Prologue : Catherine Bertho-Lavenir, Le vélo, entre culture et techniqueOdon Vallet, Vélo, bicyclette : histoire des motsUn drôle d'objet technique : Vittorio Marchis, Le vélo, le codex et les faussairesMonique Sicard, Complexité du simpleLouise Merzeau, Aboli bibelot d'inanité technique ou La machine à résisterMarc Guillaume, Centaures à bécaneChristopher Thompson, Corps, sexe et bicycletteAnne-Marie Clais, Portrait de femmes en cyclistes ou L'invention du féminin plurielOdon Vallet, La haute couture de la petite reineFrançoise Gaillard, A l'ombre des jeunes filles en vélo ou L'invention de la jeunesseKarine Douplitzky, Sortir de la vue, entrer dans la vie... ou L'art recycléSerge Tisseron, Un p'tit vélo dans la têteJean-Michel Frodon, Cinéma & vélo : la roue libre, sinon rienFrançois Soulages, Le rêve enfourchéLa roue et le territoire : Catherine Bertho-Lavenir, L'échappée belleGuy Latry, La rouleuse de l'ethnographePaul Charbon, Aux couleurs de la Poste - Article pour unité de combatJacques Lecarme, René Vietto, vingt ans aprèsJean-Rene Carre, Le vélo dans la ville : un révélateur socialMichel Gilbert - Daniel Bougnoux, Politique cyclable à Grenoble (entretien)Jean-Rene Carre, Faire du vélo : un risque acceptableIsabelle Lesens, C'est sérieux, votre histoire de vélo ?Jean-Loup Gourdon, Circulation urbaine : guerre ou paix ?Georges Londeix, Presque un tour de terreJeremy Jammes, Bicyclette, libertéFrançois Cusset, New York en danseuseAutour du Tour : Pierre Sansot, Un patriotisme géographiqueJacques Augendre, La loi des fédérationsJean-Marie Leblanc - Catherine Bertho-Lavenir - Odon Vallet, L'Institution ambulante (entretien)Jean-Louis Le Touzet, Quand la caravane passe...Jean-Marie Leblanc, La télépopéeEpilogue : Jean Durry, Des machines quon appelle vélocipède...Kiosque : Louise Merzeau, Traits d'unionRégis Debray - Jean-Jacques Salomon, Une politique de la technique est-elle encore possible ?Odon Vallet, Le nouvel ordre "Mondial"Catherine Bertho-Lavenir, L'image et son contexte François-Bernard Huyghe, L'oeuvre à l'époque de sa navigabilité Daniel Bougnoux, Sur le Web comme au ciel Régis Debray, A propos de Convaincre (de Jean-Denis Bredin et Thierry Lévy) - Objet, montre-toi Louise Merzeau, Objets de consumation Régis Debray, L'effet-retour Monique Sicard, Danse, photographe !Louise Merzeau, Les médiations du regard Nicole Boulestreau, Cassette d'une exposition François Soulages, Livres d'artistes Louise Merzeau, La mode à la page Monique Sicard, De l'inconsistance Serge Tisseron, Funny games : la grande illusion de Michaël Haneke François-Bernard Huyghe, James Bond est-il médiologue ? Louise Merzeau, James Bond contre Docteur médio Serge Tisseron, Le photographe et le législateur face à la fragile frontière du réel Monique Sicard, Sauveurs et victimes Daniel Bougnoux, Défense d'Emmanuel Belin Débats : Jacques Perriault, François-Bernard Huyghe, Sylvie Catellin, Baudoin Jurdant Anthologie.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".
Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.