Comment construit-on un parti politique ? D'où viennent les militants et les cadres qui participent à sa fondation ? En quoi leur héritage, leur militantisme passé influent-ils sur sa forme, sur ses débats internes, sur son organisation ? Quels sont les mécanismes concrets qui permettent l'implantation d'une nouvelle machine partisane sur un territoire national ? A travers le cas du Parti de la révolution démocratique (PRD), parti de centre gauche fondé en 1989 et qui gouverne Mexico - l'une des plus grandes villes du monde - depuis 1997, cet ouvrage éclaire les mécanismes de la fabrique partisane. Il met l'accent sur la relation entre parti et mouvements sociaux, question particulièrement débattue en Amérique latine, en s'intéressant à des dirigeants qui, souvent passés par la guérilla, le militantisme paysan ou la lutte pour les mal-logés, choisissent au tournant des années 1980 de s'investir dans le PRD. Et ce, au moment où le Mexique connaît une importante ouverture politique. Cet épisode fondateur est analysé à l'aune des vagues de mouvements sociaux qui se sont succédé depuis les années 1960. Récits de réunions militantes dans les quartiers populaires de Mexico, entretiens avec les figures de proue du parti, analyse fouillée des activités de ses instances dirigeantes : l'auteur dévoile les rouages quotidiens du PRD et permet ainsi de découvrir la richesse de la contestation au Mexique, au-delà du cas emblématique des zapatistes. Simultanément, elle délivre une belle leçon de sociologie politique des partis qui contribue à renouveler ce genre dans lequel la recherche française a longtemps excellé.
Nombre de pages
452
Date de parution
09/05/2011
Poids
490g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811104795
Auteur
Combes Hélène
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20110509
Nombre de pages
452,00 €
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Quelle est aujourd'hui la situation du monopole de la violence légitime prêté à l'Etat ? Les auteur ? es des quatre contributions réunies ici s'inscrivent dans une approche de sociologie de l'international pour décrire, à partir d'enquêtes empiriques précises, certaines politiques non seulement de mise en oeuvre mais aussi de prévention de la violence : lutte contre le financement de la criminalité et du terrorisme, peine de mort aux Etats-Unis, guerre en Afghanistan, politiques de sorties de conflits. Plus précisément, ils et elle interrogent les relations, tant de collusion que de collision, qui se tissent entre les différents espaces sociaux contribuant au gouvernement de cette violence légitime. Ils et elle explorent ainsi les interactions et interdépendances entre administrations nationales ou internationales, secteurs bancaire, pharmaceutique, universitaire, ONG, et montrent comment, dans ces configurations complexes, se façonne le rôle de l'Etat et se consolident des (re)définitions de la violence (il)légitime.
Ce premier numéro de l'année 2019, composé uniquement d'articles Varia, aborde de multiples thèmes au coeur de nos sociétés contemporaines : l'internationalisation des "causes" - celle des aysans de Colombie et celle de la mémoire des victimes du franquisme - ; le politique "par le bas" - en Bolivie, avec sa dimension ethnique, et en République démocratique du Congo, avec sa dimension armée - ; la question cruciale de l'endettement des ménages, ici évoquée dans le contexte japonais ; la carrière de petits fonctionnaires en régime autoritaire puis en démocratie au Chili ; la fascinante mise en place d'un ministère de la crise en Iran. Ce bel exemple de la diversité des centres d'intérêt de notre revue permet de réaffirmer ce qui fait notre unité et notre ligne éditoriale : la discussion de grandes questions de sciences sociales éclairées par des enquêtes empiriques rigoureuses.
Ce numéro est à l'image de la revue : pluriel dans ses terrains d'enquête, divers dans ses thématiques. Il conduit le lecteur du Liban au Mexique, du Bénin aux Etats-Unis, de la France au Botswana, et du Cameroun à l'Irlande du Nord, en passant par l'Union soviétique des années 1960. Dans une tradition fortement ancrée à Critique internationale, il propose deux articles de sociologie des combattants (les milices chrétiennes au Liban et l'IRA). Deux autres articles portent sur les injonctions internationales en matière d'efficacité dans l'enseignement maternel et primaire (Bénin) et dans la lutte contre la corruption (comparaison Botswana/Cameroun). C'est aussi une sociologie fine de milieux professionnels qui se dessine dans les domaines des transports à Mexico et du théâtre à New York. Enfin, ce numéro propose une profondeur historique sur plusieurs phénomènes sociaux, notamment à travers l'étude de la diplomatie scientifique, ici la coopération spatiale franco-soviétique, au temps de la guerre froide.
Ce numéro, comme le précédent, est enfant de la pandémie : nous y réunissons des Varia, faute d'avoir pu, pendant plus d'un an, constituer des Thema. Il n'en est pas moins l'occasion de présenter une palette de recherches individuelles de très grande qualité et d'ouvrir des perspectives comparatistes particulièrement stimulantes. Le fil rouge de toutes les contributions rassemblées ici est une réflexion sur la fabrique du politique, aussi bien dans une municipalité au Mexique, un bazar au Pakistan, le désert du Mali, des circonscriptions électorales en Jordanie ou des quartiers de Paris et de Londres qu'au sein de l'ONU, de l'OIT et dans la finance globale. En cela, les auteurs et autrices de ce numéro signent la ligne éditoriale actuelle de Critique internationale, qui consiste à tenir ensemble les logiques locales et internationales et à participer à de grands débats des sciences sociales depuis des terrains souvent extra-européens et/ou internationaux.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.