La nature du peuple. Les formes de l'imaginaire social (XVIIIe-XXIe siècles)
Cohen Déborah
CHAMP VALLON
27,00 €
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EAN :9782876735262
C'est du fourmillement des archives judiciaires qu'est né ce livre; grâce à l'analyse minutieuse de cette matière concrète, formidablement vivante, l'auteur nous permet de comprendre comment les catégories populaires du mile siècle français se sont pensées comme groupe et comment les individus populaires ont construit une image d'eux-mêmes, jusque dans leur rapport le plus intime à leur trajectoire, à leur quotidien et à leur corps. Leur parole dit le sentiment d'indignité, tel Damiens, régicide inaccompli, à qui son juge demandait s'il n'avait pas souhaité parler au roi, et qui répondait " que non, que ce n'est pas un homme de son espèce qui ira parler au Roi ". Parfois aussi, du fond du mépris dans lequel on les tient, des hommes du peuple disent haut et fort leur envie de liberté, leur défense des règles traditionnelles contre la volonté de contrôle des institutions. Mais la manière dont les classes populaires se pensent et se vivent dépend de la manière dont elles sont pensées et parlées par les élites, qui ont le pouvoir de définir les places et les parts. La Nature du peuple est donc également une histoire intellectuelle des types de discours et de porteurs du discours sur les catégories sociales. A un discours naturalisant, qui fait des catégories sociales des essences immuables déterminant les comportements individuels, se substitue peu à peu, dans la seconde partie du siècle, un nouveau discours sur la société en général et sur le peuple en particulier qui fait place à un goût du fait et de l'observation. L'analyse participe ainsi de l'écriture d'une protohistoire des sciences sociales, certes non constituées en discipline, mais dont les méthodes s'amorcent timidement et qui sont ici étudiées dans les discours académiques, dans la littérature moralisante et dans les textes de l'économie politique naissante. Ce livre nous convie donc à un voyage à la fois concret et conceptuel, du plus haut au plus bas de la société du siècle, entre écriture et oralité, soumission à l'ordre dominant et rébellions. Il le fait avec la conviction que quelque chose de cet Ancien Régime est en train de revenir: la figure d'un peuple opprimé mais glorieux, celle que portait le marxisme triomphant, est aujourd'hui dissoute en myriades d'individus que ne regroupe aucune conscience de classe et qu'on ne sait comment agréger, comment nommer. Le résultat est une forme d'invisibilisation des réalités plébéiennes. En cela, et par-delà le XIXe et le XXe siècle, notre époque et le XVIIIe siècle sont proches.
Nombre de pages
441
Date de parution
25/03/2010
Poids
560g
Largeur
140mm
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EAN
9782876735262
Titre
La nature du peuple. Les formes de l'imaginaire social (XVIIIe-XXIe siècles)
Auteur
Cohen Déborah
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
140
Poids
560
Date de parution
20100325
Nombre de pages
441,00 €
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Le mot " peuple " sert aujourd'hui à tout mais n'est plus nulle part. Nombreux sont ceux qui s'en réclament ou bien qui prétendent le défendre contre les populismes. Incisif et décapant, ce livre change la perspective ; il montre la nécessité de réinventer des mobilisations qui se passent à présent du mot et se méfient du mythe. " Je fais partie du peuple ", " je veux défendre le peuple ", " les gens ", " c'est le peuple " : les dernières élections présidentielles ont vu plusieurs candidats, retrouvant des accents déjà anciens, prendre possession du mot. Certains, dénonçant la montée du populisme, opposent désormais la nécessité de ne pas abandonner le peuple à tous ces détournements. Mais le mot, fétichisé, est sans doute plus trompeur que jamais. S'agit-il de parler d'une entité nationale douée de souveraineté, de décrire une catégorie de femmes et d'hommes formant la " classe populaire " ou de mobiliser, toujours avec un brin de nostalgie, le symbole un peu vite unifié des révoltes venues d'en bas ? Avec force, Déborah Cohen, en historienne convaincue que les mots ne font pas que désigner le monde mais qu'ils le construisent, pose ici le problème tout autrement. Il n'est plus temps, selon elle, de s'en tenir à reconquérir le mot peuple. Ce qu'il faut c'est se demander ce qui nous manquerait vraiment à l'abandonner. En montrant que les luttes d'aujourd'hui se livrent sans recourir aux mots hérités du passé, elle invite à saisir le peuple, ni mythe ni entité en soi, là où il est, dans les mobilisations qui le font vivre à présent.
Cohen Deborah ; Belissa Marc ; Caron Nathalie ; Fe
La trame narrative et chronologique qui sous-tend la nouvelle question de Capes-Agrégation (2018-2020) porte en partie sur une période et des espaces relativement familiers aux étudiants et couverts par une large gamme d'ouvrages accessibles. C'est donc de focus thématiques précis que le besoin se faisait sentir.Cet ouvrage présente les affrontements théoriques et les mises en oeuvre de modèles monarchiques différents, leurs circulations ainsi que la diversité des discours et pratiques qui les ébranlent. Au-delà du schématisme opposant pouvoir centralisé et territorial et pouvoir polycentrique et commercial, les différentes contributions montrent la richesse des enjeux qui traversent les pouvoirs, autour des questions de représentation, de souveraineté, de constitution _ diversement posées et par différents acteurs, mais bien présentes tant dans les territoires britanniques qu'en France et dans les colonies américaines.Convoquant certains des meilleurs spécialistes de chaque thème, c'est donc à l'indispensable étude des noeuds problématiques du programme que s'attaque cet ouvrage, afin de faciliter la compréhension fine de ses enjeux, en tenant compte des débats historiographiques internationaux les plus récents.
Cohen Deborah ; Destemberg Antoine ; Dusserre Auré
Comprendre l'Histoire de France en 150 cartes, graphiques et images. Cet atlas est un outil indispensable : il offre des repères clairs et documentés et une vision d'ensemble de notre histoire sur plus de dix-sept siècles. Il est structuré en quatre séquences rédigées chacune par un historien spécialisé : périodes médiévale, moderne, contemporaine et histoire du temps présent. Les épisodes des croisades, des guerres de Religion, de la Révolution et des décolonisations sont abordés de manière chronologique, mais aussi thématique : la peste noire, la vie à la cour de Versailles, la condition ouvrière à la Belle Epoque, l'évolution de la condition féminine au XXe siècle. Plus de 100 cartes originales et pédagogiques ; des repères chronologiques pour chaque période ; une Histoire vivante et claire. Complet, accessible et synthétique : un ouvrage de référence indispensable pour décrypter le passé et éclairer le présent.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...