Le siècle des chefs. Une histoire transnationale du commendement et de l'autorité (1890-1940)
Cohen Yves
AMSTERDAM
24,99 €
Epuisé
EAN :9782354801205
Extrait de l'introduction généraleLe XXe siècle a été beaucoup plus marqué par les cultures du commandement et du chef que les historiens ne l'ont montré jusqu'ici. A partir des années 1890, une préoccupation pour le chef se fait jour au moins dans les quatre pays qu'aborde cet ouvrage, la France, l'Allemagne, l'Union soviétique et les États-Unis. Un intérêt considérable pour le commandement (ou le leadership, la Führung, en russe le rukovodstvo) se manifeste sous forme de refontes hiérarchiques, d'inflexions de pratiques, de débats, de publications les plus diverses, de formations spécifiques, de développements dans les sciences humaines. Non seulement une crise de l'autorité est détectée, mais la solution en est invariablement le recours à des chefs: «On a besoin de chefs» se dit alors dans toutes les langues des pays les plus industrialisés.La hantise et l'obsession du chef, la formation et le culte de la figure du chef ne sont pas le propre des «totalitarismes» de la première moitié du XXe siècle, du fascisme, du nazisme ou du stalinisme. Ils croissent et prospèrent aussi en terrain capitaliste et libéral. Ils ne sont pas non plus l'exclusivité de quelques-uns des grands chefs que la période voit apparaître. Ils sont un des modes de la discussion des sociétés sur elles-mêmes. La forme la plus extrême que leur donnent le nazisme et les autres cultes du chef qui sont des évidences de la mémoire collective mondiale, comme ceux de Staline et de Mussolini, n'est somme toute que l'expression la plus radicale d'un phénomène ordinaire de la vie des sociétés de ce temps. Dans la diversité des configurations nationales, les élites dirigeantes s'inquiètent des phénomènes de masse nouveaux de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, qui risquent d'échapper au contrôle, tant dans l'industrie, dans la guerre que dans la politique - et les élites en question peuvent aussi bien être celles du mouvement social. La recherche de nouvelles formes et techniques de commandement et l'invention de la figure du chef, accompagnées par l'affirmation de l'éternelle nécessité des hiérarchies, compensent la disparition ou l'impuissance de la classe destinée au commandement, l'aristocratie. La relation hiérarchique est prise de façon intense comme objet de pensée, de littérature, d'écrits, de pratiques, d'institutions à partir de la toute fin du XIXe siècle à peu près en même temps dans un très grand nombre de pays dont nous ne tenterons pas d'établir la liste mais qui sont au moins ceux où la révolution industrielle connaît alors une forte affirmation. Avec des intensités variables, la concentration sur le chef ne lâche pas, durant des décennies, les sociétés où elle est apparue. Aujourd'hui, si une crise de l'autorité continue d'être infatigablement détectée comme au début du XXe siècle, le «chef» n'en est plus la solution universelle. Au contraire, les foules qui émergent en tant de points du monde se déclarent «sans leader».Pour les auteurs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, l'humanité a toujours connu des chefs et même le règne animal est imprégné de rapports de subordination. Le repère majeur de cette pensée est l'ouvrage du sociologue Alfred Espinas, de 1877, Des sociétés animales: «C'est bien souvent que M. Espinas, dans ses observations sur les sociétés de nos frères inférieurs, a été frappé du rôle important qu'y joue l'initiative individuelle. Chaque troupeau de boeufs sauvages a ses leaders, ses têtes influentes», écrit Gabriel Tarde en 1890'. Il s'agit pour ces auteurs de faire le constat pragmatique d'un phénomène jugé universel qui veut qu'un regroupement quelconque en train de se faire suscite l'émergence d'au moins une personne qui prend en charge plus que les autres la résolution de tel problème posé à tel moment. La sociologie dans les limbes, avant même qu'elle ait une existence universitaire, le notait déjà au début du XIXe siècle sous la plume de Louis de Bonald: «Il n'arrive pas un accident dans les rues de nos cités populeuses, un accident qui rassemble la foule, sans qu'on y trouve une image de cette formation fortuite de la société, et qu'il s'y montre quelque homme plus intelligent, plus hardi et plus fort que les autres pour réparer le mal ou en prévenir les suites, et des hommes pour l'aider. On le remarque jusque dans les jeux des enfants, parmi lesquels il se trouve toujours un petit pouvoir pour commander et diriger. La nature se retrouve partout.» Ce qu'il convient ici de souligner est la manière dont le constat est formulé (vocabulaire) et élaboré (thèse sociologique): la «formation» de la «société» est un phénomène paradoxalement naturel et elle consiste en l'apparition d'un «pouvoir» pour commander et diriger. Non seulement le chef, mais la hiérarchie est bientôt naturalisée: «Le XIXe siècle a vu se fonder deux sciences admirables: la biologie et la sociologie. Or s'il est une vérité que ces sciences proclament et promulguent d'une façon éclatante, c'est bien la légitimité de la hiérarchie», écrit un auteur français influent en 1894. La hiérarchie et sa légitimité sont déclarées en même temps des faits de nature et des faits sociaux. Le naturel est intrinsèquement social et le social naturel: c'est ce qu'on nous dit en pointant la hiérarchie.
Nombre de pages
870
Date de parution
23/01/2013
Poids
926g
Largeur
140mm
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EAN
9782354801205
Titre
Le siècle des chefs. Une histoire transnationale du commendement et de l'autorité (1890-1940)
Auteur
Cohen Yves
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
140
Poids
926
Date de parution
20130123
Nombre de pages
870,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Cet Abrégé de pharmacologie traite de façon synthétique les différents aspects de la science des médicaments: pharmacodynamie, pharmacocinétique, pharmacie moléculaire, pharmacologie clinique, pharmacovigilance. L'ouvrage, divisé en neuf parties, aborde les médicaments des systèmes nerveux autonome et central, du système cardiovasculaire, des fonctions d'excrétion et de reproduction, des réactions tissulaires inflammatoires et tumorales. Toutes les classes de médicaments sont exposées de façon pratique dans chaque partie. En fin d'ouvrage, une partie pratique propose des QROC relatifs à chaque chapitre. Cette 6° édition de Pharmacologie comprend: la mise à jour de l'ensemble des données de l'ouvrage; la correction systématique des médicaments et l'introduction de nouvelles molécules. Biographie de l'auteur Yves Cohen est pharmacien, docteur ès sciences, professeur honoraire à la faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques de l'université de Paris-Sud (Paris XI). Christian Jacquot est pharmacien, docteur ès sciences, professeur émérite à la faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques de l'université de Paris-Sud (Paris XI), praticien hospitalier honoraire de l'hôpital européen Georges Pompidou.
Le volume présente une pluralité d'approches, allant des pratiques qui produisent les sources à la généalogie de la pensée de l'action et de "la pratique". Sont aussi traitées les formes de l'enquête qui peuvent faire controverse et les réinterprétations des catégories sociales par les acteurs eux-mêmes. D'autres cas d'études portent sur les expériences de réactivation de pratiques du passé et les problèmes qu'elles posent à l'écriture historienne. Au-delà de leurs différences épistémiques, ces démarches ont en commun de proposer des chemins de recherche et d'enquête qui rompent avec les versions téléologiques de l'histoire. Elles explorent des configurations qui n'enferment jamais complètement les acteurs, même lorsqu'ils opèrent dans des mondes contraignants, qu'il s'agisse d'institutions, de structures et de groupes sociaux, de concepts et de catégories cognitives.
Vademecum indispensable à la délivrance des médicaments et à l'exercice de la profession officinale, cette nouvelle édition, actualisée et enrichie, offre au pharmacien, au praticien hospitalier, à l'étudiant et l'interne en pharmacie, une synthèse des connaissances et des compétences pharmacothérapeutiques, avec une orientation inédite, centrée sur le médicament et les interrelations entre physiopathologie, pharmacologie et toxicologie ; des tableaux didactiques, facilitant l'accès à l'information nécessaire à la délivrance du médicament ; une lecture critique de l'ordonnance, des éléments de pharmacocinétique pratique, 46 fiches pharmacothérapeutiques et 10 ordonnances analysées et commentées.
L'ouvrage Vademecum indispensable à la délivrance des médicaments et à l'exercice de la profession officinale cette nouvelle édition actualisée et enrichie offreune synthèse des connaissances et des compétences pharmacothérapeutiques avec : une orientation centrée sur le médicament et les interrelations entre cibles biologiques et mécanismesd'action ; des tableaux didactiques facilitant l'accès à l'information nécessaire à la délivrance du médicament ; des éléments de pharmacocinétique pratique les principales classes thérapeutiques illustrées par des algorithmes; une lecture critique de 10 ordonnances ; des fiches de synthèse sur les interactions des médicaments les plus prescrits. Le public Pharmaciens d'officine et pharmaciens hospitaliers Étudiants en pharmacie Internes en pharmacie hospitalière Préparateurs en pharmacie Tout professionnel de santé en lien avec le médicament Les auteurs Patrick Poucheret est professeur chef de service du département de pharmacologie pharmocodynamie et physiopathologie à la faculté de pharmaciedirecteur d'équipe de recherche UMR 95 à l'Université de Montpellier. Jean Costentin est pharmacologue neurobiologiste professeur émérite à la faculté de médecine-pharmacie Université de Rouen.
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.
Dans ce livre, Charlotte Nordmann propose non seulement un exposé systématique et didactique de la sociologie de la "dépossession politique" élaborée par Pierre Bourdieu - dont elle souligne à la fois les aspects les plus convaincants et les faiblesses -, mais surtout confronte celle-ci à la critique radicale que lui a fait subir Jacques Rancière. Deux conceptions de la politique se trouvent ainsi opposées: la première insiste sur les mécanismes de la monopolisation et de la dépossession intellectuelles et politiques, et semble à première vue drastiquement limiter les possibilités concrètes d'émancipation; la seconde, dans.un geste que l'on pourrait dire pragmatiste, pose qu'une politique d'émancipation authentique doit partir du postulat de l'égalité et de ses effets, et que la considération des déterminismes sociaux ne peut que nous enfermer dans le cercle de la domination et de l'impuissance. La théorie sociologique de la politique est-elle condamnée à ignorer ce qui dans l'espace social interrompt la reproduction indéfinie de la domination? La position de Rancière n'est-elle pas marquée du sceau de l'idéalisme? Ne peut-on penser ensemble l'autonomie et l'hétéronomie radicales de la politique? Le pari à l'origine de ce livre est que la confrontation des travaux de Pierre Bourdieu et de Jacques Rancière, en révélant leurs points forts et leurs points aveugles, permet d'éclairer les voies d'une politique démocratique radicale pour notre temps.