Il y a une réalité de la violence ou du moins des gestes qui se donnent pour la réalité de la violence. Il s'agit de la criminalité, de la terreur d'Etat, des barbaries commises par des paramilitaires ou encore des coups et blessures dans le couple. Pour d'autres, les actions collectives qui transgressent et bravent les règles des institutions sont violentes. Même au-delà de ces manifestations spectaculaires, la violence est une intrusion fracassante qui déchire le cours des choses. La violence n'est-elle pas précisément ce geste, cette situation, cet événement qu'on ne comprend pas et qui produit une suspension de sens? N'est-elle pas aussi ce qui, pour raconter cet événement, pousse obstinément à une quête de sens? La violence se raconte, elle nomme, elle est dans tous les récits. Elle annule le sens, elle le déplace de force, elle le renouvelle ou elle s'accroche à un sens donné, elle est prise par l'urgence. Ainsi, la violence n'est ni dans l'ordre, ni dans le désordre, elle force le politique à se définir autrement. Elle est dans les mots, dans leur usage, dans leur puissance de nommer, dans des fragments de pensée qui à un moment se condensent. L'empire de la violence est dans les imaginaires. C'est à partir du parler ordinaire, des romans, des discours politiques, des récits d'actions collectives que la vingtaine d'auteurs de ce livre appartenant à un même groupe de recherche (Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine, GRIPAL-Montréal) cernent la violence dans l'imaginaire latino-américain. Dans ce livre, la Colombie, Haïti, le Brésil, le Pérou, l'Argentine, le Venezuela, la Bolivie, le Mexique, l'Amérique centrale, et même le Chili, sont explorés résolument au-delà de la paranoïa des classes moyennes latino-américaines et des touristes étrangers.
Nombre de pages
421
Date de parution
01/11/2008
Poids
620g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811100797
Auteur
Corten André ; Côté Anne-Elizabeth
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20081101
Nombre de pages
421,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans les bidonvilles de Port-au-Prince, de Recife, de Nairobi, du Cap, des centaines de milliers d'individus vivent dans le dénuement le plus complet. Au total, sur notre planète, un à trois milliards d'hommes sont réduits au rang de misérables. La "lutte contre la pauvreté" est devenue l'objectif numéro un de la Banque mondiale; mais le monde continue de tourner en entretenant une souffrance et une misère globales.'Gouverner au nom du peuple qui souffre': la formule du président Lula, au lendemain de son élection, fut selon l'auteur la première expression politique de cette souffrance populaire massive. C'est aujourd'hui le peuple du monde qui est en souffrance. "Cette souffrance, affirme André Corten, est un mal politique." Depuis son premier séjour de recherche et d'enseignement au Chili en 1962, André Corten, professeur de science politique, porte en lui ce cri, qui résonne aujourd'hui sous la forme d'une vaste enquête, résultat de plus de quarante ans de séjours en Haïti, au Brésil, en Afrique du Sud, en Algérie, au Mexique, au Rwanda, au Guatemala, au Salvador, au Congo, en Argentine, en Bolivie, au Chili... Dans une écriture inspirée et sous la forme d'un décalogue, cet essai-document fait un état des lieux bouleversant, mais plein d'espoir sur l'état du monde. Biographie de l'auteur André Corten est professeur de science politique à l'université du Québec à Montréal et chercheur associé à l'IRD (Institut de recherche sur le développement, Paris). Il a publié de nombreuxouvrages à Paris, Montréal, Londres et en Amérique latine portant sur les sociétés des pays du Sud.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.