L'Homme N° 251-252, juillet-décembre 2024 : Economies de la prédation. Ethnographies des destruction
Blazquez Adèle ; Lamotte Martin
EHESS
39,00 €
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EAN :9782713233470
Les articles réunis par Adèle Blazquez et Martin Lamotte dans ce numéro double consacré aux « Économies de la prédation » s'attachent à décrire des situations singulières à travers le monde, dans lesquelles des pratiques d'extraction des ressources naturelles, d'accaparement des terres, de captation des soutiens financiers, de mise en dépendance, de dépossession et d'usages irréguliers et discrétionnaires du droit sont à l??uvre. Quels que soient le cas étudié et l'objet convoité (du bois de santal en Inde du Sud aux palmiers à huile en Indonésie, du marbre de Carrare en Italie aux champs de fraises en Andalousie, en passant par des prélèvements biologiques au Mali et la spéculation foncière au Mexique), ces contributions s'inscrivent toutes dans une démarche ethnographique et pragmatique. Leurs auteurs et autrices donnent à voir non seulement la façon dont l'accumulation de richesses par les uns suppose la destruction des possibles des autres, mais aussi la réalité sociale des expériences vécues par les différents acteurs pris dans ces situations de prédation. Une recension croisée d'ouvrages de Jaume Franquesa, Tania Murray Li et Amy Penfield vient compléter cette mise en perspective de dynamiques prédatrices inhérentes au capitalisme du xxie siècle. Enfin, dans un entretien conclusif, les éminents représentants de l'anthropologie politique contemporaine que sont Judith Scheele, Philippe Bourgois et Laurie Kain Hart ont été invités à échanger sur les tensions que renferme cette notion de prédation et sur l'emploi qu'ils en font dans leurs travaux respectifs.
Nombre de pages
320
Date de parution
10/01/2025
Poids
478g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782713233470
Titre
L'Homme N° 251-252 : Pragmatiques de la prédation
Auteur
Blazquez Adèle ; Lamotte Martin
Editeur
EHESS
Largeur
170
Poids
478
Date de parution
20250110
Nombre de pages
320,00 €
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À Badiraguato, commune rurale et marginalisée du Mexique, le maire a fait édifier avec enthousiasme un belvédère où, à la manière de la colline de Hollywood, se détachent de monumentales lettres qui surplombent le paysage. Il faut dire que le village, au c'ur de la région escarpée du Sinaloa, a été mis en scène sur les écrans du monde entier par une série Netflix revenant sur les pas des plus célèbres " Narcos " mexicains, Joaquín El Chapo Guzman et Rafael Caro Quintero. Il est aussi l'épicentre d'une " guerre contre la drogue " qui a fait plus de victimes depuis le début du XXIe siècle que les conflits en Afghanistan ou en Irak. Mais comment vivent au quotidien celles et ceux qui restent invisibles dans cette grande fresque, qui subsistent dans cette région sans emplois, qui tiennent une épicerie, cultivent une petite parcelle ou occupent un poste dans l'administration locale ? De quelles manières se déplace-t-on dans cet espace enclavé où une mauvaise rencontre peut surgir à tout instant ? Qui sont les producteurs de pavot, coincés entre la répression militaire et l'exploitation de ceux qui achètent leur récolte ? Qu'est-ce qu'être une femme dans un lieu suspendu à la violence des hommes ? Et comment donner sens aux meurtres qui rythment le quotidien ... En se situant au plus proche des logiques d'action des personnes, cette ethnographie sensible lève le voile sur une zone interdite qui est l'envers de notre économie globalisée ; l'enquête anthropologique nous fait toucher du doigt l'incertitude qui règne lorsque, une nouvelle fois, " l'aube s'est levée sur un mort ".
Le dossier du sixième numéro de Panthère Première portera sur le Déni de travail : travail qui ne dit pas son nom, travail gratuit, travail sans emploi, travail qui imprègne toute la trame de la vie quotidienne... Et si le meilleur moyen d'extorquer un travail était tout simplement d'en nier l'existence, ou du moins la valeur ? S'inspirant des analyses féministes du travail, ce dossier ne se contente pas de rendre visible des formes de travail niées, mais interroge la façon dont le déni opère. Et en hors thème : une entretien sur l'autonomie énergétique, une enquête sur la période invisibilisée du post-partum, un plongée dans les pages d'une impertinente revue de jardinage, parmi d'autres réjouissances...
Awa, jeune Sénégalaise habitant un quartier périphérique de Dakar, voit sa vie bouleversée à l'arrivée de son oncle Alioune et du marabout, Serigne Mbacké. Elle va devoir quitter l'école, épouser son cousin Pape et retourner vivre au village. Mais ses talents de détective en herbe vont lui permettre de démasquer le voleur du téléviseur familial et l'assassin d'un Baye Fall.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.