ses longues boucles et qu'il en soit strié par-devant comme par-derrière. Beaucoup d'hommes et de femmes le regardaient avec calme, mais l'agitation et l'excitation croissaient parmi les enfants du public. Plus d'une mère souleva son bébé dans ses bras pour qu'il voie l'homme se taillader. " Les Hamadcha sont membres d'un ordre (ou confrérie) religieux relativement organisé, qui fait remonter son héritage spirituel à deux saints marocains de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, Sidi Ali ben Hamduch et Sidi Ahmed Dghughi. En dépit d'une certaine célébrité due à ce qu'ils se tailladent la tête et ont d'autres pratiques d'auto mutilation, les Hamadcha, comparés aux autres confréries, n'ont fait l'objet que de peu d'études, ethnographiques ou autres. Cela est sans doute moins dû à une réserve ou à un manque de coopération de leur part qu'à leur insignifiance politique et au fait qu'ils ont été éclipsés par des confréries plus importantes et plus spectaculaires.
Nombre de pages
386
Date de parution
15/02/2000
Poids
500g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782843240836
Titre
Les Hamadcha. Une étude d'ethnopsychiatrie marocaine
ISBN
2843240832
Auteur
Crapanzano Vincent
Editeur
EMPECHEURS
Largeur
135
Poids
500
Date de parution
20000215
Nombre de pages
386,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans cette chronique obsédante, de domination et d'irresponsabilité, de traîtrise et d'abandon,d'ostracisme et d'exil, de racisme et d'humiliation, Vincent Crapanzano se penche sur l'histoire dece quart de million de supplétifs algériens qui ont combattu aux côtés des Français dans différentesunités durant la guerre d'Algérie.Après l'indépendance, en 1962, ils furent pour la plupart désarmés et renvoyés dans leur village parleurs officiers. Dénoncés comme traîtres par les Algériens, trahis par les Français, beaucoup d'entreeux furent emprisonnés, sauvagement torturés et exécutés sous les yeux de l'armée française quiavait consigne de ne pas intervenir. L'estimation du nombre de victimes varie de 150 000 selon lesHarkis à 75 000 à 100 000 selon les Algériens.Les quelque 40 000 d'entre eux qui réussirent à fuir l'Algérie furent cantonnés dans des villagesisolés et dans des camps, parfois pendant seize ans. Selon l'auteur, les Harkis y sont devenus unepopulation à part: ghettoïsée par la France (et l'Algérie) mais aussi emmurée dans le silence. Lesenfants de Harkis souffrent de cette double blessure: celle qu'ils ont eux-mêmes endurée et celleproduite par le silence de leurs pères.Plus qu'un simple retour sur le sinistre passé des Harkis et leur difficile présent, cette enquêteethnographique nourrit une puissante réflexion sur la façon dont les enfants portent la responsabilitédes choix de leurs parents, dont l'identité personnelle est façonnée par les forces impersonnelles del'histoire et dont la violence elle-même s'insinue dans chaque aspect de la vie humaine.
L'anthropologue Vincent Crapanzano a fréquenté Tuhami, un tuilier miséreux de Meknès au Maroc, dans les années 1970. Ce dernier se déclarait marié à une démone, une djinniyya, laquelle lui menait la vie dure. Mais plutôt que de classer les récits littéralement extraordinaires de Tuhami au chapitre des fantasmagories et élucubrations, l'anthropologue s'est appliqué à les comprendre en profondeur, jusqu'à saisir ce qu'ils réverbéraient de la personnalité exceptionnelle du tuilier, de son monde, de son histoire.Le récit de l'enquête qui nous est ici livré heurte alors les limites de ce qui est considéré comme le « réel » et se fait la chronique d'une rencontre qui a bouleversé les modes d'écriture sur l'altérité.Cet ouvrage fondateur n'avait jamais été traduit en français.
Dès que l'on évoque les êtres " invisibles " (djinn, 'afritt, zar) qui cohabitent avec les humains dans les pays du Maghreb, en Arabie, au Yémen, en Somalie, en Inde, au Pakistan, etc., les psychologues se précipitent dans des explications tout-terrain comme s'il fallait absolument éviter de se confronter à des théories, des pensées, qui mettent radicalement en cause leur volonté de faire science et d'avoir des explications a priori valables universellement. Qu'apprend-on, à l'inverse, si on se met à faire l'" écologie " de ces êtres ? Un thérapeute confronté à des populations en provenance de ces pays ne devrait pas fuir cette dernière démarche, sauf à renoncer à soigner et à guérir. Mais une autre question surgit inévitablement : qu'avons-nous perdu en voulant réduire les différents mondes à une explication universaliste et que pouvons-nous apprendre à leur contact ...
Il y a des années, les critiques sur le graffiti et le street fusaient. Or aujourd'hui, qui n'a jamais vu un reportage sur Banksy au journal télévisé, photographié les mosaïques d'Invader au coin d'une rue, craqué pour un t-shirt ou une casquette "Obey" ou tout simplement désiré voir plus de couleurs sur les murs gris de sa ville ? Cet ouvrage s'interroge sur le rôle des acteurs publics et privés dans cet engouement croissant que suscite l'art urbain ; le mouvement artistique du XXIe siècle ...
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La psychiatrie a élaboré des concepts qui en font la profession experte des troubles psychiatriques graves souvent traités à l'hôpital (psychoses, schizophrénie), mais aussi désormais des troubles rencontrés en médecine de ville (différentes formes de dépression, troubles obsessionnels, anxiété, troubles des conduites des enfants et des adolescents). Jean Garrabé, psychiatre et historien reconnu de la psychiatrie, montre comment l'ensemble des notions qui structurent le champ psychiatrique sont en cohérence, mais font aussi l'objet de débats et de controverses. On comprendra mieux l'articulation entre psychologie, psychanalyse et psychiatrie.
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Ce volume reprend les textes écrits par le marquis de Puységur (1751-1825) au sujet du traitement d'un jeune psychotique, Alexandre Hébert, dans les années 1811-1812. Nous avons rassemblé, dans un seul volume, une série de textes édités à l'époque en brochures séparées et successives, comme le célèbre Les fous, les insensés, les maniaques et les frénétiques ne seraient-ils que des somnambules désordonnés ... Homme des Lumières, militaire de carrière, le marquis de Puységur a pratiqué le magnétisme selon l'orthodoxie mesmérienne, notamment dans le cadre de son régiment strasbourgeois, auprès de jeunes soldats malades. Revenu sur ses terres de Buzancy, dans le Soissonnais, Puységur va approfondir la technique héritée de Mesmer, qu'il va appeler " somnambulisme provoqué ", tout en abandonnant la notion de " fluide magnétique ". Cela va lui valoir une immense notoriété.
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