Dallemagne Françoise ; Ferloni Julia ; Maggiore Al
ANAMOSA
35,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782381910673
Si les populations romani constituent la plus grande minorité ethnique d'Europe (12 millions de personnes), elles font l'objet, hier comme aujourd'hui, de nombreuses discriminations. Tout en mettant l'accent sur l'antitsiganisme contre lequel toutes luttent, il s'agit cependant ici de faire connaître, d'affirmer et de revendiquer la richesse et la diversité des cultures romani. " Barvalo ", le mot qui donne son titre à cet ouvrage et à l'exposition au Mucem (Marseille) qu'il accompagne, signifie en romani " riche " et par extension " fier ". Il est programmatique et défend, en s'intéressant à l'histoire et à la diversité des populations romani d'Europe, neuf siècles de présence européenne et d'affirmation culturelle. L'exposition comme le livre, entièrement bilingue français-romani, ont été conçus de manière collaborative avec un comité composé de cinq commissaires et quatorze experts d'origine romani (Roms, Sinti, Manouches, Gitans, Gens du voyage/Voyageurs) et non romani, de nationalités et de profils différents. Tous et toutes oeuvrent à ce projet depuis 2018 et ont contribué au livre. Ce catalogue, richement illustré, est découpé en trois grandes parties. La première présente l'ambition du projet : une minorité discriminée, voire persécutée (ce sont 500 000 personnes romani qui ont péri dans les camps nazis), est invitée à prendre la parole. Les directrices et directeur d'ouvrage y présentent la méthodologie de ce travail collaboratif ainsi que les enquêtes de terrain commandées dans ce cadre. La seconde partie s'attache à renverser le regard, par la reconnaissance notamment du rôle des représentations stéréotypées dans la culture et le folklore. Il s'agit également d'affirmer que le temps est venu de valoriser en tant que tel l'héritage et le patrimoine romani. La troisième partie, intitulée " Nous sommes le peuple romani " (Ian Hancock), propose une réflexion contrastée sur les notions d'appartenance et d'identité, au fil de la longue histoire des populations romani en Europe. La présentation de l'installation de l'artiste Gabi Jimenez, le " Musée du gadjo ", est centrale et prend le parti d'inverser la perception du lecteur/visiteur. La " gadjologie ", une science imaginaire et parodique de l'Autre selon la perception romani, que l'artiste met en scène vient ainsi révéler ainsi l'absurdité de l'essentialisation de l'Autre quand elle est poussée à son extrême. Se trouve aussi questionné par ce biais le rôle du musée d'ethnographie comme diffuseur d'une " vérité ". Au fil de l'ouvrage, on trouvera aussi des espaces sensibles et incarnés, avec la parole de quatre personnes vivant en France et appartenant chacune à un groupe romani distinct ; leurs récits personnels et familiaux entrent en résonnance avec une histoire européenne plus large et partagée. Enfin, le livre se clôt par une galerie de portraits de personnalités célèbres et moins connues, témoignant de la richesse des cultures romani et de la fierté des différentes communautés à contribuer à la diversité culturelle des sociétés européennes, afin d'affirmer haut et fort : " Barvalo ".
Les fluides hydrauliques sont : « le sang de l'avion ». Ce sont des vecteurs de force. Le fluide hydraulique est souvent répertorié comme un liquide fonctionnel. Il faut entendre par là un fluide sans lequel la machine ne peut fonctionner. La principale fonction du fluide hydraulique, dans un système hydraulique, est de transmettre une force appliquée en un point à un autre point. L'effort doit pouvoir être transmis rapidement et avec précision, assurant, à distance, le passage des consignes de commandes de vol aux équipements asservis hydrauliquement : volets, ailerons, gouvernails de direction et de profondeur, trains d'atterrissage, freins aérodynamiques, tuyère d'éjection et reverse, etc. ,de l'aéronef. Pour accomplir, avec satisfaction, sa fonction, le fluide hydraulique doit pouvoir s'écouler aisément dans des conditions de pression et de température les plus variées et être aussi incompressible que possible. Par ailleurs, il faut que les conditions de service soient optimales et que les coûts d'exploitation soient raisonnables. Le « fluide hydraulique idéal » n'existe, bien sûr, que pour les besoins de calculs. Dans la pratique, il doit être adapté à l'emploi pour lequel il est requis et le choix final est le résultat d'un compromis où force est de tenir compte des principaux facteurs. Généralement, on définit 21 caractéristiques, ou qualités, qu'il y a lieu de prendre en considération. Pour accomplir ses fonctions primordiales, il est demandé, au fluide hydraulique, avant tout, une bonne stabilité thermique et, par la suite, un bon pouvoir lubrifiant, une bonne courbe de viscosité, un bon facteur de compressibilité et une bonne résistance à l'oxydation. Il est bien certain que la résistance au feu est une caractéristique utile pour un fluide hydraulique qui fonctionne sous haute pression et, en particulier, dans un circuit hydraulique avion où il circule en tous les points de la structure.
Tout le monde connaît Salah Abdeslam et Abdelhamid Abaaoud, acteurs des tueries du 13 novembre 2015. Derrière ces djihadistes, il y a une ombre énigmatique : celle d'Oussama Atar. Cet homme né à Bruxelles était le responsable des opérations extérieures de l'Etat islamique. Il est considéré aujourd'hui comme le principal coordinateur des attentats de Paris, mais aussi de Bruxelles. Arrêté en Irak en 2005, condamné dans ce pays pour terrorisme, il a été libéré en 2012 sur insistance des autorités belges, qui pensaient l'utiliser comme infiltrant dans les milieux djihadistes de la capitale européenne. Peu après son retour en Belgique, Oussama Atar est reparti pour la Syrie où il a gravi discrètement, sous le nom de guerre d'Abou Ahmad, les échelons de l'organisation terroriste. Comment un gamin de Laeken est-il devenu djihadiste en Irak, prisonnier des Américains et des Irakiens puis rapatrié sur l'intervention pressante de services secrets et de la société belges, avant de devenir, dans l'ombre, l'émir des terroristes européens de Daech et de piloter à ce titre les attentats les plus sanglants que l'Europe ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale ? C'est ce que ce livre permet de comprendre, en rassemblant les pièces jusqu'ici inconnues ou dispersées d'un puzzle extraordinaire et d'une affaire d'Etat. Christophe Lamfalussy est grand reporter à La Libre Belgique, en charge des questions internationales et des affaires de terrorisme. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, et co-auteur de Molenbeek sur Djihad (Grasset, 2017). Georges Dallemagne est médecin, ancien directeur des opérations de Médecins Sans Frontières, député parlement fédéral belge où il s'est spécialisé dans les questions de sécurité. Tous les deux se sont rendus à de nombreuses reprises en Irak et en Syrie.
Avec La Pierre de Lune, William Wilkie Collins (1824-1889) a sans doute inventé le roman policier moderne. Contemporain et ami de Dickens, avec lequel il écrivit plusieurs nouvelles, cet écrivain prolifique et généreux est aussi un maître des atmosphères mystérieuses. Coïncidences tragiques, pressentiments et prémonitions jouent souvent un rôle primordial dans les intrigues tortueuses de ses romans. Aux côtés d'Armadale, de La Femme en blanc et de La Pierre de Lune, ses oeuvres les plus connues, L'Hôtel hanté, publié pour la première fois en 1879, est un modèle du genre. La comtesse Narona, héroïne à la fois maléfique et pitoyable ? une combinaison familière à Collins, créateur des personnages de " méchants " les plus complexes de la littérature victorienne ? épouse en des circonstances douteuses un lord anglais. L'Hôtel hanté raconte, avec l'ironie et le brio habituels de l'auteur, le mystérieux destin de ce mariage contre nature, depuis un cabinet médical de Harley jusqu'aux chambres trop hâtivement rénovées d'un hôtel de Venise? Apparitions, alchimies maléfiques, fièvre et folie habitent jusqu'à son tragique dénouement ce roman.
Barbier Muriel ; Dallemagne François ; Ferreira Fe
Si le carnaval est très florissant dans nos sociétés contemporaines, il ne porte jamais le même masque. Tumultueux à Caen, majestueux à Nice, indompté en Sardaigne, riant à Granville, rythmé à Rio de Janeiro... ses nombreuses déclinaisons sont et font le carnaval. Mais quels sont ses rites, ses mystères, son histoire ? Evocations vivantes et vibrantes de ces festivités, masques et costumes du monde entier ont été choisis pour donner à voir ce qui se cache derrière le carnaval : inversion des rôles, excès, lutte de pouvoir, rite de passage, subversion, espace d'expression et de réparation. Cet ouvrage propose de plonger dans ces temps de folie collective et d'en comprendre le rôle, les particularités locales, les grands personnages et les déguisements.
Valeur travail ", " je cherche du travail "... Les expressions sont légion pour dire combien le travail est au c'ur de nos vies. Pointant les conflits de valeurs qui le traverse afin de les politiser, ce livre questionne la transformation des institutions du travail dans un contexte de désastre écologique, d'injustices sociales accrues et d'épuisement psychique. Depuis dix siècles, le mot travail a pris progressivement pris trois significations principales : activité, production et emploi. Or seules les sociétés capitalistes utilisent ce mot unique pour évoquer autant de dimensions hétérogènes. Déplier le mot permet d'en saisir les enjeux contemporains. Le travail, entendu comme activité, est la peine que nous nous donnons pour faire quelque chose, ce que les sciences cliniques du travail nomment le " travail réel " : une élaboration sensible de l'action, avec et pour d'autres, qui est tendue vers la construction de sens et de santé. L'activité est désirable pour ces valeurs intrinsèques, existentielles. Mais il existe des conditions sociales pour que l'activité puisse se déployer. Or les dispositifs sociaux, et notamment le management, éludent régulièrement cette épaisseur de l'action, réduite à une exécution. Le travail signifie aussi la production concrète réalisée, avec ses qualités et ses valeurs d'usage, et marchandise avec une valeur économique. On peut avoir fait un " beau travail " sans valeur marchande. Ou l'inverse. Savoir ce qu'il est utile de produire et surtout, pour qui c'est utile, est un enjeu constant. Il prend une dimension existentielle dans le contexte d'abondance écocide et d'inégalités matérielles extrêmes. Enfin, le travail désigne aussi, bien sûr, un rapport social d'emploi, et plus particulièrement, depuis un siècle, sa forme dominante dans le Nord : le salariat, devenu l'institution centrale des sociétés capitalistes ayant spécialisé les fonctions et tâches productives. Les actuelles institutions " du travail " (Code, ministère, politiques publiques...) n'encadrent d'ailleurs que l'activité productive salariée. Ainsi, le travail soulève des enjeux existentiels multiples : de sens, de santé, de survie matérielle et écologique, de justice, comme de places sociales. Autant de significations et de valeurs qui sont en rapport, en tension, voire en conflit entre elles. Penser politiquement les rapports entre les valeurs intrinsèques, d'usage et économiques permet de pointer les usages immoraux de la morale du travail. Ce geste offre aussi de questionner les institutions du travail. Quel devrait être leur périmètre, alors que l'essentiel de la production utile pour notre subsistance se fait hors du salariat, et que celui-ci contribue à en réduire la possibilité ? Et quelles utopies concrètes du travail fleurissent, qui répondrait aux enjeux contemporains ... Autant de questions abordées dans ce livre attendu dans la collection " Le mot est faible ".
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ... Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Étudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission. Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.
Résidant en France depuis cinq ans, un étudiant syrien ayant probablement tissé des liens sur place ne sait s'il pourra continuer d'y vivre. Il accumule les preuves écrites de son succès en dentisterie, qu'il paie son loyer et que son oncle est mort pour la France. Tel est le parcours d'un des étrangers ordinaires de ce livre dont l'existence est suspendue à des " papiers ". Arrivé en France depuis cinq ans, un étudiant ayant probablement tissé des liens amicaux et amoureux, ne sait s'il pourra continuer d'y vivre. Il accumule les preuves écrites de ses études réussies, qu'il paie son loyer et que son oncle est mort pour la France... Tel est le parcours d'un des étrangers ordinaires de ce livre dont l'existence est suspendue à des " papiers ". Qu'ils ou elles fuient la persécution dans leurs pays d'origine ou résident en France depuis bien longtemps parfois, y ayant forgé leurs vies de travailleurs, de parents et grands-parents... tous et toutes se trouvent soudainement " irréguliers " ou risquent de le devenir. L'historien Philippe Artières se saisit des lettres de demande d'aide reçues par le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti). Ces missives, preuves d'existences bien réelles et symptômes d'une machine bureaucratique " graphomaniaque ", disent à la fois des détresses mais aussi la conviction que, face à l'administration, d'autres plus experts pourront trouver des solutions. Mobiliser cette archive renvoie à un pan de l'histoire des politiques migratoires en France, peu importe le cours des guerres, la situation économique et la vie des individus. Elle est une manifestation flagrante de l'injuste condition des demandeurs, précarisés face à un appareil législatif toujours plus liberticide.
Les seins des femmes sont-ils le siège visible, désigné, ressenti du féminin ? Ils sont en tous cas au coeur de tensions à la fois intimes et sociales, voire politiques, enjeu de l'assignation des femmes à des normes immémoriales et lieu d'une émancipation revendiquée. Cet essai en dévoile les mille et un signaux à travers une enquête où les femmes livrent leur expérience vécue. Ronds, fermes et hauts, ni trop petits ni trop gros, à la fois sexy et nourriciers, les seins des femmes sont l'objet d'assignations, d'injonctions et de fantasmes innombrables. Or l'expérience de chacune et de chacun est bien loin de se conformer à ces idéaux. Ces standards sont donc fréquemment vécus comme un poison et les seins réels invisibilisé. Camille Froidevaux-Metterie a mené une enquête auprès de femmes de tous âges, qui déroulent le fil de leur existence au prisme de leurs seins : de leur apparition au port du soutien-gorge, de la séduction au plaisir sexuel, du poids des normes esthétiques à la transformation volontaire ou contrainte par la chirurgie, de l'allaitement à la maladie... Grands oubliés des luttes féministes, appartenant à la fois à la sphère intime et à la sphère sociale, les seins condensent le tout de l'expérience vécue du féminin contemporain, soit ce mixte paradoxal d'aliénation et de libération. Ce constat s'inscrit dans une dynamique puissante que l'autrice appelle "tournant génital du féminisme", mouvement de réappropriation du corps des femmes dans ses dimensions les plus intimes : mieux connaître les organes génitaux et leur fonctionnement, lutter contre les violences sexistes et sexuelles, revendiquer l'accès à une sexualité libre et égalitaire placée sous le signe du consentement. Dans la pluralité de leurs formes et la liberté de leur condition, les seins participent de ce mouvement. Au cours de son enquête, l'autrice a réalisé des portraits des seins des femmes qui évoquent avec force en regard des verbatims et de l'analyse de cette "expérience vécue des seins".