Alain Robbe-Grillet, le voyageur du Nouveau Roman. Chronologie illustrée 1922-2002
Corpet Olivier ; Lambert Emmanuelle
IMEC
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EAN :9782908295665
Alain Robbe-Grillet garde tout : les billets de train, d'avion ou de bateau de ses innombrables voyages pour porter la " bonne parole " du Nouveau Roman à travers le monde ; les différents états de ses manuscrits ; les milliers de photos prises par lui et par Catherine Robbe-Grillet, représentant leurs compagnons d'équipée ou de rencontre, célèbres ou inconnus, leurs chambres d'hôtel, des paysages et des plantes, des cailloux, des nuages, sans oublier, pour les films, les photos de repérage et de plateau ; des coupures de presse en grande abondance, mais aussi des ouvrages dédicacés par toutes les grandes signatures de ce mouvement littéraire qui n'en était pas vraiment un et qui en est devenu un quand même : Samuel Beckett, Robert Pinget, Marguerite Duras, Claude Simon, Nathalie Sarraute, Claude Ollier, Michel Butor, Jean Ricardou... ; des correspondances avec les personnalités les plus diverses, de Roland Barthes à Vladimir Nabokov ; des ouvrages critiques, dans toutes les langues, consacrés à son ?uvre. Toutes ces pièces composent en définitive un fonds d'archives exceptionnel dont ce volume, qui accompagne l'exposition Alain Robbe-Grillet, le voyageur du Nouveau Roman sans en retracer le parcours, veut restituer la richesse et la variété. Pour cela, nous avions l'embarras du choix. Un choix infini et donc, nécessairement, un immense embarras : que montrer, qui soit vivant sans avoir seulement le charme de l'anecdote ? que retenir sans appauvrir l'intention ou la rabattre sur des " objets ", manuscrits, lettres, photos ou livres, qui seuls, au-delà ou en-deçà de leur douce mélancolie, ne suffisent pas à dessiner le sens d'une vie de création ? Toute la difficulté des expositions dites littéraires est de donner à voir et à comprendre ce qui surgit au croisement, inévitable et confus, d'une ?uvre avec une biographie : travail, rencontre, événement. C'est tout cela à la fois qu'il faut rendre perceptible, accessible, très sobrement et directement, par la seule présentation ou évocation d'une pièce d'archives, choisie entre mille autres possibles. La sélection est alors forcément drastique, en regard de la masse des documents sollicités, et pleinement subjective : nous avons voulu exposer cette ?uvre, déjà si abondamment commentée et critiquée, de l'intérieur, par ses archives, suivant une logique thématique pour l'exposition et chronologique pour ce " catalogue " - afin que celui-ci se lise comme un ouvrage de référence. De là, cette chronique illustrée, qui n'aurait pu être mise au point sans la complicité active d'Alain et Catherine Robbe-Grillet ; sans, en particulier, la précision méticuleuse de cette dernière, aidée, pour la vérification des dates et des événements, de ses " petits carnets ", et elle-même auteur de la plupart des photographies présentées. Les quelques citations d'Alain Robbe-Grillet qui figurent ici manifestent l'ultime ambition de cette exposition et de cette chronologie : donner, au-delà des faits et des archives, l'envie de lire cette ?uvre et d'entendre sa langue. Olivier Corpet et Emmanuelle Lambert.
Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition «Irène Némirovsky, "Il me semble parfois que je suis étrangère"», présentée au Mémorial de la Shoah, à Paris, du 13 octobre 2010 au 8 mars 2011.
Fils de peintre, Jean Tardieu a humé dès l'enfance "la bonne odeur de l'huile et des couleurs". Sa vie entière, qui coïncide avec le XXe siècle (1903-1995), a été "ponctuée d'images": de ses premiers poèmes en prose sur des peintres jusqu'à ses toutes dernières publications, il a multiplié les approches du fait artistique, en particulier de la peinture. D'abord inspiré par les maîtres du passé, il se tourne ensuite vers ses contemporains, bien souvent ses amis (Pol Bure. Jean Bazaine. Max Ernst ou flans Hartung par exemple), dont il commente ou transpose les ?uvres, et avec lesquels il élabore non seulement de très beaux livres, mais encore des ?uvres d'une forme plus inattendue, comme la Rotonde du palais Bourbon, réalisée en étroite complicité avec Pierre Alechinsky. Si les tableaux ont été à la source de son écriture poétique, celle-ci, à son tour, est à l'origine d'?uvres plastiques qui lui répondent. Le rapport entre Jean Tardieu et les artistes est fondé sur cette réciprocité: une création partagée. Originale et diverse, la quête menée par Jean Tardieu dans ce domaine est en même temps exemplaire d'une démarche commune à nombre d'auteurs au XXe siècle: ses "poèmes traduits des arts" rendent particulièrement perceptible une double approche de ce champ d'investigation poétique, qui attire le tableau dans le poème - peinture à lire, ou le poème vers le tableau - poésie à voir. L'ouvrage de Frédérique Martin-Scherrer retrace cet itinéraire poétique placé sous le signe de l'attachement à l'?uvre du père, le peintre Victor Tardieu, et de l'amitié des plus grands peintres contemporains dont une centaine d'?uvres est ici reproduite.
Dumas, c'est la vie " écrivait George Sand. Né en juillet 1802, il est l'écrivain d'un éternel été. Passer des vacances avec lui c'est rendre visite à un ami, à un conteur ébouriffant qui nous tient en haleine et nous amuse, à un homme d'épée et de coeur. Orphelin de père à 4 ans, Alexandre Dumas a connu deux empires, trois rois et autant de révolutions ; il a subi l'exil et la faillite ; vécu des histoires d'amour trop nombreuses pour être sincères mais trop éphémères pour n'être pas douloureuses. Ses lecteurs, innombrables, connaissent-ils sa part méconnue, eux qui n'ont retenu de lui que l'épopée des Mousquetaires et la vengeance d'Edmond Dantès ? Savent-ils que ses grands romans n'ont occupé que trois années de sa vie ? Ont-ils idée de la masse de ses autres livres, de son théâtre et surtout de ses impressions de voyage, qui sont la plus belle partie de son oeuvre ? Jean-Christophe Rufin considère comme son frère d'arme et de plume. " En vous accompagnant tout l'été avec Dumas, j'ai le sentiment de m'acquitter d'une dette. Il a toujours été pour moi plus qu'un modèle, un grand frère qui marchait devant et me guidait sur le chemin de l'écriture. Il nous a fait à tous tant de bien qu'il mérite assez que, le temps d'un été, nous fassions honneur à sa cuisine littéraire. "
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Si Madame Bovary, roman phare de Gustave Flaubert, a traversé les époques sous la bannière de classique littéraire, les multiples archétypes qu'incarne Emma Bovary - éternelle adolescente, aventurière du désir, pornstar, rebelle opprimée ou encore victime crédule de la culture de masse - constituent une galerie de personnages à nulle autre pareille. François Aubart met en perspective les impressions laissées par cette héroïne sur le plan artistique pour analyser la façon dont, éclairant d'un jour nouveau notre rapport à la mélancolie autant qu'à l'imagination, elles permettent d'envisager les questions de classe et de genre.