Deux cent quarante-sept poèmes clos sur leur mystère. Chaque poème de Colombi semble l'instant central de l'univers. Sans hausser le ton, sans cri, l'auteur murmure une parole intérieure fluide mais précise, délicate dans les pires situations, courtoise dans les crises ou les dégoûts, modeste dans une quête pourtant immense. Ce que cherche le poète, c'est l'espèce de vérité absolue de ce "presque rien" qui résiste aux méditations les plus poussées. Il s'attarde parfois à des événements infimes - la ronce qui l'écorche, la pomme qu'il épluche - comme pour vérifier ce qui existe dans le monde. Il aborde ces réalités avec les précautions d'une sorte de politesse métaphysique. Mais ce qui émeut le plus, peut-être, est la discrétion, des élans d'un amour qui pourtant sait se montrer d'une rare profondeur, et la discrétion aussi d'une angoisse de vivre qui sait se voiler de simple mélancolie. On est constamment captivé par cette façon de faire surgir l'émotion et l'infini poétiques de presque rien.
Nombre de pages
264
Date de parution
02/05/1985
Poids
315g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070703531
Titre
Les allégories de l'automne
Auteur
Colombi Jean-Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
315
Date de parution
19850502
Nombre de pages
264,00 €
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Le présent recueil se compose de 190 poèmes où la continuité est due à l'égalité du souffle, à l'unité du ton, à une parole rigoureuse qui se glisse presque subrepticement au coeur de la réalité pour se la concilier en même temps qu'elle s'accorde à la vérité de l'expérience la plus intérieure. La nature y est décrite avec la fine et délicate fraîcheur d'une peinture chinoise. Un art consommé maintient tout au long de cette suite un équilibre sonore quasiment miraculeux. Cette musique sourde et subtile, son élan freiné toujours au moment juste, le renouvellement et l'exactitude des images donnent son prix à ce recueil qui sera une révélation pour tous les amateurs de poésie.
Les fleuves s'en vont par erreur et les lacs restent par erreur. Ils ne sont rien qu'un errement. Les serpents aiment le soleil et la terre où ils ont dormi. Ils n'ont pas besoin d'exister. Ce qui erre et ce qui demeure se ressemble jusqu'à la fin. Nous ne sommes pas différents.
Dans le souffle insidieux où je marche à présent il y a un parfum de feuilles qui fait rire Je saute au-dessus d'une des pierres du chemin comme si elle était ce monde en même temps et de l'autre côté ayant rejoint le sol je n'aime que l'épreuve où je suis près de moi" Jean-Pierre Colombi.
Un jeune homme riche et beau comme Onorato ne pouvait être intimidé par personne. Il voulait dire qu'elles ne lui plaisaient pas ; qu'il aimait les jeunes filles simples et modestes. Et personne ne l'était plus que moi. Depuis que je savais que c'était cela qu'il aimait, j'oubliais tous mes vieux griefs contre les habitudes patriarcales de notre maison ; j'avais l'impression d'avoir choisi moi-même ce genre de vie, de l'aimer".
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.